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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 10:48

"Chaque critique que l'on fait, chaque jugement que l’on porte à l'égard d'autrui est comme un sort que l'on jette à soi-même." Don Miguel Ruiz

 

 

Nous sommes trop souvent enclins à nous fier aux apparences, à nos émotions et ressentiments, ce qui fait que nous manquons de distance et de détachement pour prendre conscience de ce qui se joue profondément en nous. Nous ne voyons qu'en surface des superficialités et nous ne voyons pas en l'autre, le reflet de nos failles, aspérités, manques, imperfections, peurs...!

Les apparences réduisent le champ de vision qu'à ce que nous voyons en surface, mais ce n'est qu'une partie d'un tout. Lorsque nous voyons la mer, elle nous apparaît comme étant un vaste champ de vagues, chacune étant unique. Mais si nous regardons sous la surface de l'eau, les vagues nous paraissent uniformes, un vaste ensemble inséparable qui se meut dans un perpétuel mouvement.

 

Il peut être difficile de faire une place à l'autre quand on le perçoit différent de soi, alors que si nous étions attentifs à ce qu'il nous renvoie, nous pourrions nous apercevoir qu'il est le reflet de nous-mêmes et que ce reflet qui nous est renvoyé, met en lumière des aspects insoupçonnés de notre personnalité, sources de nos divisions et tiraillements intérieurs.

Chacun ne peut (Se) donner que ce qu'il a dans son cœur. S'il nous est difficile de s'accepter soi, il nous est difficile d'accepter l'autre, qui est alors jugé aussi durement que l'on se juge.

 

«Aimer un étranger comme soi-même implique comme contrepartie: s'aimer soi-même comme un étranger» Simone Weil

 

 

Nous sommes parfois en plein paradoxe et en contradiction avec nos valeurs!

 

 

Lorsque ce que nous voulons en surface se «heurte» à ce que nous refusons en «profondeur», il y a alors obstacle à sa réalisation.

Alors que nous souhaitons un monde meilleur, que nous-nous voulons ouverts sur le monde et que nous cherchons à valoriser le bien vivre ensemble, sur la question de l'accueil et de l'ouverture à l'autre, nous pouvons parfois être en contradiction avec nous-mêmes. Car bien que nous soyons des êtres sensibles, accueillants, généreux et solidaires, capables spontanément d'élans de cœur envers ceux qui nous émeuvent, notre sociabilité a des limites.

Nous nous voudrions «lisse» et sans «aspérité», mais dès lors que nous «touchons» nos limites, nous sommes en proie à des agitations mentales face à ceux qui nous renvoient, par effet miroir, nos failles et nos faiblesses. Nous pouvons alors nous montrer inhospitalier et fermés.

 

 

Les peurs liées à notre enfant intérieur blessé, sont toujours présentes !

 

 

Il y a une vulnérabilité en nous, liée à des traumatismes et peurs enfouies profondément. Quand on est confronté à des réminiscences d'un passé refoulé, à des peurs enracinées dans la petite enfance inhérente à un vécu «douloureux», nous pouvons malgré notre désir d'ouverture, avoir une certaine méfiance ou crainte, à l'égard de ceux qui nous paraissent «menaçants». Ces peurs ont de multiples «visages» en lien avec des situations vécues comme étant : de privation, manque, carence affective, maltraitance, humiliation, rejet, abandon, injustice, trahison... Parmi les craintes, il a aussi celle d’être dupé, moqué, insulté ou même violenté.

Pour se protéger de nos peurs, nous les avons inconsciemment mises à distance par un système de protection, de déni et de compensation que nos comportements traduisent, ceux-ci étant manifestés dans notre manière d'être. Ainsi, pour compenser les manques de l'enfance, nous avons besoin de nous sentir aimés, reconnus, acceptés, protégés sécurisés... et notre vie tourne autour de ces compensations.

Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait, car il peut arriver que nous soyons confrontés à des situations qui nous connectent à des souffrances passées, ce qui vient réveiller nos peurs.

 

 

Face à l'inquiétude d'une «menace» que produit l'inconnu en soi, ce rapport à l'autre peut nous confronter à une période d'inconfort et d'insécurité «refoulée», rapport intériorisé de l'autre en soi et projeté au dehors de soi.

 

 

En se focalisant sur ce qu'il émane d'inquiétant et de dérangeant, l'exclure est alors un échappatoire pour certains individus. Pour eux, il devient le support de toutes leurs projections, le bouc émissaire sur lequel ils font porter le «fardeau» de leurs failles et faiblesses; imperfection, intolérance, manques, etc..

De surcroît dans un climat instable d'un monde traversé par diverses crises générant plus de précarité et dans une période où il y a à faire face au terrorisme, cette angoisse suscitant peurs et inquiétudes, peut resurgir à l'égard de l'étranger qui, pour fuir une guerre qui sévit dans son pays, demande l'asile. Cette peur domine certains esprits, peu enclins à accueillir une population de réfugiés.

 

 

Par ignorance, nous «jetons un voile» sur ce qui de nous est déplaisant et se faisant, nous rejetons ceux qui nous renvoient à notre «imperfection», à notre intolérance...

 

 

Cet écho qui est produit en nous, nous est dérangeant. Nous prêtons alors à l'étranger des intentions peu louables mais invérifiables, tout un procès d'intention à son encontre!

L'identification aux peurs nous met sur la «défensive» avec pour obsession de mettre une distance entre l'autre est nous, sans chercher à comprendre que ce qui émane de lui de dérangeant, n'est que le reflet extérieur de notre état intérieur. Pourtant, grâce à ce reflet de nous-mêmes, nous pouvons gagner en liberté d'être, apprendre à mieux nous connaître et développer la tolérance, la patience, la compassion, etc.. Une voie qui mène à la reconnaissance et à l'acceptation et, par extension, à considérer cet autre comme étant un autre soi-même.

 

Qu'est-ce qu'un être humain ?

Fondamentalement, vous n'êtes pas différent de moi. Peut-être êtes-vous grand et né en Angleterre et moi né en Afrique avec la peau foncée, mais tout au fond, le fleuve, le contenu du fleuve, c'est de l'eau. Le fleuve n'est ni asiatique ni européen, c'est le fleuve.

L'amour n'est pas anglais, américain ou indien. La grande souffrance n'est ni la vôtre ni la mienne, c'est la grande souffrance. Mais nous nous identifions à la souffrance : c'est ma souffrance, pas la vôtre. Pourquoi vouloir nous identifier à quelque chose ?

Puis-je apprendre sur moi-même sans accumuler en permanence des données sur moi-même ?
Krishnamurti

 

 

Les stratagèmes de l'ego manipulateur!

 

 

Il y a en nous un «hôte manipulateur», qui cherche à prendre le contrôle de notre vie. Pour se faire, il utilise des stratagèmes afin d'obtenir de nous la satisfaction de ses désirs, qui sont parfois en contradiction avec que nous voulons vraiment. «Je est un autre», disait Rimbaud.

 

D'un point de vue spirituel, l'ego ferait écran à notre vraie nature générant une confusion dans la représentation que l'on a de soi. Cette «fausse personnalité» constituée de souvenirs douloureux, à travers des schémas de souffrance nous plonge dans l'illusion. Dans cette disposition de l'esprit, nous avons une perception erronée du monde qui nous entoure.

Il faut voir cet autre en nous, comme étant toujours sur la «défensive» et ne supportant pas d'avoir tort. Pour lui, aucune remise en question possible, les autres sont «pointés du doigt» celui du jugement. Ce qui a pour effet de produire entre eux et nous, une barrière qui est celle des préjugés, nous empêchant ainsi de voir en soi, une part obscure de nous-mêmes.

Tout cela bien sûr n'est qu'une illusion produit par le mental! Il nous faut en sortir pour s'apercevoir que l'étranger que l'on rejette, vient par effet miroir nous confronter à ce qui est enfoui en soi d'inacceptable, d'étrange, de laid..., bref, tout ce que l'on attribue à un autre que soi et que nous refusons de voir en soi. Il nous faut prendre conscience de cette dualité qui se joue en nous, car il y a la réalité et, une réalité subjective créée par le mental ego qui vient y mette un voile.

 

 

Des situations peuvent «réveiller» en nous des peurs archaïques enfouies profondément.

 

 

La pauvreté par exemple peut faire écho à une grande peur liée au manque (misère, famine, perte d'emploi...). Sous l'emprise de cette peur et comme pour s'en protéger, nous pouvons être plongé dans une sorte d'«aveuglement psychologique», ou être dans l'évitement, une manière de mettre la misère à distance de soi, par peur qu’elle ne soit contagieuse.

Ce qui pourrait expliquer pourquoi, alors que nous sommes capables de bienveillance, que des êtres humains soient ainsi traités sous nos yeux dans une société où il y a pourtant beaucoup de richesse. Je pense ici à l'extrême précarité de ceux qui sont malgré eux, obligés de vivre dans la rue dans une grande détresse. Cela ne veut pas dire que nous soyons insensibles ou indifférents à la misère d'autrui, non, car nous savons faire preuve de générosité et nous mobiliser massivement.

 

Tant qu'elle s'exprimait peu, la misère paraissait loin et ceux qui vivaient dans la rue étaient considérés comme étant des marginaux, des originaux, souvent traités avec dédain, les nommant de clochards, de pochtrons ou d'ivrognes, une manière de les marginaliser davantage pour ne pas voir ce qui se joue en soi, de rejetant de soi.

Car en leur faisant porter le «fardeau» de leur condition de vie, c'est quelque part une manière de ne pas affronter le véritable problème, celui de notre intériorité sombre, cette part d'«inhumanité» envers nous-mêmes, qui fait que l'on se néglige, se rejette et s'abandonne!

 

Cette réalité trop douloureuse à vivre, ne peut être imaginée pour nous-mêmes et tant que cela touche les autres, nous espérons en être «préservés». Ce qui explique peut-être que nous soyons à un point «englués» dans un «pas bouger» généralisé, alors qu'il suffirait d'agir ensemble pour forcer les politiques à résoudre ce problème de pénurie de logements.

Nous-nous laissons «gaver» d'images de guerre, d'attentats, de misère..., comme pour nous anesthésier d'une réalité insupportable à voir et cela nous «plombe» les yeux, par peur d'y voir en elle le reflet de ce que nous pourrions nous aussi, vivre. Une réalité trop douloureuse qui peut être cause de cet «aveuglement collectif», pour ne pas voir ce qu'engendre cette misère grandissante qui se déploie tous les jours sous nos yeux.

Cette «mise à distance» inconsciente des choses, nous met dans l'illusion qu'elle nous éloignent de nos appréhensions, une manière de s'en protéger. Beaucoup d'ailleurs, se cachent derrière la société comme pour s'exclure de toute responsabilité.

Alors qu'en prenant soin des plus fragiles, nous éprouvons un grand bien-être, car ils nous «humanisent» et nous réparent.

 

«Si vos yeux sont aveuglés par vos soucis, vous ne pouvez pas voir la beauté d'un coucher de soleil». Jiddu Krishnamurti

 

 

Il y a une peur qui est celle de l'intrusion, qui peut faire écho au «Paradis perdu» !

 

 

Le «Paradis perdu» renvoie à cette période de plénitude pour le nourrisson, qui est bouleversée par l'intrusion du père dans le duo mère/enfant. Cette période «paradisiaque» durant laquelle le nourrisson fusionne avec sa mère en totale plénitude, et où il ne se perçoit pas lui-même comme étant séparé et distinct d'elle, est «menacée» lors de sa construction identitaire. Période définie par LACAN, où il prend alors conscience de son image dans le miroir. Par là même, il s'aperçoit aussi de l’existence d'un autre, son père, qui jusque là lui était étranger, avec lequel il doit désormais composer et rivaliser. Ce qui le soumet à bien des frustrations.

Dès lors, la vie de l'enfant est chamboulée par ce qui se «joue» dans ce trio familial, et il se crée alors une certaine confusion dans son esprit. Des tensions s'opèrent entre le «Je» et le «Nous». Le «Je», parfois se soumet et se «noie» dans le «Nous».

Un flou s'installe alors dans son esprit d'enfant, car ce père qu'il découvre qui lui est à la fois familier et étranger, angoissant et fascinant et aussi attirant, génère en lui moult émotions d'amour et de haine.

Comme il lui est difficile de rivaliser avec cet «autre», pour être vu et aimé et pour garder une relation privilégiée, il refoule ce qu'il ressent et tente de se distinguer en prouvant sa valeur. Une manière pour lui de garder l'amour de sa mère et de plaire à ce père qui lui parait «menaçant». Amour qu'il pense «conditionné» à l'image que ses parents projettent de lui dans leurs regards et dont il essaie de répondre du mieux qu'il peut pour ne pas les décevoir. Parents qu'il idéalise jusqu'à ce qu'il découvre qu'ils ont des failles et qu'ils ont recours au mensonge (père noël, petite souris...), désabusé, il se sent trahi, soudain, tout son monde s'écroule! Un «tsunami» dans la vie de l'enfant qui peut entraîner une perte de confiance en l'autre!

 

 

L'obligation d'accueil d'étrangers, peut réveiller cette peur de l'intrusion!

 

 

Tant que cela se passe au dehors, il n'y a aucun problème. La solidarité s'organise, les aides humanitaires et secours affluent de partout pour venir en aide à des populations, quel qu'en soit le pays. Mais sous l'emprise de cette peur, l'étranger n'est pas le bienvenu «chez soi» et peut faire l'objet de rejet. En proie aux peurs, le regard qui est porté sur l'étranger en demande d'asile, ne peut être neutre et bienveillant et cela se traduit dans la manière de le percevoir et de le «traiter».

En fabriquant une réalité subjective sur une situation qui nous paraît menaçante, le mental ego, «jouant» sur des émotions perturbatrices, établit en soi une division entre soi et autrui, nous donnant l'illusion qu'il peut nous être dangereux.

Alors que chacun souhaiterait pour lui-même aide et assistance s'il se trouvait menacé, sous l'influence d'une peur, un système de défense se met consciemment ou inconsciemment en place: répression, résistance, déni, évitement, mise à distance, projection, jugement, rejet, agression... Autant de moyens de nous tenir à l'écart d'une réalité qui serait trop douloureuse. Ceux-ci étant bien souvent «appuyés» par tout un cortège très subjectif de préjugés, d'apriorismes, d'idées préconçues et d'un comportement qui peut parfois être hostile, méfiant, humiliant, rejetant, hautain, dédaigneux, repoussant, dévalorisant, voire même raciste est stigmatisant.

 

 

Il y a un chemin qui nous libère, c'est celui de la compréhension!

 

 

Ce chemin laisse place à l'audace, au courage, au calme, à la paix intérieure..., mais il appartient à chacun de vouloir l'emprunter. Certaines prises de consciences peuvent être douloureuses face à cet autre que l'on est tenté d'exclure de notre réalité. Il peut être douloureux de s'apercevoir qu'il est le reflet de nos contradictions, entre ce que nous paraissons être en surface et ce qui est profondément en nous, comme des «limitations» ou toute autre rigidité de l'esprit.

Engagé dans cette voie, nous avons à être authentique et vrai envers nous mêmes, sans plus chercher à être autre que ce que nous sommes, mais nous-mêmes ici et maintenant. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons sortir de cette dualité qui nous divise intérieurement, source de bien des souffrances. Mais nous devons aussi lutter contre l'ignorance en prenant conscience que juger, c'est comparer, alors même que chacun de nous est particulier, incomparable, unique. Personne n'est absolument bon ou mauvais, il n'y a que des différences particulières qui différencient chaque individu d’un autre .

 

Dès lors que nous faisons face à nos peurs, nous pouvons comprendre ce qu'elles tentent de nous exprimer. Ce que l'autre nous renvoie, peut nous aider à mettre en lumière notre part d'ombre, comme nos failles, «fêlures», blessures, peurs ... Un changement s'opère en soi, car nous ne sommes alors plus «prisonnier» de nos faiblesses, mais créateur d'un nouvel état d'esprit. Cette meilleure connaissance de soi permet d’œuvrer avec plus d'humilité et de bienveillance en faveur de relations apaisées, d'abord de soi à soi et ensuite, de soi à l'autre.

 

 

Ainsi «pacifié» intérieurement, il est alors plus aisé de «voir» le reflet de notre intériorité renvoyé par l'autre, qui jusque là était invisible à nos yeux.

 

 

En gagnant en liberté, nous sommes libérés de l'emprise que pouvaient avoir nos attirances et répulsions personnelles, mais aussi de nos envies et refus! N'étant plus systématiquement centré sur soi, nous comprenons que l'autre aussi de par son vécu, peut avoir des souffrances, que ces actions peuvent être guidées par un conditionnement dont il fait l'objet. Ses actes peuvent être condamnables, mais nous savons l'en discossier, car nous ne l'y identifions pas.

 

Cette prise de conscience nous amène alors à réajuster notre regard. nous permettant d'accepter l'autre dans sa globalité et comme un autre soi.

Car en acceptant de voir en nous ce qu'auparavant nous étions dans l'incapacité ou refusions « de voir », un travail d'acceptation s'effectue et se faisant, lorsque nous devenons acceptables à nos yeux, l'autre devient lui aussi acceptable.

De plus, quand nous nous acceptons dans notre globalité et que nous nous autorisons à être ce que nous sommes à tout instant, quel que soit notre état intérieur, il n'y a plus aucune source de division ou de tiraillement intérieur, car nous sommes en congruence et unifiés à nous-même. Ainsi, tout naturellement nous permettons aussi à l'autre d'être ce qu'il est, sans rien attendre de lui, ni rien lui imposer, nous l'acceptons tel qu'il est.

Nous entrevoyons alors chez l'autre les mêmes richesses immatérielles que nous avons, des valeurs humaines qui peuvent être le socle d'un monde meilleur. Au-delà de nos divergences, de nos couleurs de peau, de nos différences, de nos religions..., il y a un lien qui nous lie et nous unit et qui est bien plus fort, c'est celui de la fraternité. On s'enrichit des diversités culturelles, des différences, rencontres, mixités...


Pour illustrer ma pensée, je vous invite à (re)découvrir ce magnifique texte «Les trois portes de la sagesse » de Charles Brulhart / Décembre 1995

 

Les Trois Portes de la Sagesse

 

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

– Éclaire-moi sur le Chemin de la Vie, demanda le Prince.

– Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes inscrits sur chacune d’elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire:

 

“Change le Monde.”

 

C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas.

Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du cœur. Il réussit à changer certaines choses, mais beaucoup d’autres lui résistèrent.

Bien des années passèrent. Un jour, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas.

– C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise. Et il disparut.

Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:

 

“Change les Autres.”

 

C’était bien là mon intention, pensa-t-il . Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration.

Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.

Un jour, alors qu’il méditait sur l’inutilité de ses tentatives de vouloir changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.

– Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Sois reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.

Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots

 

”Change-toi toi-même.”

 

Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, se dit-il. Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.

C’est bien, dit le Sage.

Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.

– C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait:

 

“Accepte-toi toi-même.”

 

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois dans l'autre sens.

Quand on combat, on devient aveugle se dit-il.

Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui: ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:

Qu’as-tu appris sur le chemin ?

J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte.

À peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut:

 

“Accepte les Autres.”

 

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie. Celles qu’il avait aimées et celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.

Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.

J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.

C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte. Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut:

 

“Accepte le Monde.“

 

Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois.

Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur Perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là, il existe, c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.

C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de Paix, de Sérénité, de Plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.

Tu es prêt, maintenant, à franchir le Dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du Silence de la Plénitude à la Plénitude du Silence.

Et le Vieil Homme disparut.

 

Prenez bien soin de vous.

Geneviève

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 11:17

En cette nouvelle année et bien au-delà, je vous souhaite que la paix, la sérénité et la joie soient en votre cœur et que la santé vous accompagne.

Je vous souhaite d'oser votre vie et d'aimer chaleureusement, sans retenue. Je vous souhaite aussi beaucoup de partages avec ceux que vous aimez et d'ouvrir votre cœur aux autres.

Je fais le vœux qu’émerge un monde meilleur, plus fraternel et juste pour tous, où chacun est vu au-delà de l’apparence, accepté avec sa différence et respecté.

En ces temps difficiles pour certains, que se développe l’entre aide et la solidarité, surtout pour les plus démunis.
Que cette nouvelle année soit porteuse d’espoirs et de paix durable et aussi de joies dans tous les foyers du monde.

Soyez l'expression de ce que vous souhaitez en ce monde et que cette nouvelle année vous soit «douce ».
 

J'en profite pour remercier celles et ceux qui me suivent, pour l'intérêt porté à mon blog, je termine avec ce magnifique texte de Mario Pelchat que je vous invite à découvrir.

Bonne et heureuse année,


À tous ceux qui n'ont rien dans les bras que les battements tristes et gratuits,
Dont les yeux brillent de toutes les larmes retenues,
Dont le front résonne de coups atroces et silencieux.
Dont les paroles ne traduisent plus les pensées,
parce que ces pensées sont douloureuses.

Bonne et heureuse année
À tous ceux dont les actes ne sont plus que des symboles,
Dont les attitudes sont pétries de courage.
Qui redressent le dos pour cacher leur peine,
Qui marchent seuls pour marcher droit,
Mais qui marchent......

Bonne et heureuse année,
À tous les humains brisés, à tous ceux qui ne font pas ce qu'ils aiment,
Et à tous ceux qui aiment ce qu'ils ne disent pas.
À tous ceux que vous frôlez le sachant bien,
Et à tous ceux qui vous frôlent ne le sachant même pas.

Bonne et heureuse année,
À tous ceux qui portent en eux, blessure vraie,
Un immense néant fait de tous les arrachements.

Bonne et heureuse année,
À ceux dont c'est la dernière et qui s'en doute,
Et à ceux dont c'est la dernière et qui ne s'en doute pas.
À ceux qui n'ont pas la force d'y penser,
Et à ceux qui n'ont pas la faiblesse de l'avouer.
À ceux qui n'osent pas vous regarder,
Parce que leur regard peut être les trahirait,
Et qu'ils veulent garder pour eux seul leur terrible secret.

Bonne et heureuse année
À ceux qui sourient pour voiler le chagrin de leur âme,
Badinent pour masquer la grimace de leur cœur,
Crient pour taire la panique de leurs yeux,
Jouent la comédie pour ne pas assombrir des vies.

Bonne et heureuse année,
À certains heureux aussi que j'oubliais,
À ceux qui portent leur tête, et leur cœur et leur âme
aussi légèrement qu'un poids d'hélium.

Bonne et heureuse année,
À ceux que le plaisir égare et dont le sang charrie tout l'idéal,
Car pour eux suffit l'apparence charnelle de la vie.

Bonne et heureuse année enfin,
À ceux qui possèdent le détachement de l'esprit,
Et à ceux qui soignent les corps ou les âmes,
À ceux dont le cœur bat généreusement,
Et à ceux qui luttant pour la justice veulent établir le règne de la paix,
À tous ceux qui sont pur dans leur pensée et leur amour.

Bonne et heureuse année,
À vous tous,
Qui donnait un sens divin à l'humanité.

https://www.youtube.com/watch?v=DbWfAbnEVg8

 

Prenez bien soin de vous  !

Geneviève

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Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans articles
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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 17:06
Alors la « Paix » viendra… !

« Tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soupçonner que le vrai bonheur est dans la manière de gravir la pente. » Gabriel Garcia Marquez

Si nous voulons vivre en harmonie avec nos semblables, il appartient à chacun d’agir en conscience pour un bien vivre ensemble. A cette fin, n'est-il pas de notre responsabilité d’instaurer ou de restaurer la « paix » en soi, afin d’y faire naître des sentiments d'amour, lesquels ensuite peuvent émaner naturellement de notre personnalité?

Car s’il subsiste des conflits, des divisions, des rancœurs, des ressentiments…, qui cohabitent en nous, cela a pour effet de générer à des degrés divers, un mal être en soi et aussi, autour de soi. Dans cet état d’être de peu d’amour en notre cœur, nous « manquons de douceur » et cela n’est pas sans conséquence sur notre communication interne/externe. Nos états d’âme s’exprimant à travers nos comportements, il est bien difficile alors de donner le meilleur de soi-même.

Ce monde auquel souvent on s’oppose, n’est-il pas quelque part le miroir de nous-mêmes ?

Ne nous montre-t-il pas des aspects les plus sombres de notre « visage », car ne nous leurrons pas, il est ce que nous en avons fait.

Il nous faut bien prendre conscience que nous sommes tout interdépendants les uns des autres, nous avons besoin des autres pour vivre. Ainsi, nous sommes comme les maillons d’une chaîne, si l’un « rompt », cela impacte inévitablement sur l’ensemble, en désolidarisant la structure.

Malheureusement et souvent par ignorance, nous agissons de façon « désordonnée » et parfois « maladroite » sous l’emprise d’une pulsion, aussi bien vis-à-vis de nous-mêmes que vis-à-vis des autres, sans nous rendre compte à quel point ce que cela génère parfois comme souffrance en soi et autour de soi: ressentiments, culpabilité, rejet, incompréhension, haine…

Par des comportements « immatures », nous contribuons implicitement ou explicitement aux effets « négatifs» que nos attitudes produisent, car nous participons à l’accumulation et à la propagation d’énergies négatives en ce monde.

N’est-il pas mieux de nous ouvrir à notre humanité en accomplissant des actes d’amour et de compassion et ce, de manière à propager des « ondes positives »? Car la vengeance nourrit la haine, un « poids» lourd à porter qui handicape le bien être.

L’instabilité de ce monde est un miroir de ce que nous sommes devenus, des êtres ego-centrés, individualistes, identifiés à l’ego. Et pour solutionner les conflits qui éclatent un peu partout, nous opposons souvent à la violence plus de violence, ce qui engendre encore plus d’instabilité et de haine entretenant ainsi le « mal ».

Les conséquences sont multiples, cela génère de plus en plus de victimes, de déplacements de population, de repli sur soi, sans compter les meurtrissures gravées pour longtemps dans les cœurs et transmises aux générations futures.

Pour favoriser un monde meilleur, c’est l’affaire de chacun et lutter n’est pas une solution, car cela génère une force qui vient en opposition. Les guerres n’ont jamais solutionné les problèmes et l’histoire l’a démontré à maintes reprises. Ils ressurgissent tôt ou tard et souvent avec plus de virulences.

“En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur.” Gandhi

Voulons-nous la Paix, ou voulons-nous la guerre ?

Si nous voulons aller vers l’apaisement et la sérénité, nous devons l’établir déjà en nous-mêmes, puis entre les hommes. Pour cela, il nous appartient de sortir de l’ignorance dans lequel nous sommes « plongés » et de prendre acte de notre responsabilité aussi minime soit-elle, de tout ce chaos lié à des comportements, choix ou non-choix…

Nous devons effectuer des remises en questions sur notre système de penser et de croyances inhérent à un conditionnement qui nous a formaté d’une certaine manière depuis l’enfance, et prendre la mesure de nos actes et de nos « travers », de manière à se « corriger » et à se libérer de l’emprise de l’ego.

Nous avons à nous « clarifier » et à comprendre l’objet de nos tiraillements. Puis, il nous faut avoir le courage de «Se regarder », en prenant conscience de nos « nœuds de souffrance » et de mettre un terme à ce qui nous cause du tourment.

Ces « nœuds » font partis de notre conditionnement, dans lequel le mental ego, au travers divers jugements, de bien et de mal, de beau et le laid, de plaisir et de déplaisir ,… nous leurre, nous rendant également prisonnier de la satisfaction de désirs tournés vers l’extérieur et de nos identifications.

Rebâtir une société plus juste, plus humaine …

« Éduquer, c’est apporter du contenu à des liens, c’est créer des réciprocités, c’est proposer à chacun d’être l’un des dépositaires du trésor collectif, d’être de ceux qui l’enrichiront, d’être aussi face à la génération suivante, un passeur de témoin ». Mon utopie d’Albert Jacquard.

Albert Jacquard, rebâtir une société humaine sans compétition :

https://www.youtube.com/watch?v=tjHx9IMtgiY

A l'image de ce précepte qui suit, prenons conscience que les pensées et croyances se traduisent en actes et en comportements qui façonnent notre vie. Avec nos pensées nous créons le monde !

Fais attention à tes pensées, car elles deviendront tes paroles.

Fais attention à tes paroles, car elles deviendront tes actes.

Fais attention à tes actes, car ils deviendront tes habitudes.

Fais attention à tes habitudes, car elles deviendront ton mode de vie.

Fais attention à ton mode de vie, car il deviendra ton destin.

« Chaque fois que tu t’apprêtes à poser un acte, poses-toi la question de savoir quelles sont les conséquences de cet acte sur le plus faible et le plus petit d’entre nous. Si les conséquences sur cette personne sont négatives, c’est que l’acte que tu t’apprêtes à poser n’est pas légitime. » (Gandhi)

Lao Tseu: «l’Amour est, de toutes les passions, le plus fort, car il s’attaque en même temps à la Tête, au Cœur et à nos Sens…»

« Enveloppé » de cette puissante force qu’est l’amour, nous sommes plus à même de nous ouvrir à ce qui est et pour cela, peut-être avons-nous à aller dans le mouvement et peut-être même, à « coopérer » avec l’inévitable.

S’ouvrir à ce qui est, ne sous-entend pas l’adhésion à ce qui se passe. C’est y être réceptif et c’est garder l’esprit ouvert pour une vision élargie. Cette vision nous permet de faire fi des apparences, sans qu’il y ait d’interférence dans notre façon très subjective d’interpréter les choses, qui est une manière de s’interposer à ce qui est.

Nous serons plus aptes à évaluer la situation et à identifier le problème, en recherchant ensuite la ou les causes qui ont déclenché les effets produits.

Je vous invite à découvrir ce texte de Pierre Guilbert que je trouve intéressant à partager et qui rejoint cette notion qu'est l'Amour.

Alors la Paix viendra !

Si tu crois qu’un sourire est plus fort qu’une arme,
Si tu crois à la puissance d’une main offerte,
Si tu crois que ce qui rassemble les hommes est plus important que ce qui divise,
Si tu crois qu’être différent est une richesse, et non pas un danger,
Si tu sais regarder l’autre avec un brin d’amour,
Si tu préfères l’espérance au soupçon,
Si tu estimes que c’est à toi de faire le premier pas, plutôt qu’à l’autre,

Si le regard d’un enfant parvient encore à désarmer ton cœur,
Si tu peux te réjouir de la joie de ton voisin,
Si l’injustice qui frappe les autres te révolte autant que celle que tu subis,
Si pour toi l’étranger est un frère qui t’est proposé,
Si tu sais donner gratuitement un peu de ton temps par amour,
Si tu acceptes qu’un autre te rende service,

Si tu partages ton pain et que tu saches y joindre un morceau de ton cœur,
Si tu crois qu’un pardon va plus loin qu’une vengeance,
Si tu sais chanter le bonheur des autres et danser leur allégresse,
Si tu peux écouter le malheureux qui te fait perdre ton temps et lui garder le sourire,
Si tu sais accepter la critique et en faire ton profit, sans la renvoyer et te justifier,

Si tu sais accueillir et adopter un avis différent du tien,
Si pour toi l’autre est d’abord un frère,
Si la colère est pour toi une faiblesse, non une preuve de force,
Si tu préfères être lésé que faire du tort à quelqu’un,
Si tu refuses qu’après toi ce soit le déluge,
Si tu te ranges du côté du pauvre et de l’opprimé sans te prendre pour un héros,

Si tu crois que l’Amour est la seule force de dissuasion,
Si tu crois que la Paix est possible,

......Alors la Paix viendra

Là où on s’aime, il ne fait jamais nuit. Proverbe Africain

Prenez bien soin de vous.

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 15:18
Tu apprendras la vie...

En ce début d'année et comme le veut la tradition, Je vous souhaite à toutes et tous d'être heureux et en bonne santé. Je vous souhaite l'émerveillement, la sérénité et de vous ouvrir à la joie de vivre, mais aussi, de garder foi en la vie et à tous les possibles.
Il vous appartient " d'écrire une nouvelle page de votre livre de vie", que cette nouvelle année vous soit "douce".

La vie est une extraordinaire expérimentation, car nous apprenons de nos expériences et ce qui n'est pas compris, aura tendance à se répéter.

C'est avec sagesse, humilité et ouverture de cœur, qu'il est bon de l'aborder, en ayant à l'esprit, que tout ce qui vient à nous est formateur. Chaque épreuve traversée, peut anéantir ou rendre plus fort, il appartient à chacun d'en saisir l'opportunité pour apprendre de ses propres expériences, une manière d'élargir sa vision et de dépasser ensuite, les limites qui l'entrave.

N'oubliez pas de profiter de l'instant présent, car la vie se déroule là, maintenant, ce n'est ni hier qui a désormais fuit, ni demain qui n'est qu'une illusion !

Je vous invite à découvrir ce magnifique texte attribué à William Shakespeare et qui serait inspiré de celui de Luis Borgès : « Apprendiendo ».

Tu apprendras la vie...

Après quelque temps,

Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme.

Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.

Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…

Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.

Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.

Après un certain temps,

Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.

Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.

Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.

Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.

Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.

Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.

Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.

Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.

Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons…

Tu apprendras que les circonstances, et l’ambiance qui nous entoure, ont une influence sur nous, mais que nous sommes les uniques responsables de ce que nous faisons.

Tu commenceras à comprendre que nous ne devons pas nous comparer aux autres, sauf si nous désirons les imiter pour nous améliorer.

Tu découvriras qu’il te faut beaucoup de temps pour être enfin la personne que tu désires être, et que le temps est court…

Tu apprendras que si tu ne contrôles pas tes actes, eux te contrôleront.

Et qu’être souple ne signifie pas être mou ou ne pas avoir de personnalité : car peu importe à quel point une situation est délicate ou complexe, il y a toujours deux manières de l’aborder.

Tu apprendras que les héros sont des personnes qui ont fait ce qu’il était nécessaire de faire, en assumant les conséquences.

Tu apprendras que la patience requiert une longue pratique.

Tu découvriras que parfois, la personne dont tu crois qu’elle te piétinera si tu tombes, est l’une des rares qui t’aidera à te relever.

Mûrir dépend davantage de ce que t’apprennent tes expériences que des années que tu as vécues.

Tu apprendras que tu tiens beaucoup plus de tes parents que tu veux bien le croire.

Tu apprendras qu’il ne faut jamais dire à un enfant que ses rêves sont des bêtises, car peu de choses sont aussi humiliantes ; et ce serait une tragédie s’il te croyait, car cela lui enlèverait l’espérance!

Tu apprendras que, lorsque tu sens de la colère et de la rage en toi, tu en as le droit, mais cela ne te donne pas le droit d’être cruel.

Tu découvriras que, simplement parce que telle personne ne t’aime pas comme tu le désires, cela ne signifie pas qu’elle ne t’aime pas autant qu’elle en est capable : car il y a des personnes qui nous aiment, mais qui ne savent pas comment nous le prouver…

Il ne suffit pas toujours d’être pardonné par les autres, parfois tu auras à apprendre à te pardonner à toi-même…

Tu apprendras que, avec la même sévérité que tu juges les autres, toi aussi tu seras jugé et parfois condamné…

Tu apprendras que, peu importe que tu aies le cœur brisé, le monde ne s’arrête pas de tourner.

Tu apprendras que le temps ne peut revenir en arrière. Tu dois cultiver ton propre jardin et décorer ton âme, au lieu d’attendre que les autres te portent des fleurs…

Alors, et alors seulement, tu sauras ce que tu peux réellement endurer ; que tu es fort, et que tu pourrais aller bien plus loin que tu le pensais quand tu t’imaginais ne plus pouvoir avancer !

C’est que réellement, la vie n’a de valeur que si tu as la valeur de l’affronter !

https://www.youtube.com/watch?v=oDqDtKK0yHM

Pour finir, je vous invite à découvrir ce texte de Michel Delpech, un magnifique plaidoyer pour la vie.

Écoutez votre conscience
...Comment être à l’écoute de sa conscience ? Par le silence, la méditation et la prière. Les moments de solitude débouchent toujours sur une réponse, une voie nous paraissant plus claire, plus sage, plus évidente qu’une autre.

Prenez le temps
Le silence n’est pas sans lien avec le temps : face à une possibilité ou une décision à prendre, ne vous précipitez pas. Pesez bien le pour et le contre. Bien que cela soit séduisant sur le moment, vivre dans l’emballement et l’exaltation permanente ne mène à rien et l’apparence du moment peut être trompeuse. Le cœur et la raison doivent fonctionner en bonne entente. Certains choix déterminent nos vies. Faisons en sorte qu’ils soient le plus justes possible.

N’ayez pas peur
Lorsque vous devez faire des choix, n’ayez pas peur de prendre la direction la plus difficile, si c’est celle qui vous semble la plus juste, la meilleure pour vous. Nous avons tous de bonnes raisons de préférer la facilité, qu’elle soit matérielle, affective ou professionnelle. Or, la voie la plus étroite est toujours la bonne. Les vertus se nourrissent entre elles, c’est la même chose pour les défauts. Mais il est plus facile de céder au mal, d’écouter ses bas instincts, que d’acquérir quelques vertus. Pourtant, c’est en développant ses vertus que l’on accède au bonheur !

Apprenez à prendre du plaisir
Écoutez de la bonne musique, ne perdez pas votre humour, restez proche de vos amis, restez vous-même quel que soit votre interlocuteur. Et puis allez vous promener, découvrez les fleurs, parlez aux arbres, n’oubliez pas que les animaux sont de merveilleuses créatures de Dieu. La vie est belle, rendez grâce à Dieu en l’appréciant.

Prenez bien soin de vous.

Geneviève

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 10:39
Être observateur et présent à soi-même !

Sommes-nous attentifs à ce qui se « joue » intérieurement et/ou émotionnellement en nous ?

Pratiquer la présence à soi-même est une manière de sortir d’une « confusion mentale » qui obscurcit notre compréhension des choses.

Nous aimerions vivre constamment en toute sérénité, mais il arrive que des « tensions » viennent rompre cet état, créant un déséquilibre dans notre organisme. En avons-nous conscience ?

Il y a parfois une dualité qui s’opère en nous entre nos désirs et aspirations profondes et ce que le mental, sous la domination de l’ego, nous « impose » de faire.

Avons-nous observé que lorsque nous ne sommes pas en accord et unifié intérieurement avec nos choix, nous ne nous sentons pas bien? Parce que deux forces s’opposent, il se crée alors une division en nous, entre ce que notre cœur nous incite à faire et ce que le mental nous impose et auquel nous obéissons.

Cela a pour effet de créer en nous-mêmes un conflit intérieur, générant du mal-être. La cause en est que nous avons, par faiblesse, cédé à la volonté de l’ego. Mais ce qui est le plus « douloureux », ce n’est pas ce qu’il veut nous faire croire, non, car bien au-delà de ça, c’est l’image et l’estime que nous avons de nous-mêmes qui s’en trouvent affectées. En agissant contrairement à ce que nous ressentons de faire, nous ne nous respectons pas, car nous nous abandonnons, rejetons et nions. C’est ce qui nous met en souffrance.

Nous souhaiterions affirmer ce que nous sommes en toutes circonstances, nous montrer sans artifice, dans tous nos états, sans avoir à nous cacher parfois derrière des masques et apparences. Mais pourquoi avons-nous du mal à cela ? En avons-nous identifié les raisons? Est-ce par crainte, par besoin, par peur d’être jugé, de ne pas être accepté tel que nous sommes, d’être rejeté, pas aimé, …? Lorsque nous nous sentons blessés, pourquoi nous arrive t-il entre autres, de sur-réagir, ou de « prendre sur soi »?

Qu’est-ce qui motive nos actes ? Est-ce par fierté, orgueil, devoir, culpabilité, plaisir personnel, crainte du jugement, peur du conflit… ?

Sous l’emprise d’une émotion, souvent nos réactions en découlent, mais savons-nous pourquoi nous avons du mal à nous détacher du ressenti qui y est associé?

Pourquoi, nous est-il parfois si difficile, de lâcher-prise, d’accepter, de relativiser, de pardonner… ?

Tout un questionnement qui trouve ses réponses dans l’histoire personnelle de chacun, et qui vient éclairer les comportements face à des situations. Par exemple, pour compenser une mauvaise estime de soi, certains portent le masque de supériorité ou d’infériorité, mais en ont-il conscience ? D’autres, par manque d’estime, se dévalorisent et/ou se nient et manquent totalement de confiance en eux.

Lorsque nous sommes affectés par une attitude, avons-nous alors conscience, que nous sommes « manipulés » par ce que nous ressentons et du mécanisme de défense qui s’opère en nous?

Par ignorance et/ou incompréhension, ne cherchons-nous pas à masquer, éviter ou fuir, ce que cela a engendré en nous-mêmes, quitte parfois, à rendre l’autre responsable de ce qui nous arrive? Mais avons-nous conscience que le non-dit, a pour effet de renforcer les conflits?

Dans nos états d’âme, l’ego n’est jamais bien loin !

« Ce n’est pas ce que je dis qui vous blesse : ce sont vos propres plaies intérieures qui réagissent lorsqu’elles sont touchées par mes propos. » Don Miguel Ruiz

Lorsque cela touche notre émotionnel nous ne pouvons être objectifs, plongés que nous sommes dans un état de confusion et dans l’illusion de ce que nous renvoient nos émotions, tellement nous nous identifions à elles ?

Pour exister, l’ego s’approprie le « moi » à travers lequel il exprime une souffrance invisible. C’est par lui que naissent nos pensées perturbatrices, désirs obsessionnels, haine, jalousie…. Il a besoin d’être flatté et d’avoir un certain confort, et pour cela qu’il nous entraîne malgré-nous dans un mécanisme d’attraction et de répulsion, duquel découle une multitude d’émotions basées sur la peur; crainte du monde et des autres, peur de souffrir, angoisse de vivre et de mourir, et où tout est « artificiel » basé sur des apriorismes et jugements (sympathique ou antipathique, méchant ou gentil, beau ou laid), bref soit on aime ou on déteste!

Notre attitude découle de ce que la « scène » nous renvoie. Nous pouvons la vivre avec sérénité ou en être affectés. Prenons conscience que chacun perçoit la scène à sa manière. Autrement dit, à travers sa subjectivité. C’est ainsi que nous percevons le monde qui nous entoure. Cela veut dire que par rapport à notre monde intérieur, nous avons tous, une façon très personnelle de percevoir les « choses », ce qui explique que nous ne sommes pas toujours en accord, sur l’interprétation d’un fait, d’une situation, etc.

Pour autant, nous sommes souvent convaincus que c’est notre manière de « voir » les choses qui est la bonne. La raison en est, que nous fonctionnons sur un mode de communication erroné fondé sur le jugement « tort ou raison », « bien ou mal », etc.. Chacun défend son point de vue, selon sa perception. Lorsque nous parvenons à entrevoir une autre réalité que la notre, nous nous apercevons qu’il y a en fait d’autres façons d’interpréter une situation. Ainsi, chacun a raison selon son point de vue.

Les blessures de l’âme renforcent le pouvoir donné à l’ego

« Lorsque les mots ne franchissent pas les lèvres, ils s’en vont hurler au fond de l’âme. » Christian Bobin

Les blessures de l’âme (humiliation, rejet, abandon, trahison, injustice…), peuvent rester bien tapies longtemps, mais lorsqu’elles ne sont pas « guéries », il suffit d’être confronté à une situation leurs faisant écho, un mot, une parole, un geste, un comportement,…, pour qu’elles se réactivent et mettent à nouveau en souffrance.

Dans une situation, sous l’emprise des émotions perturbatrices qui en découlent, tout est prit comme étant une agression. La réalité est alors interprétée, déformée et « montée en épingle ». Car à travers le mécanisme de l’ego (nous faisant percevoir les choses de manière à ce que nous puissions penser que c’est ainsi qu’elles sont), nous avons une perception très personnelle et subjective de la réalité, et c’est parce que cela touche notre émotionnel (un monde très subjectif de perceptions erronées, de projections, de ressentis, d’émotions, d’intolérance, de croyances, de jugements, de certitudes…), que nous en faisons notre réalité.

La plupart des frustrations ressenties enfant, se traduisent par des colères rentrées. Etant mémorisées, cette souffrance de l’ego se réactive autant de fois que l’on se trouve en situation de frustrations.

Un extrait d’un de mes articles à propos ici : « Être soi, c’est oser s’affirmer »

http://se-ressourcer.over-blog.com/2014/12/etre-soi-c-est-oser-s-affirmer.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_new_comment#ob-comments

« Nous pouvons parfois être « tiraillés » entre ce que nous pensons devoir faire et ce que nous ressentons de faire, ce qui a pour effet de créer une « division » en soi. La manière de percevoir le monde qui nous entoure, dépend de la manière dont nous avons été éduqués : «élevés ou abaissés», « carencés ou étouffés »,…. Si nous nous sommes sentis aimés, choyés, entourés ou au contraire, mal aimés, rejetés, abandonnés…, tout cela impacte sur nos choix, notre vie affective, et sur la manière d’être présent au monde, il nous faut en prendre conscience afin de nous « réajuster ».

L’état conflictuel en soi peut aussi s’éprouver lorsque nous sommes intérieurement en colère et que pour ne rien montrer, nous la « taisons» en affichant une « image de façade », alors que tout notre être nous pousse à l’exprimer. Dans cet état, nous ne sommes alors pas unifiés à nous-mêmes.

Cet état peut être ressenti par exemple par un enfant, lorsqu’il fait l’objet d’une injustice, d’un chantage affectif, d’une manipulation de la part d’un parent, ami de la famille, un adulte…, cette « pression » exercée sur lui l’oblige à « taire » ses ressentis. L’enfant se sent « prisonnier », démuni, sans défense, pris en otage. Il doit apprendre à « rentrer » sa colère, à nier ce qu’il ressent et ne rien laisser paraître, pour satisfaire au désir qui lui est imposé. Il y a alors refoulement.

Mais sa colère est bien présente et il est divisé entre ce qu’il se sent obligé de faire et ce qu’il voudrait faire s’il en avait le pouvoir, ce qui peut générer en lui une certaine frustration et confusion dans son esprit. »

La plupart des «difficultés relationnelles », contiennent de la colère.

Si nous sommes à l’écoute de nous-mêmes, de ce qui nous « titille » intérieurement, nous pouvons alors nous interroger pour savoir à quelle(s) émotion(s) personnelle(s) nous obéissons.

Que se cache t-il derrière nos réactions ? A quoi cela nous renvoie-il ?

Nous acceptons avec joie ce qui nous est agréable, mais il nous est difficile d’accepter ce qui nous dérange. Tout ce qui nous est désagréable, nous l’évitons, le critiquons ou le nions. Mais, qu’est-ce qui vient faire écho en nous?

N’est-il pas préférable avant d’agir, de prendre du recul sur les évènements et de se détacher des émotions qui y sont liées? Lorsque nous nous laissons envahir par des émotions « douloureuses », peut-être avons-nous à nous interroger sur l’importance que nous leurs donnons, au point de nous mettre en souffrance?

Être à son écoute, c’est être observateur de sa communication intérieure.

Prenons conscience que dans un premier temps, lorsque nous éprouvons une « résistance émotionnelle », nos sentiments se transforment en ressentiments. Car bien souvent, au moment où nous ressentons cette résistance, nous éprouvons de la colère. Ce qui fait que certaines personnes, parfois sans en être conscientes, prennent de la distance avec la ou les personnes concernées, pour créer en quelque sorte en protection, une « barrière émotionnelle » pour ne plus souffrir.

Le ressentiment nous enferme dans l’illusion, en pensant que la source d’insatisfaction réside à l’extérieur, alors qu’en réalité elle est à l’intérieur de nous-mêmes.

Lorsque le ressentiment nous habite, nous obéissons à la pulsion qu’exige l’ego, d’écarter quiconque lui fait obstacle lorsqu’il se sent menacé, sans considération aucune pour le bien-être d’autrui. Sous son emprise, la perception est déformée et à coup sûr, nous nous nuisons à nous-mêmes, pouvant aller jusqu’à fragiliser notre organisme psychique et/ou corporel.

Le ressentiment détruit alors tout sentiment d’intimité et établit dans la relation à l’autre, un schéma destructeur qui ne peut que s’intensifier s’il n’est pas immédiatement brisé.

Car, lorsque le ressentiment est trop douloureux, vient le rejet, qui a pour effet de nous faire rechercher toutes sortes de moyens pour rendre l’autre responsable. Arrivé à ce point, il y a « séparation émotionnelle » et la séparation physique peut se produire à tout moment, puisque tout ce que fait l’autre, nous irrite ou nous ennuie.

Si le rejet persiste, pour atténuer la douleur que nous ressentons et lorsque nous n’avons pas trouvé d’issue à la situation conflictuelle, nous passons au refoulement qui est un mécanisme de défense.

Cette blessure refoulée est néanmoins toujours active et peut se manifester dans nos comportements.

Mais en réalité, « l’autre » nous confronte à nous-mêmes.

Tel un grand miroir, il est le révélateur de ce qui nous habite. Et tout comme nous, il est lui aussi mis à l’épreuve par son inconscient (metteur en scène) qui, pour se faire, le met en scène pour (re)jouer « la même pièce ».

« L’épreuve » de la mise en scène, consiste en quelque sorte à tester les limites de chacun, dont l’objectif serait, d’arriver au lâcher-prise et donc, au détachement.

Lorsque nous sentons monter en nous des émotions perturbatrices, dans un premier temps, nous devons les accueillir pour les identifier, afin de comprendre pourquoi elles nous perturbent. Il nous appartient alors afin de ne plus en souffrir, de faire un travail de lâcher-prise pour sortir de l’illusion que l’autre est responsable de nos « doux-leurres ».

Durant cette observation, nous pouvons être surpris de découvrir une part obscure de nous-mêmes, des aspects de notre personnalité que nous ne soupçonnions même pas et qui soudain, par des prises de conscience qui en découlent, se mettent en lumière.

Car en réalité, tout n’est-il pas relatif ?

Prenons conscience que la façon dont nous vivons les évènements de la vie, dépend de notre aptitude à les accueillir. Il n’y a que des situations, c’est le mental (ego) qui en fait des problèmes.

« Les murs des certitudes, s’opposent à la lumière » Tyde

Pour finir, je vous invite à découvrir ce texte de Jacques Salomé que je trouve éclairant :

De l'enfant blessé à l'enfant émerveillé

Nous sommes, pour la plupart d'entre nous, porteurs de blessures plus ou moins vivaces engrangées dans notre histoire et surtout dans la petite enfance. Blessures ouvertes, précocement inscrites et durablement présentes dans la mémoire « fidèle de nos cellules », situations inachevées qui se crient longtemps après dans les souvenirs limpides ou confus, amnésies et refoulements autour de zones de vulnérabilité et de sensibilité aiguë qui nous transforment parfois en écorchés vifs.

Une blessure a son origine dans un événement un geste, une parole, un ressenti, entendu et reçu comme nous faisant violence. L'autre, en face, ne nous a pas fait nécessairement violence, mais nous pouvons en recevoir l'impact, comme une agression qui nous blesse, nous déstabilise, nous morcelle ou nous déstructure.

Un des enjeux à démystifier, dans la vie relationnelle d'une vie d'adulte, sera de découvrir l'incroyable habileté dont nous sommes capables pour entretenir les blessures de notre enfance ou de notre histoire familiale à leur maximum, à travers des rencontres et des relations qui ne sont pas bonnes pour nous et auxquelles cependant, avec beaucoup d'aveuglement, nous nous accrochons. Relations toxiques, en quelque sorte, qui vont réactiver en permanence ces blessures au lieu de les réduire au minimum. Cela devrait nous renvoyer à notre difficulté de faire des choix plus pertinents vers des rencontres vivifiantes et des relations structurantes qui pourraient apaiser nos blessures, éviter leur re-stimulation et nous confirmer dans une bonne estime de soi.

Il ne faut pas oublier qu'il y a toujours un enfant blessé, humilié, incompris en chacun de nous. Un ex-enfant susceptible de se réveiller, de se faire entendre, de se manifester dans les situations les plus banales d'une vie d'adulte. En particulier dans une vie de couple, de parents, ou dans les situations d'une vie professionnelle qui sont porteuses d'une incroyable variété d'événements, susceptibles de faire revivre l'ex-enfant qui est en nous et de réactiver ainsi des sensibilités douloureuses. Il y a aussi en chacun de nous un enfant en attente d'émerveillements, de découvertes et d'enthousiasmes. Un enfant curieux, désireux d'entrer dans un mouvement d'étonnements et de croissance, un enfant susceptible de se relier à la beauté, à la justice ou à la compassion. Cet enfant-là sera éveillé, re-stimulé par des rencontres avec le beau, avec l'émotion d'un événement, avec la qualité d'un regard, d'une écoute, ou l'accueil d'un geste.

Ce sera tout le sens d'un accompagnement bienveillant, d'une présence proche, proposés à un enfant par un adulte disponible.

Mais tout se passe comme si les événements négatifs laissaient plus de traces en nous que les événements positifs. Et nous le savons bien: un seul jour de guerre laisse plus de violence et de désespérance dans une existence que trois cents jours de paix n 'y ont inscrit de beauté et d'espérance.

Le combat semble donc inégal et nous risquons d'être entraînés dans une succession de conflits avec nous-mêmes en développant des conduites de réparation ou de restauration qui nous font oublier que nous pouvons aussi utiliser nos énergies autrement, en pratiquant également la confirmation, qui consiste à ne pas prendre sur soi ce qui n'est pas bon pour soi. « Ce point de vue, ce regard négatif, ce jugement de valeur que tu portes sur moi, je le laisse chez toi.

Il n'est pas bon pour moi, je ne le ressens pas comme me concernant, je ne peux rien en faire...»

En particulier en acceptant de mieux recevoir et d'accueillir les messages d'amour, de bonté et de beauté que nous pouvons rencontrer partout ; en étant aussi plus vigilant sur la qualité des relations qui nous sont proposées ; en acceptant de nous relier au positif de chacun, au sens profond de chaque événement ; en écoutant et en prenant conscience que toute situation de vie recèle du positif.

Nous pouvons ainsi donner plus d'espace, plus de vie et plus de stimulations à l'enfant émerveillé qu'il y a en nous.

Prenez bien soin de vous

Geneviève

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 08:50
l’impermanence, une loi de la vie…

La vie est un festival de nouveauté, disait un sage.

Que nous le voulions ou non, rien ne perdure, tout prend fin. La vie s’écoule au rythme des changements et de fait, elle nous soumet à l’impermanence des « choses », à l’éphémère, car rien ne reste à l’infini dans le même état, tout passe, tout change, tout se transforme, ou périt… et rien ne peut aller à l’encontre de ce flux.

Pourtant nous vivons plongés dans une illusion, comme si nous étions éternels et que nous pouvions « figer » le cours des choses auxquelles nous nous « accrochons ». Mais rien n’est jamais définitivement acquis, car nous pouvons, de la prospérité passer à la précarité, les biens peuvent tout d’un coup disparaître et nous soumettre aux revers de l’existence. Le riche peut devenir pauvre et inversement, le pauvre s’enrichir...

Rien ne reste à jamais figé à l’image des saisons changeantes, à tout moment dans notre vie nous pouvons être face à des changements, des bouleversements qui chamboulent notre existence, comme la perte d’un être qui nous est cher, la fin d’une relation amicale ou amoureuse que nous pensions pourtant acquise à jamais, une perte d’emploi, la maladie…

Nous sommes soumis à des "turbulences" sur lesquelles nous n'avons aucun pouvoir d'action pour les éviter, ni même pour les changer, ce contre quoi nous ne pouvons lutter, même avec la meilleure des volontés.

Nous oscillons ainsi entre joie et tristesse ou parfois désespoir, d’illusion à désillusion face aux déboires, laissant notre émotionnel « parasiter » l’instant présent. Car notre regard est parfois accroché au passé ou bien tourné vers l’avenir, mais il est peu dans l’instant présent, qui lui est bien réel.

Le temps que nous avons à vivre « s ‘écoule », sans que nous puissions agir pour l’arrêter nous donnant parfois l’impression qu’il nous « échappe » ou qu’il passe trop vite. C’est pourquoi il est important de prendre conscience, que chaque instant est précieux.

Il y a ainsi ce que nous croyons immuable, indestructible… et qui un jour nous « échappe », car c’est sans compter sur tout un « jeu » de causes et de circonstances qui viennent y mettre fin. Notre regard s'attriste, notre cœur en est peiné et pourtant, la vie, bien souvent nous réserve de nouveaux sourires.

Il nous appartient donc d’accepter cette loi de la vie, l’impermanence des êtres et des « choses », les transformations, les cycles, les divers pas/sages de l’existence et cela ne veut pas dire se résigner, se plier ou se soumettre, c’est simplement accepter ce flux au lieu de lui résister ou de le nier.

Accepter, c’est quelque part intégrer le fait que nous avons à lâcher-prise sur ce qui n’est pas en notre pouvoir d’agir. Le prendre en compte, l’intégrer comme étant une réalité !

Nous avons à « composer avec les aléas de la vie, que l’on peut transposer à un fleuve tantôt tranquille ou mouvementé. Ainsi, nous avons parfois à faire face aux « cascades » et aux « chutes » et parfois, évoluer sur des cours d’eau apaisants, tels que des ruisseaux.

L’impermanence n’est pas une fin, car chaque fin laisse place au re/nouveau.

Laissant place à l’instant d’après, chaque instant est éphémère… et donc parce que rien n’est « figé », ni ne perdure, grâce à l’impermanence tout devient possible. De même que l’obscurité laisse place à la lumière, la peine peut laisser place à la joie, une « mort » à des «re-naissances»…

Une fin peut mener à des prises de consciences qui favorisent des changements pour un mieux être. Trop souvent nous sommes nous-mêmes la source de notre mal-être. Le regard que nous portons sur les évènements, peut nous anéantir ou nous rendre plus fort. Ce que l'on croit être une malchance, peut s'avérer ensuite être une chance.

La vie, c’est la vie et si nous ne pouvons rien changer, nous avons toutefois le pouvoir d'effectuer des transformations dans notre esprit. N’oublions pas que rien n’est jamais permanent, la vie étant en perpétuel mouvement.

L’accueil de ce qui nous arrive, permet d’accepter les fluctuations de la vie et d’avoir un certain équilibre face aux situations rencontrées, qu’elles soient douloureuses, tristes, ou bien joyeuses.

Rien n’est donc figé, ni permanent… La vie est un flux soumis au changement, car rien ne demeure en l’état à l’image de nos expériences, changeantes.

Pour vivre serein, il nous appartient de ne pas donner d’importance à ce qui ne nous est pas essentiel. Mahatma Gandhi disait : « Si vous voulez vraiment profiter de la vie, renoncez à toutes vos exigences personnelles ».

Cela aussi passera !

Un roi était continuellement déchiré entre le bonheur et le découragement. La moindre petite chose le contrariait beaucoup ou provoquait chez lui une réaction vive et sa félicité se transformait vite en déception et désespoir. Il envoya quérir un sage qui vivait dans son royaume.

Lorsque le sage arriva à la cour, le roi lui dit : "Je voudrais être comme toi. Peux-tu me donner quelque chose qui m'apportera l'équilibre, la sérénité et la sagesse ?

Le vieux sage tendit au roi, un coffret en jade sculpté. Après avoir ouvert le coffret, le roi y trouva un simple anneau d’or. A l'intérieur de l'anneau, il y avait une inscription qui disait : «Cela aussi passera».

«Portez cet anneau en tout temps», dit le sage. « Quoi qu’il arrive, avant de qualifier les choses de bonnes ou de mauvaises, touchez l’anneau et lisez-en l’inscription. Ainsi vous serez toujours en paix.»

Auteur inconnu

Article remanié: « accepter l’impermanence » édité le 1ier juin 2014

Bien à vous

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 15:46
L'Amour ...

L'Amour selon Osho


"L’amour est comme un oiseau libre d’aller partout, le ciel tout entier est sa liberté.

Vous pouvez attraper l’oiseau, vous pouvez le mettre dans une belle cage dorée, et l’on pourrait penser que c’est le même oiseau que celui qui volait en liberté et qui avait le ciel tout à lui. Ce n’est le même oiseau qu’en apparence, ce n’est pas lui, vous l’avez tué. Vous lui avez coupé les ailes. Vous lui avez pris son ciel. Et les oiseaux se fichent de votre or : aussi précieuse soit-elle, votre cage est une prison.


Et c’est ce que nous faisons de notre amour : nous fabriquons des cages dorées. Nous avons peur, parce que le ciel est immense, peur que l’oiseau ne revienne pas. Pour le tenir sous contrôle, nous devons l’emprisonner. C’est ainsi que l’amour devient mariage.

L’amour est un oiseau qui vole : le mariage est un oiseau dans une cage dorée. Et l’oiseau, à coup sûr, ne pourra jamais vous pardonner. Vous avez détruit toute sa beauté, toute sa joie, toute sa liberté.


Les amoureux ont toujours peur. Ils ont peur parce que l’amour vient comme la brise. Vous ne pouvez le créer, ce n’est pas quelque chose que l’on fabrique – il vient. Mais tout ce qui vient de lui-même peut aussi repartir de lui-même ; c’est un corollaire naturel. L’amour vient, et les fleurs s’épanouissent en vous, les chansons vous montent dans le cœur, l’envie de danser… mais avec une peur cachée. Que se passera-t-il si cette brise qui vous est venue, fraîche et parfumée, vous quitte demain ?… Car l’existence ne se limite pas à vous. Et la brise n’est qu’une invitée : elle restera chez vous aussi longtemps qu’elle en aura envie, et elle pourra partir d’un moment à l’autre.


Ceci crée une peur chez les gens, et ils deviennent possessifs.


On devrait s’aimer, aimer intensément, aimer totalement, et ne pas se soucier du lendemain. Si l’existence a été si merveilleuse aujourd’hui, faites-lui confiance : demain elle sera encore plus belle et plus merveilleuse. A mesure que grandit votre confiance, l’existence se montre de plus en plus généreuse à votre égard. Elle déversera plus d’amour sur vous. Elle fera pleuvoir sur vous encore plus de fleurs de joie et d’extase.


Aimez intensément, totalement, et vous ne penserez jamais à créer d’asservissement, de contrat. Vous ne penserez jamais à rendre quelqu’un dépendant. Si vous aimez, vous ne serez jamais cruel au point de détruire la liberté de l’autre. Vous l’aiderez, vous élargirez son ciel.

C’est le seul critère de l’amour : il donne la liberté, et il donne inconditionnellement."


…………………………………………………………………………………………………...........................

Je trouve ce texte magnifique, il est une invitation à aimer la main et le cœur ouverts », on peut y puiser l’essentiel de ce qui définit ce don qu’est l’amour.

Avez-vous remarqué qu’il est plus facile de garder du sable fin dans le creux de sa main si elle est ouverte, car en la serrant très fort pour tenter de le garder, il file entre les doigts? Pour aimer, c’est pareil !

Il y a parfois une confusion dans l’esprit de certains, pensant qu’aimer c’est, retenir, emprisonner, interdire, refuser, « modeler », asservir, serrer, surprotéger… Mais aimer est tout autre, car cela inclue d’accepter et de respecter l'autre dans ce qu’il est profondément, et de favoriser son bien-être et sa liberté et ce, au-delà de nos propres désirs. Aimer ainsi, ne peut que favoriser des relations authentiques et respectueuses.

Pour aimer, il faut pouvoir offrir son amour sans calcul ni condition, sans espoir de retour et sans attentes. Il ne faut pas en être « mendiant », ni dépendant, sinon ce manque cherchera à être comblé, et parfois bien malgré soi. Comme dirait Jacques Salomé, aimer c’est faire taire le « moi » pour entendre le « toi » !

Pour pouvoir aimer « librement », il faut se libérer de la peur (de perdre, d’être rejeté(e), pas aimé(e), abandonné(e)…) et du besoin d’être aimé(e), car ils font obstacle à l’expression de l’amour. Inconsciemment ou en arrière pensée, la peur ou ce besoin, sont omniprésents et cela se traduit immanquablement dans le comportement.

L’amour, c’est le souffle de la vie! Il est comme l’eau qui coule paisiblement irriguant tout sur son passage, rendant fertiles les terres parfois asséchées. De même, l’amour redonne « vie » à des cœurs « secs » ou meurtris, il apaise, guérit, « nourrit », remplit et se propage...

LAISSER COULER L'EAU DE LA VIE


« Vous voulez transformer un désert en une plaine fertile; que faut-il faire? Laisser couler l’eau, tout simplement. Et chaque chose va trouver sa place: les plantes, les insectes, les oiseaux, les animaux, les humains. L’eau, c’est la vie qui circule. Alors, laissez couler l’eau de la vie, et ne vous occupez pas de savoir quels sont les arbres qui viendront fleurir et les oiseaux qui viendront chanter dans ces arbres.

Quelqu’un dira: «Mais moi, je veux tout d’abord savoir quelle sera la place de cette herbe, ou de cet oiseau, et sur quelle branche il ira chanter.» Oh là-là, si on attend de savoir tous ces détails avant de se décider à laisser couler l’eau, des siècles passeront, et aucune fleur ne poussera, aucun oiseau ne chantera.

Laissez couler l’eau! Vous verrez à ce moment-là comment tout trouvera sa place, tout chantera, tout fleurira…. Et laisser couler l’eau, cela signifie ne jamais cesser d’aimer. Même si les humains vous font du mal, ne cessez jamais de les aimer, sinon votre source va se tarir et vous deviendrez un désert; eux continueront tranquillement à vivre, tandis que vous, vous péricliterez. » Omraam Mikhaël Aïvanhov

Bien à vous

Geneviève

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 08:51
La liberté n’est-elle pas qu’illusion ?

La liberté peut-elle être possible dans ce monde ? Ne nous met-elle pas face à des choix et des renoncements ?

« Ce n’est pas l’«impression» de liberté qui est illusoire, c’est la liberté elle-même.» Gérard Bessette

La liberté est une de nos aspirations profondes, elle fait d’ailleurs partie de la déclaration universelle des droits de l’Homme et du Citoyen.

Par définition, la liberté est une absence de contrainte, de servitude, d’asservissement, d’assujettissement, de censure, d’obligation, d’interdiction, d’entrave, mais qu’en est-il vraiment ?

Dans notre monde la liberté est relative, car par souci de sécurité et pour le respect des libertés, elle est soumise aux règles qu'impose la société. La loi intervient pour fixer des règles de manière à ce que chacun sache ce qui est autorisé de faire ou pas. Ainsi, notre liberté s’arrête là où commence celle des autres…, elle ne doit donc pas empiéter sur celle d’autrui.

La liberté de l’autre dans ce qui lui est autorisé peut parfois nous être dérangeante, mais il est de son droit d’en user. Ainsi la liberté d’autrui peut nuire à notre propre liberté. Par exemple, puisque la loi l’y autorise, notre voisin est totalement libre de passer la tondeuse à gazon en journée, même si nous souhaitons nous reposer. Nous ne pouvons l’en empêcher et devons donc l’accepter...

Pour une bonne entente entre voisins, il est tout de même préférable de trouver ensemble un code de bon voisinage avant de devoir en arriver à recourir à la loi, ce qui nuirait à cette relation.

« La liberté est la faculté que tout homme porte en lui d’agir selon sa propre détermination, sans avoir à subir d’autres contraintes que celles qui sont nécessaires à la liberté des autres ». Georges Burdeau,

La liberté ne peut selon moi, s’envisager sans la responsabilité individuelle et/ou collective, car elle implique la conscience morale de nos actes. Cela engage notre responsabilité, nous imposant de réfléchir en toute conscience avant d’agir sur les conséquences de nos actions. La liberté de nos choix implique le fait de les assumer.

Tout conditionnement auquel nous sommes soumis, restreint la liberté.

Il est dit que nous naissons libre ! Pourtant, au moment de la naissance l’enfant est relié à sa mère par le cordon ombilical, il ne peut donc « naître libre ». Même après avoir coupé ce lien pour le séparer de sa mère, il ne l’est pas non plus, puisqu’il est dépendant d’elle ne serait ce que pour lui prodiguer des soins et l’alimenter. Il est dont assujetti à sa mère, puis aux règles familiales et sociétales.

Son devenir sera influencé par l’éducation qui va lui être donné, par la personnalité de ses parents, mais aussi leurs croyances, leur perception du monde qui les entoure, ainsi que par leurs ressentis, sans oublier l’environnement dans lequel il grandit. L’image qu’ils auront de lui (le regard qu’ils lui portent en positif ou en négatif), sera celle qu’il intègrera comme étant ce qu’il est. Regard qui peut nuire à l’image de soi et à la liberté d’être soi-même.

Ainsi, dès la naissance nous sommes « prisonniers» de ce « conditionnement », sans liberté de choix face à un environnement qui nous est imposé. Nous devons donc nous en accommoder et nous adapter.

L’éducation donnée aux enfants concernant l'obéissance, amène à se questionner sur les conséquences qu’elle peut produire.

Le système éducatif le plus répandu est basé sur l’obéissance à l’autorité incluant bien souvent la sanction et la récompense. Ainsi, dès les premières années, l’enfant est soumis à un apprentissage fait d’interdits constants et d’obligations qui s'intériorisent en lui. L'apprentissage à l'obéissance va continuer tout au long du processus de socialisation, comme à l'école et à l'armée, avant d’être confronté à la vie professionnelle avec un système hiérarchique basé sur ce mode.

L’expérience de Milgram a démontré l’impact que peut avoir cette notion d’obéissance sur nos choix. Stanley Milgram a en effet mis en évidence le rôle de la hiérarchie basée sur l’obéissance, un des fondements de la vie professionnelle. Selon lui, dès lors que l'individu est confronté à une autorité qu'il perçoit comme légitime, il adopte naturellement à son encontre un comportement d'obéissance et ce, sans aucune remise en question de la relation qu'il entretient avec celui ou celle qui incarne l’autorité.

Pour Stanley Milgram, l'individu qui entre dans un système d'autorité ne se voit plus responsable de ses actes, mais plutôt comme un exécutif des volontés d’autrui.

En complément, un extrait d’Étienne de la Boëtie sur la servitude: « Discours de la servitude volontaire»

http://www.webnietzsche.fr/boetie.htm

« La première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c'est qu'ils naissent serviles et qu'ils sont élevés comme tels. Puis vient l'habitude, et le pouvoir se renforce et peut devenir tyrannique. Par peur ou par faiblesse, tous les hommes obéissent plutôt que de s'opposer à l'autorité. De cela découle que, sous la tyrannie, les gens deviennent lâches, mous et efféminés. Ils revendiquent plus de liberté mais manquent de volonté pour l'exercer. Il est certain qu'en perdant ses libertés, on perd vite la vaillance, l'intrépidité. Les gens soumis n'ont ni ardeur ni pugnacité au combat. Ils y vont tout engourdis, comme s'acquittant avec peine d'une obligation. Alors que l'ardeur de la liberté fait mépriser le péril et donne envie de gagner auprès de ses compagnons, quitte à mourir avec l'honneur et la gloire de n'avoir pas failli à son devoir, ni même faibli [les soldats de Bonaparte avaient retrouvé l'ardeur en se sentant porteurs des idéaux de la révolution (Liberté, Egalité, Fraternité) ».


«Le monde ne sera sauvé - s'il peut l'être - que par des insoumis André Gide

Le point de vue de Carl Rogers sur l’enseignement me paraît intéressant.

http://www.education-joyeuse.com/2012/11/une-in...

Voici quelques passages de cette interview:

-Décrivez-nous l'enseignant idéal, le maître tel que vous voudriez le voir dans chaque école et dans chaque classe ?

« Cela m'est d'autant plus facile que toutes mes idées tournent autour du rôle que devrait jouer le maître. La révolution viendra en éducation. Mais elle ne dépendra ni des diplômes des professeurs, ni de leurs connaissances, ni des programmes, ni des livres, ni des méthodes audio-visuelles, ni d'aucun progrès technique. Elle dépendra uniquement du climat que saura créer le maître dans ses relations avec l'élève ».

- Vous refusez au maître le pouvoir de juger et d'apprécier la valeur de l'élève ?
« Le maître ne juge pas l'élève, il ne lui dit pas : ceci est bon, cela est mauvais. Il lui donne l'impression qu'il le comprend de l'intérieur et que les échecs autant que les réussites font partie de l'apprentissage de la connaissance. Je suis violemment opposé à tout système d'examens et de diplômes. Mais je ne suis pas forcément hostile à la notation. Seulement celui qui attribue les notes, ce n'est pas le maître, c'est l'élève.»

L’éducation nationale pourrait s’inspirer de ce modèle pédagogique préconisé par Rogers. L’utilisation des notes pour évaluer le travail de l’élève, est un système basé sur la valorisation/dévalorisation, soumis à un jugement appréciatif et aléatoire de l’enseignant, ce qui n’est pas sans générer des rivalités et pour certains élèves, peurs et angoisses. L’enfant apprend, sous une certaine contrainte, à devoir réussir s’il ne veut pas être sanctionné et ni être l’objet de comparaisons. Selon ses résultats, vient ensuite la récompense ou la sanction.

Il fut un temps pas si lointain, où l’autoritarisme et l’humiliation étaient de mise. D’ailleurs le bonnet d’âne venait signifier à tous que l’élève qui le portait, était un cancre.

Liberté individuelle et liberté collective sont-elles compatibles ?

La liberté collective par définition est le droit que l’on peut exercer dans le cadre de la vie collective en société. Dans les pays démocratiques, liberté individuelle et/ou collective peuvent parfois s’opposer par exemple pour certains droits acquis sous la pression bien souvent sociale, sur la liberté d’expression, de conscience, d’information, de respect de la vie privée…
La grève est un exemple de liberté collective. Ce droit individuel s'exerce dans un cadre collectif. C’est un droit obtenu grâce aux revendications et luttes ouvrières. Ainsi, cette cessation de travail peut nuire au patronat dans leur liberté individuelle d’entreprendre et de produire.

Sous couvert d’une « liberté collective », il y a parfois quelques petits arrangements de la liberté au service de certains individus, avides de confort matériel, d’ambitions, de pouvoir….

Ceux qui gouvernent peuvent être tenter d'user de « domination et/ou de manipulation » pour servir des intérêts et leur soif de pouvoir, pouvant même aller à l’encontre de la volonté des citoyens, qui par les urnes s’expriment « démocratiquement ».

Un exemple, alors que le « NON » l’avait emporté lors du dernier référendum concernant le traité de Maastricht, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy a été voté en « catimini » le traité de Lisbonne (traité remanié), sans volonté aucune de le soumettre à référendum (sachant que ce traité se heurterait aussi à un « NON »).

On peut donc se demander, si cette liberté démocratique de parole des citoyens par référendum, n’est pas une mascarade.

Je vous invite à découvrir ce qu’en pensait à son époque (1840), Alexis de Tocqueville

http://www.panarchy.org/tocqueville/democratie.1840.html

Ainsi que cette vidéo qui nous montre les effets que produisent les décideurs de la planète en toute liberté:

https://www.youtube.com/watch?v=ipe6CMvW0Dg

Se résigner c’est se soumettre, se « plier » et adhérer à contrecœur à un système qui semble injuste et dont les règles parfois nous « échappent ». N’avons-nous pas à réfléchir comment préserver des valeurs acquises parfois par le sang au sacrifice de vies, pour plus de justice sociale et pour un meilleur confort de vie?

La liberté se mesurerait-elle alors à l’insoumission et à la résistance dont il faut faire preuve pour ne pas tomber dans la servitude ? Car, cela suppose souvent des luttes pour y parvenir, car les manifestations seules ne suffisent parfois pas pour être entendu.

C’est dans ces moments de rassemblement et de « luttes » que des ressources insoupçonnables se font jour, car l’esprit nous «contraint» à être forts, déterminés et créatifs.

Sans doute avons-nous à faire une « r/évolution », qu'il faut souhaiter pacifique, pour se libérer d'un système dans lequel, pour des raisons de rentabilité, de croissance et de profit, les ressources naturelles sont pillées et l'humain n'est qu'un « pion » que l'on hésite pas à « sacrifier » si nécessaire, car dans ce monde, l’homme doit servir à produire de la croissance. Mais à qui profite t-elle vraiment? Car, force est de constater, que plus il y a de riches et plus il y a d’appauvrissement!

Par ailleurs, bien des guerres pourraient être évitées, si elles ne venaient pas servir des intérêts politiques ou idéologiques. Il y a en l’humain des comportements « primitifs », qui n’ont rien de civilisés et qui peuvent se faire jour dans un contexte précis et cela concerne tout le monde.


C’est pourquoi pour avoir le sentiment d’avoir une certaine liberté, il me semble important de prendre du recul pour ne pas entrer dans le «jeu» des divisions, sachant que les identifications et appartenances les alimentent. Le « bien et le juste » sont des arguments dont se servent les « manipulateurs » de tous bords pour arriver à leurs fins. Leur discours paraît être bien rôdé, car il contribue à faire toujours plus d’« adeptes ».

Pour tendre vers une liberté collective incluant la liberté individuelle, n’avons-nous pas, chacun, à effectuer un changement intérieur en parvenant à nous défaire de nos «illusions» que sont les dogmes, croyances, préjugés … ?

Il y a tout un chemin d’éveil avant de sortir de notre « prison » et cela peut prendre du temps pour parvenir à nous libérer d’un conditionnement à travers lequel nous sommes « enfermés», à l’image de la caverne de Platon.

L’intérieur de la caverne telle que décrite par Platon, représente notre monde d’illusions là où règne obscurité et ignorance. Comme les prisonniers de cette caverne qui ne peuvent percevoir autre chose que le mur de la grotte face à eux, nous sommes prisonniers de notre conditionnement et ignorance. Nous sommes «enfermés » dans un monde d’illusions de par notre mode de pensée/penser, constitué de fausses vérités prises pour vraies, de préjugés et d’apriorismes ne reposant que sur des apparences, car passés par le filtre de notre subjectivité. Ceci n’est pas sans affecter notre champ de vision, qui de fait, est limité et « étriqué », incapables que nous sommes d’imaginer qu’il puisse y avoir une autre réalité que la notre.

Toutefois, lors de prises de conscience, quelques lueurs apparaissent et viennent éclairer le chemin qui mène vers la liberté d’être et de penser. Lorsque nous avons si longtemps été plongé dans l’obscurité, il n’est pas aisé d’accepter que cette « lumière » nous amène à une remise en question de notre système de penser. Dans un premier temps, nous pouvons en être déstabilisés et avoir besoin de temps pour sortir de l’illusion.

Dans son livre « L’éléphant enchaîné », Jorge Bucay met en lumière notre système de croyances, une entrave à la liberté. Pour l’illustrer, il raconte l’histoire de l’éléphant de cirque, qui une fois son exhibition terminée, reste calmement attaché à un petit pieu sans tenter de s’en échapper, alors que ce simple bout de bois à peine enfoncé, ne pourrait résister à sa force.

En réalité, il ne s’échappe pas, car il a intégré le fait qu’il ne le peut pas. En lui est resté gravé depuis petit qu’il est incapable de se défaire du pieu auquel il est attaché, ayant tenté en vain de s’en libérer.

Comme l’éléphant de cirque ne sommes-nous pas « prisonniers » de notre système de penser, conditionnés depuis notre plus jeune âge, à être « attachés » à des pieux invisibles qui entravent notre liberté?

La liberté ne se situe t-elle pas aussi dans l’acceptation de ce qui paraît ne pas dépendre de nous et que nous ne pouvons changer?

Nous devons évoluer dans un monde régi par ses règles culturelles et lois civiles, mais notre liberté est aussi sous l’«influence» de « lois naturelles », dont celle de la relation de causes à effets.

La liberté serait liée au pouvoir d’agir dans le champ infini des possibles, ce qui n’est pas sans générer une difficulté, celle d’assumer notre liberté pleine et entière face à nos choix.

Bien souvent, c’est la peur de l’inconnu qui prédomine et elle peut « bloquer » toute initiative de changement. Sous cette emprise, nous nous cramponnons à ce que nous connaissons, sachant en conscience qu’il nous faudrait avoir le courage d’agir ou de réagir.

La difficulté de choisir peut nous confronter au dilemme de l’âne de Buridan, si nous sommes face à deux choix de même équivalence et donc sujet à l’indécision. La liberté paraît alors illusoire, dans la mesure où il nous faut choisir entre deux valeurs identiques, choix qui peut être cornélien, douloureux ou impossible à faire.

« Souvent les gens ne veulent pas voir, entendre et parler de la vérité parce qu’ils ne veulent pas que leurs illusions soient détruites. » - Friedrich Nietzsche

On ne peut aborder la liberté sans évoquer le libre arbitre, mais n’est-il pas qu’une illusion ?

Pour la plupart des individus, le libre arbitre est une notion indissociable de la liberté, dans le sens où nous serions vraiment libres de nos choix et d’agir (choisir de nous-mêmes sans en en être inconsciemment contraints par avance par quelques influences). Car avoir le libre arbitre suppose que nous ayons le plein pouvoir de décision, d’agir librement et d’avoir le plein contrôle sur nos actions, nos pensées et émotions, pour décider par nous-mêmes d’agir ou s’abstenir d’agir. Cela nous engage en terme de responsabilité.

Pouvons-nous être certains que nous choisissons par nous-mêmes et non sous influence?

Ne sommes-nous pas « prisonniers » de nos schèmes, c’est à dire de nos constructions mentales?

Nous éprouvons pourtant une liberté totale de discerner, de juger, de choisir, d’affirmer ou nier…, sans avoir le sentiment d’être conditionné.

Sous l’influence de notre conditionnement, sommes-nous vraiment maîtres de nos pensées, quelles que soient les circonstances, vraiment libres de penser par nous-mêmes?

L’histoire a démontré à maintes reprises, qu’à travers les dogmes, doctrines, idéologies…, que l’homme est prêt à tout pour défendre ce à quoi il croit, conditionné à penser qu’il est dans le juste.

La question du libre arbitre ne se pose t-elle pas à partir de l’ego?

Pour cela, nous pouvons nous poser les questions suivantes : « A quoi est-ce que j’obéis » ? «Est-ce que je suis vraiment libre d’agir, de décider, de faire, ou suis-je manipulé comme une marionnette» ?« En quoi suis-je esclave » ? « De quoi dois-je m’émanciper pour être libre » ?

Il y a un paradoxe, nous voulons la liberté et nous portons des fardeaux qui viennent l’entraver, pourquoi ne pas les déposer pour nous sentir plus légers et libres!
Pour aller vers la libération et cheminer vers le bien-être, n’avons-nous pas à nous délester de poids comme celui de nos ressentis et émotions « douloureuses »?

Nous sommes face à une dualité : « moi » et les autres, favorable ou défavorable, rassurant ou menaçant.

Où est notre libre arbitre avec cette conscience du « moi » asservie par l’ego ?
L’émotion par exemple, n’est-elle pas un mécanisme qui parfois nous « parasite » ?

Nous sommes des êtres sensibles et non de marbre et lorsque nous sommes submergés par une émotion, nous sommes contraints de la ressentir, ce qui a pour effet de nous couper de la réalité, nous empêchant de percevoir ce qui se passe réellement autour de nous. Si nous voulons nous établir dans la sérénité et la paix, la gestion des émotions est essentielle, sachant que de toute manière elles nous limitent toutes.

Sous l’emprise d’une pulsion nous ne pouvons être libres, car nous sommes « tiraillés » en notre for intérieur pour la satisfaire. De même, nous ne pouvons être libres sous l’emprise d’une émotion « douloureuse ». La colère par exemple, peut avoir pour effet de nous mettre hors de nous, nous faisant agir spontanément et parfois de manière violente, ou comme la jalousie peut amener à causer des actes irréparables.

Pour connaître notre non-liberté, il nous faut savoir si nous réagissons émotionnellement et/ou mentalement à un fait extérieur. Si c’est le cas, nous ne décidons pas librement car, si nous étions libres, nous déciderions une fois pour toute de nous établir dans la paix, la joie, l’amour et la sérénité, en l’absence de peur et de douleur.

Nous sommes obligés de reconnaître que les évènements de l’existence ont un pouvoir sur nous. Lorsque nous sommes inquiets ou angoissés, nous sommes sous l'emprise d'un état émotionnel. Lorsqu’une pensée apparaît dans notre cerveau, l’avons-nous décidé? N’est-ce pas alors notre mental émotionnel qui l’impose? Ne réagissons-nous pas émotionnellement aux aléas de la vie? L’existence nous impose nos états d’âmes, nos humeurs. Lorsque nous perdons un être cher, cela nous attriste et s’il nous arrive un heureux événement nous sommes joyeux. Avons-nous décidé d’être joyeux ou triste ? Qu’en est-il de notre liberté lorsque l’émotion nous submerge ?

L’ignorance des causes qui nous déterminent, ne nous plonge t-elle pas dans le sentiment de liberté ?

Et si nos choix étaient influencés... Une multitude de nos actions/réactions proviennent de tout ce que nous ne contrôlons pas, étant déterminées par des facteurs extérieurs et/ou intériorisés, comme nos préjugés, intolérances, jugements, certitudes, système de croyance…, sans oublier ces « chaînes » que sont nos attachements, possessions, désirs, pulsions, habitudes de vie…, qui sont tout autant d’entraves à la liberté et parfois même, au détriment du bien-être.

« L’homme n’est riche qu’en proportion de ce qu’il peut abandonner. » Henry David

Outre le fait que nous nous sommes dépendants de nos besoins élémentaires, nous nous rendons prisonniers de nos possessions. Elles entravent notre liberté, lorsque nous passons du temps et de l’énergie à tenter de les préserver. Certains passent la plupart de leur temps à accumuler des richesses en consacrant beaucoup de temps au travail. D’autres préfèrent être dénués de biens matériels pour profiter librement de leur temps. La liberté ici, est une question de priorité de choix de vie.

Notre libre arbitre est bien limité par l’emprise que l’ego a sur nous, car nous sommes comme le fer prisonnier de l’aimant. Si nous souhaitons plus de liberté, nous devons aller vers la diminution de l’ego de manière à nous libérer le plus possible de son emprise.

Lâcher-prise et renoncement au contrôle...

La liberté, lorsqu’elle est entravée par l’homme, doit parfois émerger de l’esprit. Cette liberté là ne peut être retirée, ni bafouée car elle est en soi. C'est un sentiment profond qui aide à vivre, à rester debout dans la dignité parfois, malgré ce qui peut se passer autour de soi d’effroyable, horrifiant, dévalorisant…

Très souvent les personnes soumises à des agressions comme le viol, ou bien les enfants martyrisés, en font l’expérience. Dans cette douloureuse « traversée » qu’ils sont obligés de subir, il vient un moment d’oubli de ce qui se passe, le moment où leur esprit est totalement libre et déconnecté de leur corps.

Le sentiment de liberté même enfermé dans une prison, ou dans un corps, ou en vivant des situations tragiques…, est un pouvoir, car il permet d’édifier en soi un refuge intérieur où l’on peut se sentir totalement libre et en paix. Un refuge que rien ne peut troubler quoi qu’il se passe.

La liberté ne s’éprouve t-elle pas dans le lâcher-prise de ce qui encombre notre esprit?

« Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes : c 'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »Nelson Mandela.

Nous évoluons au sein d’un monde dans lequel la liberté est relative et notre monde intérieur y ajoute quelques entraves. La liberté telle que définie dans le dictionnaire, se confronte donc à des limites internes/externes, mais ce qui importe, n’est-il pas de se sentir libre ? Le sentiment de liberté libère de toutes les entraves, il nous fait ressentir une liberté illimitée quelles que soient les circonstances de la vie.

Nous sommes tous, interdépendants les uns des autres et faisons parties d'un tout, dont chaque acte que nous posons agit sur ce tout. La liberté telle que nous la concevons est un équilibre bien difficile à trouver, dans un monde instable où les conflits perdurent et se propagent. La justice serait de veiller à préserver nos libertés, même si elles semblent relatives et «fragiles ». Une action commune peut offrir cette liberté...

La liberté est une force et elle est source de vitalité, un équilibre entre aspirations et réalisations. La liberté peut aussi résider dans la confiance totale, la libération des attentes.

Quelques extraits de Jiddu Krishnamurti tiré de « Se libérer du connu »

« Lorsque vous vous dites Indien, Musulman, Chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violents. Savez-vous pourquoi? C'est parce que vous vous séparez du reste de l'humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre la violence. Celui qui cherche à comprendre la violence n'appartient à aucun pays, à aucune religion, à aucun parti politique, à aucun système particulier. Ce qui importe, c’est la compréhension totale de l’humanité.

La liberté est un état d'esprit, non le fait d'être affranchi de "quelque chose" ; c'est un sens de liberté; c'est la liberté de douter, de remettre tout en question; c'est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu'elle rejette toute forme de sujétion, d'esclavage, de conformisme, d'acceptation.


Pour être libéré de la souffrance, il faut être libéré du désir de faire du mal - et aussi du désir de faire du bien, ce prétendu bien qui est lui aussi le résultat de notre conditionnement.


Dans notre bureau nous sommes brutaux, tortueux, et à notre foyer nous nous efforçons d'être dociles, aimants... Est-il possible d'aimer d'une main, de tuer de l'autre? »

Krishnamurti nous dit aussi : « C’est dans l’observation que l’on commence à découvrir le manque de liberté.

On doit donc commencer à comprendre la profondeur et la grandeur de la liberté, on doit commencer par ce qui est le plus près de nous, nous-mêmes. La grandeur de la liberté, de la véritable liberté, sa dignité, sa beauté, résident en soi dès que règne un ordre absolu. Et cet ordre ne s’établit que si nous devenons notre propre lumière. »

http://www.krishnamurti-france.org/Seul-l-espri...

Dans l’être et le néant, la pensée de Sartre pet interpeller, car il dit en substance : « nous sommes condamnés à la liberté », ceci induisant l’idée, que la liberté n’appartient pas à l’homme étant par essence lui-même, liberté. L’homme étant pour Sartre une conscience qu’il situe en dehors de l’être, c’est ce pouvoir de néant qu’il nomme liberté.

Faut-il en déduire que nous sommes avant tout « conscience » et donc libre de fait, ayant certes une nature humaine avec laquelle il faut composer ?

Pour Sartre, par ses choix, l’homme est ce qu’il « se fait ». Ce qui me fait penser que nous sommes certes, mis face à des situations qui nous sont parfois imposées, mais nous sommes totalement libres de leurs donner un sens, de les assumer, de les fuir …. Et si cela nous est rendu impossible, nous sommes totalement libres de nous en extraire par la pensée. C’est pourquoi sans doute avait-il écrit : « Jamais nous n’avons été plus libres que sous l’occupation allemande », ou encore, « L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous.»

La liberté totale ne serait-elle donc pas qu’illusion, car aussi bien dans la lumière qui éblouit que dans la nuit qui aveugle, l’homme n’est jamais totalement libre. Nous sommes comme un poisson dans le bocal qui se croit totalement libre. Il peut en effet évoluer à sa guise dans cette eau contenue, sans savoir qu'il est prisonnier de ce contexte.

Pour finir, voici un magnifique texte, "LA LIBERTÉ" de Khalil Gibran

« Vous serez vraiment libres non pas lorsque vos jours seront sans soucis et vos nuits sans désir ni peine, mais plutôt lorsque votre vie sera enrobée de toutes ces choses et que vous vous élèverez au-dessus d’elles, nus et sans entraves.

Et comment vous élèverez-vous au-dessus de vos jours et de vos nuits sinon en brisant les chaînes qu'à l'aube de votre intelligence vous avez nouées autour de votre heure de midi ?

En vérité, ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, même si ses maillons brillent au
soleil et vous aveuglent.

Et qu'est-ce sinon des fragments de votre propre moi que vous voudriez écarter pour devenir libre ?

Si c'est une loi injuste que vous voulez abolir, cette loi a été écrite de votre propre main sur votre propre front.

Vous ne pourrez pas l'effacer en brûlant vos livres de lois ni en lavant les fronts de vos juges, quand bien même vous y déverseriez la mer.

Et si c'est un despote que vous voulez détrôner, veillez d'abord à ce que son trône érigé en vous soit détruit.

Car comment le tyran pourrait-il dominer l'homme libre et fier si dans sa liberté ne se trouvait une tyrannie et dans sa fierté, un déshonneur ?

Et si c'est une inquiétude dont vous voulez vous délivrer, cette inquiétude a été choisie par vous plutôt qu’imposée à vous.

Et si c'est une crainte que vous voulez dissiper, le siège de cette crainte est dans votre cœur, et non pas dans la main que vous craignez.


En vérité, toutes ces choses se meuvent en votre être dans une perpétuelle et demi-étreinte, ce que vous craignez et ce que vous désirez, ce qui vous répugne et ce que vous aimez, ce que vous recherchez et ce que vous voudriez fuir.


Ces choses se meuvent en vous comme des lumières et des ombres attachées deux à deux.
Et quand une ombre faiblit et disparaît, la lumière qui subsiste devient l'ombre d'une autre lumière.
Ainsi en est-il de votre liberté qui, quand elle perd ses chaînes, devient elle-même les chaînes d'une liberté
plus grande encore. »

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 10:29
LA LIBERTÉ de Khalil Gibran

Je vous partage ce magnifique texte, "LA LIBERTÉ" (Le prophète) de Khalil Gibran, il est une invitation à la réflexion sur nous-mêmes et sur cette notion si chère à tous.

LA LIBERTÉ


Vous serez vraiment libres non pas lorsque vos jours seront sans soucis et vos nuits sans désir ni peine, mais plutôt lorsque votre vie sera enrobée de toutes ces choses et que vous vous élèverez au-dessus d'elles, nus et sans entraves.
Et comment vous élèverez-vous au-dessus de vos jours et de vos nuits sinon en brisant les chaînes qu'à l'aube de votre intelligence vous avez nouées autour de votre heure de midi ?

En vérité, ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, même si ses maillons brillent au soleil et vous aveuglent.
Et qu'est-ce sinon des fragments de votre propre moi que vous voudriez écarter pour devenir libres?

Si c'est une loi injuste que vous voulez abolir, cette loi a été écrite de votre propre main sur votre propre front.
Vous ne pourrez pas l'effacer en brûlant vos livres de lois ni en lavant les fronts de vos juges, quand bien même vous y déverseriez la mer.
Et si c'est un despote que vous voulez détrôner, veillez d'abord à ce que son trône érigé en vous soit détruit.
Car comment le tyran pourrait-il dominer l'homme libre et fier si dans sa liberté ne se trouvait une tyrannie et dans sa fierté, un déshonneur?

Et si c'est une inquiétude dont vous voulez vous délivrer, cette inquiétude a été choisie par vous plutôt qu'imposée à vous.
Et si c'est une crainte que vous voulez dissiper, le siège de cette crainte est dans votre coeur, et non pas dans la main que vous craignez.

En vérité, toutes ces choses se meuvent en votre être dans une perpétuelle et demi-étreinte, ce que vous craignez et ce que vous désirez, ce qui vous répugne et ce que vous aimez, ce que vous recherchez et ce que vous voudriez fuir.

Ces choses se meuvent en vous comme des lumières et des ombres attachées deux à deux.
Et quand une ombre faiblit et disparaît, la lumière qui subsiste devient l'ombre d'une autre lumière.
Ainsi en est-il de votre liberté qui, quand elle perd ses chaînes, devient elle-même les chaînes d'une liberté plus grande encore.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:56
POURQUOI DEVIENT-ON «MÉCHANT» ?

« L’homme le plus heureux est celui qui n’a dans l’âme aucune trace de méchanceté ». Platon

Qui n’a jamais eu de « mauvaises » pensées envers autrui, ou prononcé avec maladresse des paroles empreintes de méchanceté, ou même agit méchamment par pure « bêtise » ou ignorance?

Il arrive même, que l’on s’en étonne soi-même, car parfois nos réactions nous surprennent. Après coups, nous pouvons nous trouver plutôt embarrassés et nous sentir idiots.

Dans ce monde de paraître et de compétition, beaucoup utilisent des stratagèmes pour arriver à leurs fins, comme la manipulation, la médisance ou voir même, la méchanceté. Comme par exemple, utiliser la médisance ou la rumeur pour nuire, dans le but d’obtenir le poste convoité d’un(e) collègue.

La méchanceté est souvent plus bête que méchante!

Les enfants contiennent tous les « germes » et sont par excellence des « pervers polymorphes », par amusement, ils n’hésitent pas à s’en prendre aux plus faibles et à même faire preuve de cruauté parfois.

Nous sommes trop souvent enclins à vouloir rendre l’autre responsable de nos maux ou à le culpabiliser de nos propres faiblesses, alors qu’il n’est que le miroir, le révélateur de ce qui nous habite, nous renvoyant à nos peurs, nos angoisses, nos faiblesses, nos failles ( jugements, apriorisme, intolérance …), que nous ne voulons sans doute pas voir. Se faisant, nous nous éloignons de nous-mêmes à en perdre le sens de notre existence. Chacun de nous a la faculté d’examiner les causes de son mal-être et de s’en libérer.

A travers ce qui nous « titille, nous pourrions découvrir une part obscure de nous-mêmes, des aspects de notre personnalité que nous ne soupçonnons même pas, qui ne demandent qu’à être éclairés.

Faire acte en conscience de méchanceté, n’est-il pas signe de mal-être ?

Insatisfactions, frustrations, jalousie,… peuvent rendre certains individus hargneux, grognons ou même « méchants », car ils n’hésitent pas à projeter sur autrui tout leur mal-être, et peu leur importe du mal causé autour d’eux.

Je pense que l’homme ne naît pas « mauvais » est qu’il est dans son fondement, bon. Il y a en lui les germes d’une bonté, mais il est capable du pire comme du meilleur. L’environnement dans lequel il évolue peut le rendre « méchant » ou d’une certaine manière, « l’obliger » à l’être, car tout dépend de la manière qu’il a d’y faire face et/ou d’y réagir. Cela explique pourquoi il y en a qui en arrivent à un tel degré de méchanceté, car n’importe quel individu peut se transformer en bourreau s’il est conditionné à le devenir.

Lorsqu’une personne est soumise à une autorité, elle se sent obligée d’obéir aux injonctions et/ou ordres qui lui sont donnés, l’expérience de Milgram l’a malheureusement démontrée.

Pour ceux que cette expérience intéresse, voici un extrait du film de Verneuil "I comme Icare", qui restitue l'intégralité de la séquence avec les commentaires sur l'implication et les conséquences de l'expérience...

https://www.youtube.com/watch?v=KmmLHAXtsKo

La méchanceté peut être éclairée par l’histoire familiale.

Par exemple, si dans une famille les femmes ont fait l’objet de tromperie, soumission, trahison, dévalorisation,… de la part de leur père et/ou conjoint, leurs filles peuvent se sentir investies de la « mission » de leurs « faire justice », ressentant comme une injonction de les venger, qui devient alors pour elles le « but » à atteindre. En conscience ou pas, elles font « payer » ce tribut aux hommes, comme pour réparer ce « mal » fait aux femmes de la famille.

Pour un enfant ou adolescent, la réalité de ce qu’il vit est parfois interprétée avec une telle ampleur, que s’il ressent une profonde injustice, il peut être révolté et en venir à en vouloir « au monde entier. S’il ne se s’est pas senti protégé ou aidé, peut engendrer en lui une haine de la société, qui à ses yeux, est sensée être garante de protection et sécurité. Cette révolte en lui, s’exprimera en réaction dans sa manière d’être à ce qui l’entoure et qui lui semble hostile.

Par exemple, s’il est confronté régulièrement à un excès d’autorité qu’il considère comme étant injuste, faisant l’objet de punitions à répétition alors que selon lui il ne l’a pas mérité, son esprit de révolte peut l’amener à chercher à se libérer du milieu qui l’opprime, par exemple par des fugues, ou par vengeance à se faire justice et/ou à faire du mal, ou se faire du mal à lui-même.

D’autres vont plutôt réagir en sauveur. Nelson Mandela par exemple, n’a pas eu de désir de vengeance malgré les vingt-sept ans d’emprisonnement dont il a été victime et à sa sortie, il a mené son peuple de l'apartheid à la démocratie, car il croyait en l’homme bon et généreux.

La méchanceté en soi, est une « dureté » de cœur émanant de blessures, de « bleus à l’âme », elle s’exprime souvent sous la domination de l’orgueil « blessé ».

La méchanceté est un « remède » à la tristesse, une réminiscence de l’enfance, qui prend sa source au travers de «colères rentrées» et/ou refoulées d’un vécu « douloureux » ayant engendré des sentiments, de frustration, de déception, d’insécurité, d’injustice, de trahison, d’humiliation… Car tant que ces colères n’ont pas été évacuées, elles « s’enracinent » et réapparaissent tôt ou tard, dès la moindre re/stimulation.

Le mal, se nourrit du mal !

L’esprit de vengeance est une forme de méchanceté, tout comme la violence, le sadisme ou la perversion. En se « nourrissant de la « douleur » infligée à autrui, la méchanceté est une manière d’apaiser sa propre souffrance, ce qui est un leurre, car tant qu’il y a du mépris et du ressentiment, elle ne disparaît pas.

La méchanceté peut provenir d’une jalousie « maladive » faisant écho à une période de l’enfance de grandes colères, où lorsque l’enfant, avant d’apprendre à partager, se voit contraint au partage (de ses jouets et/ou ses parents) et devient colérique dès qu’il a un sentiment de perte ou d’abandon.

Face à son impuissance à se faire entendre, il en veut à ceux qui, pour lui, le privent de ses « biens », incluant dans sa colère, ses concurrents envers lesquels il a une grande animosité qu’il exprime dès la moindre occasion en faisant preuve de méchanceté parfois.

La jalousie est un sentiment naturel chez l’enfant, qui s’estompe lorsqu’il apprend à partager. Mais s’il ressent de l’injustice, ou une mise à l’écart à la faveur d’un autre, ce sentiment se renforce et reste bien présent, générant une profonde blessure.

Par la suite, lors de re/stimulations, les personnes sous emprise de jalousie, peuvent faire preuve d’une grande méchanceté à la hauteur de leurs « souffrances », « aveuglées » par la colère qui les anime. Il y a alors comme une satisfaction ou certaine jouissance à la souffrance d’autrui qui leur est procurée, en l’absence de remords

Lorsque l’on est sous son emprise, la colère n’est pas « bonne conseillère, car elle met souvent « hors de soi ».

Bien des mots peuvent être « lancés » de manière spontanée, qui peuvent « blesser » celui ou celle contre qui la colère est projetée. Elle peut certes « soulager » la personne qui se « défoule », mais la colère engendre plus de mal, car il est des paroles « blessantes » qui s’incrustent parfois à vie. De plus, elle peut « toucher » quiconque contrarie, ou qui se trouve sur le « chemin », au « mauvais » moment, ou « mauvais » endroit.

Souvent, une discussion animée peut faire monter la colère. Nous pouvons alors nous interroger à quelle(s) émotion(s) personnelle(s) nous obéissons. Que se cache t-il derrière ces réactions ? A quoi cela nous renvoie-il ? Que nous livre l’inconscient ? De la même manière que nous acceptons avec joie ce qui nous flatte, pourquoi est-ce si difficile d’accepter ce qui nous dérange? Tout ce qui nous est désagréable nous l’évitons, le critiquons ou le nions. Mais, ce qui vient nous « titiller », n’est-ce pas quelque chose en nous que nous refusons de voir, d’entendre et/ou comprendre, au point de faire des projections sur l’autre et de l’en rendre responsable ?

Il ne faut jamais sous-estimer , les répercutions de nos actes, de nos paroles et de nos pensées, car à toute action, il y a une réaction à la hauteur de ce que nous avons semé.

Aristote disait à propos de la colère : « n’importe qui peut se mettre en colère, c’est facile, mais se mettre en colère avec la bonne personne, au bon degré, au bon moment, pour la bonne raison et de la bonne façon, cela n’est pas facile ».

La passion « possède » l’âme, car comme on peut aimer et faire le bien, sous l’emprise de la colère, on peut haïr et réagir au mal par le mal.

Il ne peut y avoir de passion sans amour par le « bien », ou haine par le « mal ». La vengeance est une manière de « Se » faire justice, ou de la rétablir. L’offense « demande » alors punition en réparation au mal, ou à l’injure subie.

Il faut distinguer la colère de la haine, car si la haine se « nourrit » du mal, la colère répond à une émotion de contrariété, d’indignation ou d’orgueil, à travers laquelle on se laisse emporter sans réfléchir. Les principales raisons à la colère sont, le dédain, la vexation et l’outrage. Elle peut donner aussi lieu à des débordements et mener à la vengeance face au mépris, et/ou pour protéger une réputation lorsque la dignité a été atteinte.

La colère est parfois un « cri » du cœur lorsqu’elle s’exprime sous l’influence de la compassion. Elle s’insurge face à la misère, sur toutes les formes de privation ou vexation, d’atteinte à la liberté, d’abus et d’injustice, et aussi sur tout ce qui touche aux valeurs morales et droits élémentaires. On peut en arriver à ressentir une colère profonde face à la maltraitance ou le rejet lié à un handicap par exemple et lutter fermement et parfois même violemment, pour défendre des droits.

La haine envers une communauté peut être raciale, elle est souvent entretenue et perpétrée de génération en génération. Sous l’emprise de la fureur et par esprit de vengeance, elle peut vite se propager et soulever des foules.

« Celui qui conclut qu'il doit riposter, s'emporte aussitôt contre son adversaire » Aristote

Le soulèvement de foule provient de peurs, un état de panique et de révolte se fait sentir et il peut y avoir des débordements de haine et de colère, engendrant de la violence.

Il n’y a rien de pire que de se conformer ou de s’identifier à une idéologie, car cela sous-entend l’adhésion pleine et entière des idées qui circulent au sein du groupe auquel on appartient. Suivre la doctrine menée souvent par un leader, devient alors un devoir.

Sénèque en son temps avait décrit avec justesse la nature de l’homme.

« La colère est-elle selon la nature ?Voyez seulement l'homme : le plus doux des êtres, tant qu'il reste fidèle à son caractère ; et voyez la colère, cette passion si cruelle. Quoi de plus aimant que l'homme envers autrui ? Quoi de plus haineux que la colère ? L'homme est fait pour assister l'homme ; la colère pour l'exterminer. Il cherche la société de ses semblables, elle cherche l'isolement ; il veut être utile, elle ne veut que nuire ; il vole au secours même d'inconnus, elle s'en prend aux amis les plus chers. L'homme est prêt même à s'immoler pour autrui : la colère se jettera dans l'abîme, pourvu qu'elle y entraîne autrui » (Sénèque, De la colère, livre I, ch.5).

Il n'y a pas de « mauvaises » personnes, il n'y a que des « mauvais » comportements.

Il peut arriver que l’on rencontre des êtres en proie à la haine et l’agressivité, au lieu de les « condamner », n’avons-nous pas à les considérer comme des malades ayant besoin d’aide?

Je comprends qu’il est parfois très difficile d’éprouver de la compassion pour ceux qui cherchent à nous nuire, mais nous devons les dissocier de leurs actes, comme il convient de distinguer le malade de la maladie, car la méchanceté est une conséquence de leur mal-être.

La nature humaine n’est pas de se battre, elle est de « s’enrichir » au contact des autres ! Être en opposition, c’est être en réaction et cela contribue à alimenter ce pourquoi on s’oppose. Face à l’intolérance par exemple, notre réaction est souvent intolérante aussi.

Des études ont démontré qu’en évoluant dans un environnement favorable et avec une volonté de s’en sortir, une grande majorité de délinquants sortent de ce schéma in-sécuritaire et destructeur, en découvrant entre-autres, des sources de satisfaction, comme l’estime, la reconnaissance, la considération, la confiance, …, qu’autrui leur porte.

C’est inouï ce que la bienveillance peut produire comme bien, ou mieux-être. La bonté est contagieuse!

Un individu qui bénéficie de cette bienveillance a lui aussi, dans la plupart des cas, envie de faire du bien autour de lui. Cette « contagion » se perçoit dans la serviabilité entre individus ne se connaissant pas. Si on a bénéficié de cette attention, il n’est pas rare de tenir soi-même la porte d’un magasin pour que les personnes suivantes puissent rentrer sans avoir à l’ouvrir, ou de laisser sa place assise dans les bus…

La part d’humanité qui sommeille en chacun de nous, peut à tout moment s’exprimer, si nous avons de « bons » référents grâce auxquels on peut s’inspirer.

Ces deux textes de Kant et d’Albert Jacquard évoquent l’éducation :

"L'homme ne peut devenir homme que par l'éducation. Il n'est que ce que l'éducation fait de lui. Il faut bien remarquer que l'homme n'est éduqué que par des hommes et par des hommes qui ont également été éduqués. C'est pourquoi le manque de discipline et d'instruction (que l'on remarque) chez quelques hommes fait de ceux-ci de mauvais éducateurs pour les élèves. Si seulement un être d'une nature supérieure se chargeait de notre éducation, on verrait alors ce que l’on peut faire de l’homme.

Mais comme l'éducation d'une part ne fait qu'apprendre certaines choses aux hommes et d'autre part ne fait que développer en eux certaines qualités, il est impossible de savoir jusqu'où vont les dispositions naturelles de l'homme. Si du moins avec l'appui des grands de ce monde et réunissant les forces de beaucoup d'hommes on faisait une expérience, cela nous donnerait déjà beaucoup de lumières pour savoir jusqu'où il est possible que l'homme s'avance?" Kant

« Éduquer, c'est apporter du contenu à ces liens, c'est créer des réciprocités, c'est proposer à chacun d'être l'un des dépositaires du trésor collectif, d'être de ceux qui l'enrichiront, d'être aussi face à la génération suivante, un passeur de témoin ». Mon utopie [ Albert Jacquard ]

Albert Jacquard, rebâtir une société humaine sans compétition .

https://www.youtube.com/watch?v=tjHx9IMtgiY

Pour être dans un état dénué de ressentiment et de haine, il est préférable de « cultiver » les émotions qui nous ouvrent à la joie et renforcent notre lucidité sur la réalité. De plus, elles ont pour effet d’élargir notre champ de conscience et notre univers intellectuel et affectif, mais aussi, de favoriser des comportements altruistes, accueillants et réceptifs. En laissant nos émotions nous perturber, nous ne pouvons voir la réalité telle qu’elle est et ne sommes pas objectifs.

Nous pouvons à tout moment nous sentir exactement comme nous avons envie de nous sentir car nous sommes la source de toutes nos émotions, c’est nous qui les créons. Lorsqu’elles nous submergent, il est donc préférable de chercher à comprendre ce qui se cache derrière et d’apprendre à trouver la signification objective de ce que nous croyons être une émotion négative.

Pour récolter les bienfaits de nos émotions, imaginons qu’elles fleurissent notre jardin. Pour nous assurer une récolte abondante, n’avons-nous pas à semer des graines d’amour, d’affection, d’amitié plutôt que des graines de colère, de déception, d’opposition et de peur ? Les émotions qui nous font souffrir, ne sont-elles pas comme des « mauvaises » herbes qui envahissent notre jardin ?

Merci pour l’intérêt que vous avez porté à cet article.

Bien à vous

Geneviève

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 14:48
La jalousie !

La jalousie, une maladie!?

« La jalousie est de toutes les maladies de l’esprit celle à qui le plus de choses servent d’aliment et le moins de remède. » Montaigne

Par définition, la jalousie est un sentiment qui se manifeste par un état d’esprit d’attachement, d’exclusivité ou d’envie. Elle peut être fondée sur un désir de « possession» sans partage de la personne aimée et sur la crainte de la perdre, engendrée par une dépendance affective.

Ce sentiment peut rendre envieux des possessions et réussites d’autrui, mais aussi coléreux, possessif et haineux et il fait ressentir l’infidélité comme étant une trahison.

C’est une « blessure » qui fait souffrir et qui parfois, fait convoiter le bonheur d’autrui, se réjouir de son malheur ou empêche de se réjouir de son bonheur.

Certaines personnes considèrent la jalousie comme étant une preuve d’amour, sans doute que cela flatte leur ego, mais il y a dans la jalousie plus d’amour propre que d’amour, puisqu’il n’est pas dénué d’intérêt personnel. De plus, baser la jalousie pour preuve d’amour est quelque part « malsain », car cela peut mettre en danger le couple et engendrer une possessivité, sans compter les surenchères pour rendre jaloux le ou la partenaire.

Néanmoins, lorsqu’il y a une fragilité qui menace le couple créant une ouverture à l’infidélité, la jalousie peut parfois permettre une remise en question et contribuer à maintenir la relation intime.

"Un peu de jalousie éveille un amour heureux qui s'endort." Madame Deshoulières

Il faut noter qu’une « bonne » communication favorise une bonne entente dans un couple. Lorsque l’on fait preuve d’ouverture et de compréhension, cela aide à traverser les épreuves quelles qu’elles soient sans violence, ni heurt.

Les personnes jalouses et possessives ont tendance à « serrer » pour garder leur partenaire, et cela a pour effet, l’inverse de ce qu’elles souhaitent. Car cette attitude « oppresse » et crée un besoin de liberté.

La jalousie est à l’image du sable que l’on veut garder dans la main, plus on le serre et plus il s'échappe entre les doigts. C’est en ayant la main ouverte, que l’on peut garder le sable, car il reste en son creux. Ainsi, la jalousie n’est pas gage d’Amour, puisqu’elle le détruit!

"L'amour fait naître la jalousie, mais la jalousie fait mourir l'amour." Christine de Suède

Un point de vue psychanalytique

La jalousie est un mécanisme de projection sur l’autre, du désir inconscient d’infidélité, sans aucun lien avec la réalité. Les « jaloux » ayant ce désir refoulé, ne peuvent admettre que se sont leurs propres désirs qu’ils projettent sur leur partenaire.

Lorsque la jalousie est pathologique

La jalousie maladive est un symptôme qui traduit un manque d’estime de soi, voir un manque ou excès d’amour de soi. Le sentiment de jalousie est chargé d’émotions, comme la peur de perdre l’amour de l’être aimé que l’on voudrait exclusif, il y a des colères en lien avec des manques et frustrations, d’autres sentiments peuvent être mêlés, comme l’humiliation, la trahison, l’exclusion…. Il peut y avoir un sentiment prédominant comme celui de se sentir menacé, par crainte de ne pouvoir rivaliser.

Le sentiment de jalousie est une « souffrance » qui prend généralement sa source dans la petite enfance.

La jalousie est naturelle chez l’enfant avant qu’il intègre et accepte le fait qu’il n’est pas l’unique centre d’intérêt de ses proches. Si les parents accueillent sa jalousie comme étant un sentiment normal, qu’ils rassurent l’enfant sur l’amour qu’ils lui portent, peu à peu ce sentiment s’estompera, car l’enfant découvrira entre autre, le plaisir de partager des jeux avec cet « autre » avec lequel il rivalise.

Si elle n’est pas « entendue » et apaisée, elle se « mémorise » et se réactive autant de fois qu’une situation fait écho à cette souffrance.

L’exemple que donne Carl Rogers dans « psychothérapie et relations humaine » de l’enfant jaloux de son frère nouveau-né, est éloquent. L’enfant a peur de perdre ses privilèges d’enfant unique, il se sent relégué au second plan et ressent de la jalousie, quoi de plus normal à priori, envers cet intrus qu’est le « bébé».

Ce qu’il ressent est ambivalent, partagé entre « amour et haine ». Il y a en lui une « colère » liée à la « frustration » déjà éprouvée, car cet « autre » comme son père, capte l’attention de sa mère. C’est la raison pour laquelle, cet « intrus » lui est indésirable.

Si les personnes qui lui sont chères lui manifestent leur mécontentement, il en conclut qu’à leurs yeux, il est mauvais, il se sent alors menacé. Pour plaire à ses parents et pour garder leur estime, il « cohabite » avec le nouveau-venu, alors qu’en réalité il voudrait le voir disparaître. Il apprend à « rentrer » sa colère, à la « garder » pour lui, il l’intériorise, la refoule.

il va donc adopter une attitude contraire à ce qu’il éprouve, en refoulant ses sentiments. Sa blessure « s’enkyste » et devient profonde. Il apprend à masquer son ressenti, ce qui l’éloigne de lui-même, ne se percevant plus qu’à travers le regard de l’autre qu’il cherche à satisfaire pour se sentir exister.

Si l’enfant garde cette « blessure », plus tard cette colère refoulée réapparaîtra insidieusement par les ré-stimulations de situations similaires. Ce sentiment de jalousie interfèrera dans ses relations, ce qui n’est pas sans créer des «difficultés relationnelles ».

La jalousie de l’adulte

C’est une réminiscence de l’enfance, qui place l’individu dans la peur de perdre l’amour de l’être aimé dès qu’il se sent en « danger » de rivalité ou qu’il doit « partager ».

La frustration d’un désir, par manque ou par besoin, qui ne peut être satisfait ou assouvi, désir d’attention, d’intérêt, d’amour ou de reconnaissance, a pour conséquence de placer la personne qui en souffre dans une quête parfois névrotique de « possession », des êtres ou des objets, sans partage. Cette propension à vouloir se les « approprier », est une manière de tenter de combler un « manque ». C’est une pathologie qui « empoisonne » la vie, non seulement de celui ou celle qui en souffre, mais aussi de celui ou celle qui est l’objet de désir. Ce sentiment traduit une souffrance.

La jalousie « torture » celui ou celle qui en souffre. Elle rend susceptible, possessif, colérique, soupçonneux, voir même violent, ce qui est « invivable » pour le partenaire qui se sent harcelé et épié. La personne jalouse souhaite une relation affective exclusive, ce qui ne va pas sans créer de friction dans son couple et dans sa vie familiale, où tous les membres en sont affectés.

Persuadés d’une infidélité, les « jaloux », se font un scénario de tromperie qui les obsèdent et tout est passé au crible, dans l’espoir de trouver une preuve (téléphones portables, messagerie, poches, agenda, sous-vêtements…). Les allées et venues sont surveillées et les horaires doivent être respectés au risque de représailles.

La jalousie obsède, rend possessif et donne libre cours à l’imaginaire. Souvent parce que les jaloux se font l’idée que leur partenaire n’est pas heureux avec eux, leur suspicion de tromperie se porte même sur ce qui est imaginé de ses pensées, lesquelles forcément ne peuvent être que pour un amant ou maîtresse.

Lorsqu’une crise de jalousie éclate, c’est un véritable cauchemar. Elle peut être déclenchée par des « petits riens » qui peuvent générer de grandes crises, une attitude, un regard, un mot, un sourire, un retard, etc., sont autant d’indices qui viennent l’alimenter. Aucune justification, aucune preuve d’innocence ne peut apaiser cette obsession de « tromperie ».

Souvent après coup viennent les regrets et les promesses, mais ce n’est qu’illusion, n’étant pas convaincu de la bonne foi du partenaire. Car plus il se justifie et plus cela amplifie les soupçons envers lui.

Il y a dans cette souffrance une forme de paranoïa liée à la méfiance, manifestée par une pulsion qui « pousse » à tout contrôler, vérifier et maîtriser… La manipulation, les menaces, le chantage, la violence, … tout est bon pour dominer et contraindre le partenaire.

La jalousie peut aussi se porter sur ses propres enfants qui font l’objet d’attention de leur mère ou de leur père. Les personnes jalouses sont comme des enfants en demande, à travers cette souffrance, leur enfant intérieur « demande » à être entendue.

Jalousie et dépendance affective

Comme je l’ai évoqué plus haut, dépendance affective et jalousie prennent leurs sources pendant l’enfance suite à des situations de manque, de privation, de mise à l’écart, de rivalité…

Ces sentiments peuvent prédisposer l’enfant s’il a ressenti un manque affectif, lié par exemple à une situation de séparation ou d’abandon, créant en lui un besoin constant d’être rassuré affectivement.

Ils peuvent aussi provenir d’une relation affective exclusive avec la maman (mère seule), car dès que survient dans cette relation un homme ayant de l’importance aux yeux de celle-ci, l’enfant se sent comme dépossédé de son amour. Par la suite dans sa vie affective, la peur bien présente de perdre l’être cher et que celui-ci lui « échappe », fait que dès que s’approche de trop près un ou un éventuel(le) rival(e), « le jaloux ou la jalouse » se sent en danger et est en souffrance, ce qui a pour effet de déclencher dans la plupart des cas, une crise.

Il y a aussi les préférences affichées des parents pour leur(s) chouchou(s), qui ne peuvent s’empêcher de le(s) citer souvent en référence, en exemple, générant une rivalité « malsaine » au sein de la fratrie. Car rien n’est jamais aussi bien à leurs yeux, que ce que fait leur(s) préféré(es).

Il se peut aussi qu’étant en souffrance de rivalité, de mise en « concurrence » par les parents avec l’un ou l’autre de sa fratrie, que l’enfant convoite l’objet de désir du concurrent, comme ses jouets ou ses amis par exemple. La jalousie se porte sur le rival parce qu’il jouit de qualités qui lui font défaut de par sa dévalorisation.

Il se peut qu’il y ait par la suite, des scénarios de répétition, comme convoiter le partenaire du frère ou de la sœur en question et/ou lui envier toute réussite. Ou bien encore, qu'il y ait une envie de "détruire" son couple ou nier son partenaire.

Ainsi il n’est pas rare qu’il y ait une jalousie exprimée ou refoulée au sein de la fratrie. Les réflexions à l’encontre de l’un ou l’autre, sont autant de « flèches » en plein cœur. L’enfant peut se sentir mésestimé, non désiré, mis à l’écart, dévalorisé…, ces réflexions viennent alimenter et renforcer son sentiment de jalousie.

Cette « idéalisation » des parents envers leur(s) préféré(s) fait, qu’en le jaloux, une certitude s’enkyste : « je ne suis pas désirable, car je ne suis pas à la hauteur de leurs espérances».

La méfiance s’installe par la suite sur le partenaire « idéalisé », qui peut être convoité, courtisé, aimé, adulé… et lui échapper. Ce qui serait « invivable » pour une personne en dépendance affective, car sa vie dépend de cette dépendance qui lui sert de substitut.

Se faire aider pour sortir de ce processus et guérir !

Reconnaître sa jalousie, c’est déjà commencer à la dépasser, elle peut alors être surmontée. Pour en « sortir », il est avant tout nécessaire de prendre conscience que ce « mal » est pour soi et pour l’entourage destructeur.

Il est souhaitable de se faire aider, car seul il est difficile de s’extraire de son histoire personnelle pour comprendre les mécanismes qui se « jouent », comme les répétitions. Pour effectuer un travail sur soi bénéfique, il est préférable que la démarche soit volontaire, afin d’opérer des changements dans les attitudes et comportements, sans se sentir contraint.

La jalousie peut être vaincue, que s’il y a un réel engagement envers soi-même, qui doit être accompagné d’une mise en mouvement. Il est essentiel de se mettre en action pour aller vers le changement.

Pour se libérer de ce schéma destructeur, la remise en question s’accompagne d’une mise en action, à l’image du coq qui trépigne dans ses excréments, et qui n’a pas d’autre choix que de se mettre en mouvement pour en sortir. Pour cela, il lui suffit de faire un pas, puis les autres suivent.

Globalement, les personnes qui souffrent de jalousie ont peu d’estime d’elles-mêmes. Elles ont tendance à se dévaloriser, à ne pas se sentir à la hauteur, ou encore, ne se sentent pas désirables et « aimables », dans le sens de « mériter » d’être aimées. Ayant une image d’elles-mêmes dévalorisée et ne se sentant pas assez séduisantes, cela contribue à générer en elles une peur bien présente d’être trompées. Leurs attitudes renforcent ce sentiment, car plus elles font preuve de jalousie et plus cela éloigne leur partenaire qui se sent harcelé, épié et suspecté et qui plus est, pas aimé et inconsidéré.

Ce travail porte essentiellement sur le renforcement de l’estime de soi et sur la confiance qui y est liée, ainsi que sur la valorisation en se reconnaissant des valeurs. Il y a en soi des merveilles insoupçonnées qui sont autant de ressources que l’on dispose et que l’on peut connecter au besoin.

Cet accompagnement est l’occasion de « voir » ces mécanismes qui nourrissent la jalousie à travers les diverses stratégies mises en place, mais surtout de prendre conscience qu’ils sont autodestructeurs, produisant l’effet inverse de celui désiré, puisque c’est de l’auto sabotage.

La personne souffrant de jalousie, apprend à s’aimer et à voir en son partenaire l’aspect « positif », comme les marques d’attention envers elle et s’applique à lui faire confiance. En agissant ainsi, elle peut s’apercevoir que son amour n’est pas du tout menacé.

Ce travail sur soi, amène la personne jalouse à s’apprivoiser, à s’aimer et à s’estimer de manière à ne plus vivre dans la crainte d’être exclue de l’amour de l’autre, lequel jusque là était considéré comme étant la source de sa propre souffrance.

Une compréhension et une conscience de soi se fait jour, avec une conscience de plus en plus grande de sa responsabilité personnelle dans son propre bien être.

Geneviève

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 12:21
L’éveil de conscience

S’éveiller c’est s’ouvrir, comme nous ouvrons une fenêtre en pleine nature pour mieux voir toute la beauté qui s’offre à nos yeux, car elle nous entoure, il suffit juste d’enlever le «voile» qui masque notre regard pour la voir.

Ouvrir son champ de conscience implique d’avoir une ouverture d’esprit, dont la vision élargie nous ouvre à tous les possibles. Pour cela, il est nécessaire de « Se » remettre en question sur les attentes, exigences, désirs et aussi sur les apriorismes, préjugés, certitudes que l’on peut avoir, qui sont limitatifs. S’éveiller, c’est aller vers le changement en prenant les « rênes» de sa vie !

C’est un chemin dont chaque « pas », mène vers la liberté d’être et à la connaissance de soi.

Cela peut sembler un paradoxe, car le chemin qui y mène est fait de renoncements, de deuils…. Mais, renoncer, ne veut pas dire de se priver de tout ce qui peut procurer joie et bien-être, c’est s’alléger du superflu en ayant le courage de mettre un terme à tout ce qui peut nous causer du tourment. C’est de s’affranchir de toutes les dépendances qui créent le mal-être en lâchant prise sur ce qui nous éloigne de l’essentiel.

C’est un chemin qui est certes plein de tribulations et parsemé d’embûches, avec des « obstacles » à surmonter, mais combien « enrichissant ».

Le changement suppose des efforts à faire pour y parvenir, mais il y a toujours une joie à éprouver à chaque étape.

« Pour grandir de nouveau, l’homme est obligé de se refaire et il ne peut le faire sans douleur, car il est à la fois le marbre et le sculpteur. C’est de sa propre substance, qu’il doit à grand coup de « marteau » faire voler les éclats, afin de reprendre son vrai visage. » Carrel Alexis : L’Homme cet Inconnu

Pour détourner les « pièges » du mental fait de doutes et de peurs qui jalonnent notre chemin, il est parfois préférable de se faire accompagner par quelqu’un qui a lui-même déjà cheminé loin sur ce « chemin ». La peur de s’y aventurer, mais aussi les « leurres» de l’ego, peuvent faire obstacle.

On ne peut élever sa conscience sans bouleverser son être tout entier, jusqu’à ce qu’il atteigne la « métamorphose ». Aussi, l’introspection aide à « Se » clarifier, en faisant l’analyse de ses blocages, angoisses, peurs, sentiments, etc., mais aussi d’entraîner notre esprit à une nouvelle façon de percevoir « positivement » le monde qui nous entoure et surtout, ce qui n’est pas des moindres, d’aller vers la diminution de l’ego. Lorsqu’il n’a plus ce besoin d’être « le centre du monde », malgré les vicissitudes de la vie, nous nous apercevons que nous sommes plus forts, plus libres, plus unifiés, …, bref, un être équilibré et moins névrosé.

Parce que nous sommes en phase entre ce que nous dégageons et ce que nous sommes et ce, quel que soit le regard qui nous est porté, nous pouvons nous ouvrir aux autres sans risque et naturellement faire preuve d’humilité, en laissant s’exprimer des qualités altruistes qui jusque là, étaient en sommeil.

« Tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soupçonner que le vrai bonheur est dans la manière de gravir la pente. » Gabriel Garcia Marquez

Il est important de prendre conscience que le chemin est plus important que la destination elle-même. Car chaque « pas » que l’on fait est influencé par la manière d’appréhender la vie, qui fait que l’on est enclin à la souffrance ou à la joie et l’émerveillement.

Ainsi, le « chemin » est parfois escarpé et aride et pour gagner en liberté d’être, cela revient à s’émanciper de ce qui domine notre esprit et l’obscurcit.

L’éveil est à l’antipode de la perversion de l’ego, où règnent animosité, agressivité, haine, avidité et désir passion, lequel, incite à son assouvissement du fait que, plus il nous échappe et plus il nous obsède. L’absence de désir passion ne sous-entend pas absence de désir ou de ne plus aimer, ou encore d’être indifférent aux êtres qui nous sont chers. C’est de ne pas se « cramponner » à ce désir préjudiciable pour soi et aussi pour l’autre, car il n’engendre que possessivité, jalousie, haine, frustration et mal être.

En cessant nos projections sur autrui, attentes, exigences, désirs, …, nous nous libérons de leurs conséquences, mais aussi et surtout, nous pouvons aimer librement.

Pour éveiller notre conscience, nous avons à nous libérer de la conscience limitée de l’ego qui nous met face à une dualité : « moi » et les autres, favorable ou défavorable, rassurant ou menaçant… Avec cette conscience du « moi » asservie par l’ego, il est bien difficile de percevoir la réalité sans être sous son influence, ce qui réduit le « champ » du libre arbitre qui n’est que relatif.

Cette question du libre arbitre se pose à partir de l’ego.

Pour le vérifier, nous pouvons nous poser les questions suivantes : « A quoi est-ce que j’obéis » ? « Suis-je vraiment libre d’agir, ou suis-je « manipulé(e) » comme une marionnette, sous l’influence d’un conditionnement » ? Lorsqu’un désir apparaît, l’avons-nous décidé ou est-ce notre monde émotionnel qui nous l’impose ?

Lorsque des évènements de l’existence ont une prise sur nous et qu’ils nous rendent inquiets, angoissés, tristes…, c’est bien que nous sommes dans un état émotionnel. Nous réagissons bien souvent émotionnellement aux aléas de la vie. L’existence nous « impose » des états d’âmes, des humeurs joyeuses ou tristes. Lorsque nous perdons un être cher, cela nous attriste, s’il nous arrive un événement heureux, nous sommes joyeux. Nous pouvons passer ainsi d’un état à un autre, mais avons-nous décidé librement d’être joyeux ou triste?

Pour connaître notre non-liberté, nous devons savoir si nous réagissons émotionnellement et mentalement à un fait extérieur, auquel cas, nous ne décidons pas librement. Car sinon, nous déciderions de nous établir une fois pour toute dans la paix, la sérénité, la joie et l’amour, en l’absence de toute peur émotionnelle.

Pour le vérifier nous pouvons faire le test suivant : choisissons d’être de bonne humeur tout le temps, si nous ne le restons pas, de toute évidence nous sommes sous une emprise.

Pour percevoir la réalité telle qu’elle est sans qu’elle soit parasitée par les manques, les frustrations, les désirs, etc., nous avons à changer ce mécanisme.

En augmentant notre présence à ce qui est, appelé aussi être dans l’instant présent, cela nous permet d’aller vers la diminution des manifestations de l’ego.

Cela suppose la gestion des émotions de manière à ne pas en être « affecté ». Tant qu’il subsiste quelques émotions « perturbatrices », c’est que nous ne sommes pas encore « pacifiés », il y a une dualité qui s’exerce en nous. L’émotion est un mécanisme ego-centré qui, lorsqu’elle nous submerge, parasite notre « vision ». Si nous voulons nous établir dans la sérénité, la paix et la compassion, la disparition de ces émotions est essentielle sur cette voie. Celles qui nous font du bien, elles aussi nous limitent durant le laps de temps où nous les éprouvons. Car si nous sommes envahis par une émotion quelle qu’elle soit, nous sommes « coupés » de la réalité, ce qui nous empêche de voir ce qui se passe réellement autour de nous à ce moment là.

« La voie remet en cause les émotions négatives et nous promet un autre fonctionnement du cœur, plus fin, plus profond. Ce but ne doit pas rester vague. Il ne s'agit pas d'être libre des émotions en général mais de cette émotion précise que j'ai repéré dans certains contextes - par exemple telle personne dit telle parole, cela m'irrite et je deviens désagréable. Si je réagis systématiquement de la même manière, mon intention très concrète devient : quand cette situation se présentera de nouveau, je veux réussir à ne plus réagir de cette façon, je veux faire du neuf. C'est précis et sous peu je serai mis à l'épreuve : on verra alors ce qui demeure de mes bonnes intentions » Arnaud Desjardins

L’observation est une étape vers la libération.

Au début du chemin, nous sommes impuissants, identifiés à nos émotions et parfois submergés par elles, nos réactions en découlent. Nous sommes aussi sous l’influence de dépendances, ce qui nous enlève toute liberté d’être. Ainsi, tout est jeu d’actions/réactions.

L’observation « demande » d’être présent à soi-même, à l’écoute de ce qui se passe intérieurement, de façon à comprendre pourquoi nous réagissons de telle manière face à diverses situations. Pourquoi sommes-nous en souffrance lorsque nous ne pouvons assouvir un désir ? Pourquoi laissons-nous des pensées nous tourmenter ? etc.

Ce qui fait notre dualité, c’est tout un processus d’émotions (désir/aversion, attraction/répulsion). Nous sommes comme le fer attiré ou repoussé par l’aimant, notre liberté est relative, car elle est soumise aux émotions « que nous sommes contraints de ressentir ».

Nous pouvons constater que nous sommes sous l’emprise de l’ego, lorsque nous ressentons du plaisir à une flatterie, ou lorsque nous sommes agacés ou en souffrance au moindre mot « blessant ». Le sentiment d’échec ou de réussite, les inimitiés…, tout cela nous affecte personnellement et se « joue » à notre insu, entre nos pensées et émotions. C’est en nous que résident les causes de nos joies et de nos peines, ce n’est pas au dehors. L’inquiétude par exemple, est une émotion qui nous voile le regard, car elle déforme la réalité.

Quelles que soient les circonstances, nous avons le pouvoir de reconnaître notre subjectivité; les émotions qui nous « emportent » et à travers lesquelles nous nous identifions, qu’elles soient joyeuses ou tristes. Après cette prise de conscience, il est possible de se rééduquer pour fonctionner de manière apaisée en toute circonstance. Cette sérénité nous la côtoyons déjà en dehors de l’emprise de l’ego. Nous pouvons faire en sorte qu’elle soit durable en allant vers la diminution du pouvoir qui lui est donné, en gardant en mémoire que toute émotion perturbatrice nous empêche de « voir » la réalité, car le mental la déforme. D’une situation, il extrait à notre insu, un ou des détail(s) faisant abstraction du reste et le « monte en épingle ». Le dépassement des émotions nous permet de découvrir la réalité telle qu’elle est, en toute objectivité, sans « fioriture » ni « artifice ».

Le changement est en route, mais cela prend du temps de « Se » libérer et d’être en totale communion, unifié avec ce qui nous entoure et à nous-mêmes.

Chaque pas est une victoire, mais avant que cela ne devienne un état permanent et naturel, nous avons parfois à nous raisonner et à neutraliser des pensées dès qu’elles apparaissent, afin d’être libres d’agir objectivement. Nous avons le pouvoir de revenir à tout moment à un état serein et calme, mais apparaît afin de reprendre la « main » sur la réalité, cela demande de s’entraîner dès qu’une émotion.

Prenons l’exemple de l’amour. Que veut dire généralement en substance l’amour qui est porté à une personne, « aime moi comme je t’aime », je veux être aimé(e) par toi ». C’est un amour émotionnel totalement égoïste, car il n’est pas dénué d’intérêt personnel. De plus, il n’est pas permanent car il peut parfois se transformer en haine. Il y a donc un contraire à cet amour, la haine et l’on ne peut haïr que ceux que l’on a aimés d’un amour égocentrique.

Le « véritable » amour est inconditionnel et n’a donc pas de contraire. Nous sommes bienveillants même avec ceux qui sont malveillants envers nous. Nous demeurons établis dans la compassion indépendamment des circonstances et des personnes. Pour aspirer à cet état permanent d’amour qui suppose d’avoir des sentiments altruistes, nous devons comprendre que toute identification à une émotion nous y éloigne et cela suppose un entraînement de tous les instants. Certains peuvent penser qu’aimer ainsi, inclus des sacrifices. Effectivement il y en a un, nous devons sacrifier notre égoïsme.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’amour altruiste est calculé, dans le sens ou cela demande de réfléchir sur les attentions que nous allons porter, afin de donner le meilleur de nous-mêmes. Mais ce n’est pas un calcul égoïste, puisque notre démarche est nourrie de bienveillance et d’ouverture aux autres. Pour savoir si notre « calcul » de bonté est juste, nous pouvons nous poser la question suivante : « est-ce que ce que j’accomplis est juste, pour soi et pour autrui » ? Il est souhaitable de prendre soin que nos actions et paroles ne nuisent à personne.

Il est important d’être attentif à la neutralité.

Ce qui compromet cet état d’amour altruiste, c’est le jeu des dualités et des oppositions; toutes les manifestations de non-amour telles que, rejet, rancune, condamnation, mépris, rancœur, jalousie, jugement de valeur … Soyons donc attentifs à l’absence de neutralité, à commencer par de banales contrariétés, car si nous ne sommes pas neutres dans des situations anodines, comment alors pouvons-nous l’être en d’autres circonstances. Nous pouvons profiter des moments de la vie pour nous entraîner, en ayant de « bonnes » pensées pour ceux qui nous contrarient. En « mettant de coté » notre susceptibilité, nous avons en fait à les en remercier car ils nous révèlent des aspects sombres de soi. Aussi, s’il nous faut pardonner, pardonnons mais pardonnons avec cœur, c’est un bienfait surtout pou soi-même.

Nous devons nous entraîner à aimer sans conditions, jusqu’en arriver à aimer les bourreaux comme les victimes, ce qui ne veut pas dire d’adhérer à leurs actes. Pour pouvoir les aimer, nous devons les en dissocier et s’abstenir de tout jugement à leur égard. Il ne peut y avoir de bourreau sans victime, ils sont tous deux soumis aux lois d’attraction et de causes à effets, c’est un phénomène inconscient.

Le changement implique de s’ouvrir à soi et aux autres et de changer notre perception sur le monde qui nous entoure.

Nous attirons ce qui vient à nous et nous pouvons le prendre comme étant une opportunité de nous améliorer. Nous seuls avons le pouvoir de nous rendre heureux et personne d’autre. Tout comme personne ne peut nous faire du mal, si ce n’est physiquement bien entendu. Si nous nous sentons blessés par une attitude ou comportement d’une personne, au lieu de l’en rendre responsable, n’avons-nous pas à nous interroger sur notre responsabilité à cette souffrance, dans le sens où l’autre n’est que le révélateur de ce qui réside en nous?

Rien ne nous oblige à prendre « mal » les choses. Il peut arriver que nous soyons en présence de quelqu’un se montrant désobligeant, irrespectueux, coléreux, …, à notre encontre. Ses propos ou attitudes proviennent d’un individu profondément affecté, peut-être est-ce à travers ce que nous-mêmes lui renvoyons, qu’il exprime sa souffrance. Nous sommes tous tel un miroir qui renvoie du « positif » et du « négatif » faisant écho à l’histoire personnelle de chacun. Aussi, ce qui nous est renvoyé peut nous aider à prendre conscience que l’autre n’est qu’une cause apparente à notre souffrance, tout comme nous à la sienne.

Pour apprendre à être bienveillant, nous avons à effectuer une transformation de notre intimité dans tout ce qui nous affecte, nous contrarie et nous déçoit. De là découleront des actions « justes » et bienveillantes. Nous pouvons nous entraîner en veillant à améliorer nos relations avec notre entourage, en s’abstenant de toute mauvaise pensée et de tout jugement à leurs égards. N’oublions pas que les apparences sont souvent trompeuses.

Il nous appartient d’identifier les blocages que nous pourrions avoir avec une personne en particulier et de « voir » ce à quoi cela nous renvoie, pour ensuite le « dépasser ». Il se peut qu’il nous soit renvoyé un aspect de notre personnalité que nous ne soupçonnions pas: rigidité, manque de tolérance, d’acceptation, d’amour, des peurs,… Nous interprétons la réalité en portant des jugements sans nous en rendre compte, en qualifiant les « choses » d’agréables/désagréables, bonnes/mauvaises, joyeuses/tristes… Si nous nous surprenons à juger, nous pouvons le considérer comme étant un flagrant délit, de manière à porter plus d’attention dans notre manière d’accueillir les « choses ». Plus nous sommes ouverts, à soi et aux autres, et plus l’ego diminue.

Pour être efficace autour de nous, il est nécessaire d’employer notre temps et notre énergie autrement qu’en futilités.

Il y en a qui « tuent » le temps par ennui, d’autres se laissent submerger par des tâches pour remplir leur temps, d’autres encore commencent quelque chose sans jamais le finir, ou remettent à plus tard ce qu’ils entreprennent de faire, au risque de ne jamais commencer. Une sorte de fuite de la réalité, des priorités, …, une vie « remplie» de peccadilles et de futilités, alors que bien gérée et bien employée (temps et énergie), cela permet d’accomplir bien des choses, qui de plus, nous donne pleine satisfaction en fin de journée. Pour notre équilibre, il est important de réaliser ce qui nous tient à cœur, sans contrainte, pour ne pas risquer une division en soi. Bien sûr il y a des taches auxquelles nous ne pouvons échapper, que nous « devons faire », mais en dehors, agissons selon ce que nous sentons juste de faire, en prenant bien soin que cela ne nuise à personne.

Pour notre épanouissement, il convient d’assumer et d’accepter ce que nous sommes et avons été à tout moment de la vie, en ayant un regard bienveillant sur soi. Dans ce monde de tentation et d’éphémère, veillons à ne pas nous laisser distraire de l’essentiel. Tant que quoi que ce soit a de l’importance pour soi en terme de besoins tournés vers l’extérieur, nous ne sommes pas libres dans le sens où, si nous-nous « attachons » par exemple à une réussite professionnelle, toute notre attention sera focalisée sur ce qui la favorise, ou sur les obstacles. Nous sommes alors asservis par ce besoin de réussite et par la peur de l’échec.

La voie de l’éveil est toute autre, elle nous conduit vers la non-dépendance, car il ne s’agit pas de renoncements au sens strict, mais de dépassement.

En gagnant en liberté, nous ne sommes plus esclaves d’attirances et répulsions, d’envies et de refus, « l’existence » ne nous ordonnant plus d’être malheureux.

Pour que des changements se produisent durablement en nous, veillons à être vigilant à accueillir ce qui vient à nous avec « détachement » et objectivité. Nous appréhenderons mieux chaque situation qui se présente, avec une compréhension que nous n’avions pas auparavant. Nous pourrons nous apercevoir que nous réagissons différemment face aux situations qui nous perturbaient.

Nous sommes plus enclins à relativiser ce qui nous arrive, nos actions reflètent ce changement, car elles répondent à ce que nous pensons juste et ne suscitent aucun regret. Avant, s’il arrivait qu’une personne nous insulte, cela pouvait nous agacer ou nous mettre en colère, car nous nous débattions dans des blessures d’ego. Avec notre transformation intérieure, cela n’a plus aucune prise, nous avons plutôt un sentiment de compassion pour l’autre que nous voyons en souffrance à travers ses attitudes.

Nous assumons la pleine responsabilité de nos actes, car ils sont mûrement réfléchis. Notre manière de fonctionner et de « voir les choses » a changé.

Le « voyage » vers la liberté s’achève lorsque l’ego perd son pouvoir illusoire. Une fois effacé, tout son monde d’attraction et de répulsion, de désirs et d’aversion disparaît avec lui. Désormais, ils n’a plus d’emprise sur nous.

Lorsque plus rien ne nous est indispensable en dehors de nos besoins élémentaires, et en prenant soin de ne laisser aucune demande, ni attente, dominer notre conscience, nous nous sentons heureux et libre. D’une certaine manière, une re-naissance s’effectue en nous. Parvenus à cet état de sérénité et de lucidité, nous ne sommes plus atteints par ce que nous n’avons pas ou plus, l’important n’est plus d’avoir, mais d’Etre. Nous faisons partie d’un ensemble auquel nous participons activement, sur un fond de lâcher-prise. Cette sérénité intérieure nous unifie à nous-mêmes et avec ce qui est.

Dans ce nouvel état d’esprit, nous pouvons aimer naturellement tous les êtres, car après avoir commencé par soi-même, il s‘étend à ceux qui nous sont chers et à tous les autres connus et inconnus. L’altruisme devient naturel et a un effet rémanent aux autres.

A l’image de grandes rivières qui se sont formées goutte après goutte, en évoluant de manière positive, d’autres à notre contact évoluent aussi de la même manière.

Pour finir, j’ai choisi de vous partager un de mes poèmes qui fait partie de mon recueil d’une vingtaine de poèmes, qui je pense, illustre assez bien mon propos.

L’éveil, voie de sagesse!

Ce que nous recherchons, est en nous, pas ailleurs,
Il faut du temps, pour en extraire le meilleur.
Alors, pour trouver en soi cette sagesse,
Nous devons combattre toutes nos faiblesses,
Qui voilent le chemin, agissant en surface,
Pour cet ego, insatiable, qui menace.

Il nous asservit, par ses craintes et ses désirs,
Car, gagner ou conserver, sont ses grands plaisirs.
Laissons le donc, se satisfaire sans « violence »,
Pour qu’il ne se débatte pas dans ses souffrances.
Une fois ses désirs assouvis, il s’efface,
Et la libération, peut enfin prendre place.

S’accomplir c’est, traverser chaque épreuve,
Quelle qu’elle soit, heureuse ou, malheureuse.
Vivons les donc, sans chercher à s’en protéger.
Les fuir, aurait pour effet de les renforcer.
Pas à pas, on assimile, on digère,
Étape, après étape, on se libère,
Pour trouver, enfin en soi, la plénitude,
Libres de « l’avoir », qui n’est que servitude.

C’est un processus, plein de tribulations,
Où nous vivons jusqu’à terme, bien d’émotions,
Tout ce qui nous habite, qui était latent,
Et que nous hébergeons, depuis la « nuit des temps.
Ce que porte le psychisme, s’actualise,
L’ego, le mental, craquent, ils n’ont plus d’emprises.

Il nous faut tout lâcher et ne rien garder,
A tout perdre, sauf l’essentiel, la Liberté.
C’est des moments de mort, à ne plus se connaître.
Ne faut-il pas mourir, pour mieux renaître ?
Les liens se dénouent, puis, disparaît la prison,
Pour laisser émerger, de nouveaux horizons.

L’ego à perdu son pouvoir et sa magie,
Nous voilà libre, car l’éveil se produit.
Nous atteignons enfin, une autre dimension,
A des niveaux, jamais visités, plus profonds.
Il y a en nous, un tel bouleversement,
Que notre regard, ne sera plus comme avant.

La façon de concevoir le monde a changé,
Car c'est révélé, une autre réalité.

Les aveuglements font place, à d'autres visions,

Qui chamboulent notre univers de perceptions !

A ce stade, rien ne peut plus nous perturber,
Ni la souffrance, lorsqu’elle est côtoyée.

Libres de nos émotions, nous nous oublions,
Pour nous tourner vers autrui, avec compassion,
Neutralité, intégrité, tempérance,
Et surtout, humilité et bienveillance.
N’étant plus centrés sur notre histoire personnelle,
Nous voilà ouverts à la vie universelle ;
Quête des richesses, des potentialités,
Des qualités intrinsèques à notre humanité !

Geneviève MARTIN BOISSY

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 16:18
Qu’en est-il de notre communication dans notre rapport à soi, aux autres et au monde qui nous entoure?

" Tout être est une île, au sens le plus réel du mot, et il ne peut construire un pont pour communiquer avec d'autres îles, que s'il est prêt à être lui-même, et s'il lui est permis de l'être. " Carl Rogers

Selon moi, c’est une erreur de penser que nous sommes soit « actifs » ou soit « passifs » en terme de communication, nous sommes récepteurs et émetteurs. Dès lors que nous sommes en relation, avec autrui ou avec le monde qui nous entoure, tout notre être est en éveil sans que nous en ayons conscience. C’est à travers nos sens que nous ressentons et captons des informations que nous interprétons en fonction de notre façon très personnelle de percevoir ce monde. C’est pourquoi il arrive que parfois le mental déforme la réalité.

Nous sommes constamment en mode « communication », connectés à notre environnement et à notre monde intérieur émotionnel. Nous émettons et recevons des messages en conscience ou non et de manière spontanée. D’une certaine façon, nous « choisissons » ce que nous percevons, puis nous interprétons et donnons un sens à ce qui nous parvient.

« Tout est neutre, tout est absolu, chaque chose est comme elle est. C’est vous qui la faites apparaître bonne ou mauvaise, agréable ou pénible. » Svami-Prajnanpad

« Tout est neutre », cette affirmation peut choquer. Mais, n’est-ce pas nous qui donnons un sens à la réalité, à travers le prisme de notre monde émotionnel ? N’est-ce pas nous, qui interprétons, qui donnons de l’importance ou pas, qui jugeons si c’est bien ou mal ? La réalité est soumise à interprétations, et elle n’est ni positive, ni négative, ni bonne, ni mauvaise, elle est.

Une communication qui s’exprime à notre insu.

Pour nous exprimer nous utilisons la parole, mais il y a une communication non-verbale qui s’exprime bien malgré nous. A notre insu, lorsque nous parlons, notre gestuelle accompagne notre parole, c’est le prolongement de notre pensée. Notre manière d’écouter, de regarder, de nous vêtir…, en dit long sur ce qui nous habite. Notre état d’être est « traduit» par une communication inconsciente qui révèle une part intime de soi et qui émane au travers de notre gestuelle, comportements, attitudes, lapsus, actes manqués… Concernant les lapsus, ne dit-on pas qu’ils sont révélateurs ?

Par exemple, on peut noter chez certains politiciens des ruptures de cohérence entre le discours qu’ils tiennent, écrit par des conseillers en communication à des fins électorales, et leur gestuelle qui n’est pas en accord avec leur dire.

L’inconscient, « metteur en scène » de notre communication interne.

Dans notre rapport aux autres, l’inconscient « joue » un rôle important dans ce que nous communiquons et dans la manière de le communiquer. A notre insu, au travers de diverses situations, il décide de la « pièce » que l’on va « jouer », seul ou avec d’autres acteurs. C’est lui qui choisit le décor, les personnages et c’est lui qui dirige. Il faut donc se donner la réplique, c’est interactif et les échanges dépendent du rôle de chacun. Tous les « acteurs » sont alors, comme des pantins manipulés. Si nous nous obstinons à ne rien comprendre, soit parce que nous avons laissé notre ego dominer notre conscience ou soit, parce que nous sommes fatalistes ou pour toute autre raison, nous aurons à jouer la même pièce autant de fois que le « metteur en scène » le jugera nécessaire, mais pas toujours avec les mêmes acteurs ou le même décor.

Notre interprétation d’une situation découle de ce que la « scène » nous renvoie en rapport avec notre histoire personnelle. Nous pouvons la vivre avec sérénité ou en être affectés et dans ce cas, sans recul, aucune neutralité n’est possible, puisque c’est à travers notre « émotionnel » que nous la vivons. C’est pourquoi, face à une même situation, nous n’avons pas tous, la même attitude, les mêmes émotions, les mêmes ressentis, la même perception…

Qu’exprime donc notre émotionnel à travers cette communication interne?

Chaque situation peut nous connecter avec des ressentis « agréables » ou « désagréables ». Se sont des signaux. Lorsque nous nous sentons « touchés » et que cela nous affecte, nous ne pouvons être objectifs, car nous avons tendance à laisser nos émotions avoir une prise sur nous.

Il est important de prendre conscience que les ressentis peuvent nous leurrer, car ils font parfois écho à un premier « senti » refoulé, manifesté il y a longtemps. On le « re-sent » lors de re-stimulations au travers de diverses situations. De plus, un ressenti peut masquer plusieurs émotions, comme par exemple derrière celui de colère, où il peut y avoir un sentiment de tristesse, de remord, d’injustice, de rejet, d’abandon, d’humiliation, de dévalorisation, etc. Pour une meilleure connaissance de soi, il est important de les identifier.

A travers ce qui nous parvient, notre « metteur en scène » cherche à nous éveiller sur notre manière d’appréhender le monde. Allons-nous faire la « sourde oreille », tout comme la mouche qui sans cesse se heurte contre la vitre, alors que la fenêtre d’à coté est ouverte ? Car ce qui n’est pas bien compris peut à nouveau se représenter.

La manière de prendre les « choses » a donc son importance.

« Remerciez vos ennemis, ils sont vos plus grands maîtres. Ils vous apprennent à faire face à la souffrance et à développer la patience, la tolérance, la compassion, sans rien attendre en retour ». Dalaï Lama

Lorsque nous nous sentons affectés par une attitude, nos émotions nous indiquent qu’il est nécessaire de « se » clarifier et de faire un lien entre notre histoire personnelle et ce que nous ressentons. En prenant conscience que ces signaux nous avertissent d’un écho en soi, nous pouvons intervenir aussitôt et régler les problèmes avant qu’ils ne se développent en schémas destructeurs. Car de toute manière, même ce qui est réprimé s’exprime, mais pas toujours comme nous le souhaitons.

Il peut arriver à un moment ou à un autre d’éprouver une résistance à ce que l’autre fait ou dit. Cette « résistance » peut se manifester par des réserves, de l’agacement ou de l’irritation, créant un sentiment d’éloignement. L’erreur serait d’en rendre l’autre complètement responsable, ce qui parasiterait notre écoute intérieure, car rien n’arrive par hasard. Ce qui vient à nous, nous l’avons attiré tel un aimant attire le fer.

Par exemple, si une personne que nous aimons raconte naïvement lors d’une soirée un fait nous étant arrivé que vous préférions taire, cela peut avoir comme effet de nous irriter, surtout si cela se reproduit.

Nous pouvons alors nous sentir blessés et pas respectés, il est donc important avant que cela ne prenne de l’ampleur, non seulement d’exprimer notre ressenti dans le plus grand respect à cette personne, mais aussi de comprendre pourquoi nous avons attiré ce type de situation, en la reliant à notre histoire. Si cette attitude nous est « blessante », c’est parce qu’elle vient « réveiller » une mémoire émotionnelle liée à de vieilles « blessures».

Au moment où ils ressentent de la résistance, certains individus laissent leurs sentiments se transformer en re-sentiment (ressenti/ment).

En continuant sur le même exemple, nous ne sommes pas seulement ennuyés, nous sommes en colère contre notre partenaire. Bien souvent sans en être conscient, nous nous éloignions insidieusement de cette personne et nous créons une barrière émotionnelle. Le ressentiment nous enferme dans l’illusion, en pensant que la source d’insatisfaction réside à l’extérieur, alors qu’en réalité elle est à l’intérieur de nous-mêmes.

Lorsque le ressentiment nous habite, nous obéissons à la pulsion qu’exige l’ego, d’écarter quiconque lui fait obstacle lorsqu’il se sent menacé, sans considération aucune pour le bien-être d’autrui. Sous son emprise, la perception est déformée et à coup sur, nous nous nuisons à nous-mêmes, car tant que nous sommes dans cet état, nous ne sommes pas heureux de l’être.

Le ressentiment détruit alors, tout sentiment d’intimité et il établit dans la relation à l’autre, un schéma destructeur qui ne peut que s’intensifier s’il n’est pas immédiatement brisé.

Ensuite, lorsque le ressentiment est trop douloureux, vient le rejet qui a pour effet de nous faire rechercher toutes sortes de moyens pour rendre l’autre responsable. Arrivés à ce point, il y a séparation émotionnelle et la séparation physique peut se produire à tout moment, car tout ce que fait notre partenaire, nous irrite ou nous ennuie. Si le rejet persiste, pour atténuer la douleur que nous ressentons, nous passons au refoulement.

Dans nos relations affectives et pour qu’elles soient « harmonieuses », il est souhaitable de communiquer clairement, de manière à ce que l’autre connaisse nos limites.

"Nous sommes libérés par ce que nous acceptons, mais nous sommes prisonniers de ce que nous refusons." - Swâmi Prâjnandad

Pour nous y aider, nous devons garder en mémoire que nous sommes interdépendants les uns des autres et que nos relations font « miroir » à des aspects de notre personnalité et font aussi écho à des blessures enfouies. Dès la moindre re-stimulation, une communication interne et intime cherche alors à s’exprimer.

Car, en réalité « l’autre », nous confronte à nous-mêmes, il n’est en fait que le révélateur de ce qui nous habite. Tout comme nous, il est mis à l’épreuve par son inconscient qui, pour se faire, le met en scène pour nous donner la « réplique » et jouer « la même pièce » que nous. L’épreuve consiste en quelque sorte à tester nos limites pour que nous saisissions l’opportunité de les dépasser, l’objectif étant d’arriver au dépassement de soi, au lâcher-prise, pour nous aider à « grandir ».

Ainsi, lorsque nous sentons monter en nous des émotions « perturbatrices », accueillons-les, puis tentons de les identifier en essayant de comprendre pourquoi elles nous perturbent et ce qu’elles cherchent à nous exprimer. Il se peut que l’attitude de l’autre nous révèle un aspect de notre caractère, ou nous mettre face à nos limites, notre manque de tolérance, nos jugements, préjugés, apriorismes, stéréotypes…

Il est important de comprendre que l’autre n’est pas responsable de nos « doux-leurres » psychiques. Il nous appartient de faire un travail pour ne plus en souffrir.

Une communication respectueuse n’est-elle pas à privilégier ?

N’est-il pas mieux de s’exprimer avec le « je », qui n’engage que soi? En employant le « tu », ce peut être culpabilisant et cela « tue » parfois la communication (le Tu, tue !).

Nous sommes trop souvent enclins à identifier et à assimiler la personne à ses actes. L’en dissocier permet de porter un regard uniquement sur ses actes sans faire d’amalgame.

Par exemple, au lieu de nous exprimer en ces termes : « TU m’agresses… » ou « TU es agressi(f)(ve) …, dire plutôt : « je me sens agressé(e) par TON attitude. » Là, nous exprimons un ressenti à la personne concernée et c’est son attitude qui est « visée ». En exprimant ce que nous ressentons de cette attitude, nous respectons ce que j’appelle l’écologie, car nous sommes dans le respect, vis à vis de la personne mais aussi de nous-mêmes.

« Dans un cœur plein, il y a de la place pour tout, et dans un cœur vide, il n’y a pas de place pour quoi que ce soit ». Antonio PORCHIA

Communiquer, c’est l’art de s’ouvrir aux autres et c’est aussi savoir mettre en commun.

Nous sommes responsables de la manière de dire les choses, mais aussi d’accueillir ce qui est exprimé par d’autres!

« Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n'est pas impossible que tout le monde ait tort. » Gandhi

Entrevoir la communication en terme de « tort ou raison », est une bataille d’ego axée sur un jugement. Nous pouvons rester respectueux en toutes circonstances en accueillant les divers points de vue. Même si la réalité du moment est incontestable, elle peut parfois s’avérer fausse demain! Tout ce qui n’est pas « palpable » est subjectif et chacun perçoit à travers ses propres filtres. C’est pourquoi, chacun à raison de son propre point de vue.

Le recours à la manipulation

Certaines personnes l’ont bien compris et savent s’en servir pour arriver à leurs fins. Elles savent utiliser des mots bien ciblés, pour faire entendre à autrui ce qu’il a envie d’entendre ou pour obtenir de lui ce qu’elles souhaitent. Il y a des techniques qui s’apprennent pour convaincre, mais un « œil » avisé les repère vite.

Bien communiquer est un « art » et pour se faire comprendre, la manière de formuler les mots a son importance.

N’oublions pas tous les « parasites » qu’il peut y avoir dans une communication. Entre ce que l’on dit qui ne traduit pas toujours ce que l’on pense ou souhaite vraiment transmettre, ce que l’autre réceptionne et comprend et ce qu’il entend vraiment, cela engendre des difficultés à bien communiquer.

Les mots écrits ou parlés sont porteurs de sens, étant censés traduire l’idée ou la pensée de leur auteur et ils peuvent être mal pris ou mal interprétés par celui qui les « reçoit », de par sa subjectivité (susceptibilité, sensibilité…), et peut passer à coté et ne pas comprendre leurs sens.

L’attitude et le choix du vocabulaire sont importants.

Par exemple, si nous désirons faire passer une idée sans prendre l’ascendant sur notre interlocuteur, en le prenant par l’épaule et en l’appelant par son prénom, il se sentira reconnu et en confiance.

En utilisant le « oui, mais », c’est une manière délicate de lui exprimer autre chose et de l’intéresser à écouter sans le braquer. Aussi, il est préférable d’être inductif et non directif.

Prenons l’exemple d’une relation professionnelle. Si l’on s’adresse à notre interlocuteur en ces termes : « Non, Paul vous n’avez pas raison de penser que..., ce que vous dites est absurde..., il faut faire comme ça...».

Ces propos peuvent être ressentis comme étant très violents. Aussi, que peut ressentir la personne à qui ils sont adressés : culpabilité, frustration, injustice, non-reconnaissance, dévalorisation, jugement …? Mais aussi, notre attitude ne dénote–t-elle pas de l’irrespect et un besoin de supériorité ?

Se positionner dans une relation d’égal à égal, n’est-elle pas une marque de respect?

Utiliser un ton directif est « infantilisant » et n’est pas courtois, alors que l’on peut tout à fait faire passer une idée sans se montrer supérieur ou irrespectueux.

Par exemple en utilisant cette forme de vocabulaire: « oui Paul, ce que vous dites est très intéressant, mais ne croyez-vous pas qu’en agissant ainsi... ». Par cette forme de vocabulaire, nous l’amenons à la réflexion sans le braquer. Nous laissons une ouverture à la discussion et nous aurons ainsi, plus de chance qu’il adopte notre proposition, surtout s'il pense que cela vient de lui. Le « oui », montre que nous avons été attentifs à ce qu’il a exprimé, et le « mais », une forme « d’opposition » respectueuse à ce qu’il a dit.

Nul n’est parfait, c’est pourquoi il est préférable de s’abstenir de tout jugement, et aussi de se montrer au-dessus des autres.

Par exemple : si l’on dit : « tu es un(e) imbécile », cette affirmation peut être « violente » pour celui ou celle à qui elle est adressée. Elle sous-entend, une vérité, une réalité, un fait incontestable, qui peut laisser supposer que tout le monde peut penser que cette personne est imbécile. A travers ce jugement, si la personne laisse trop de place au regard de l’autre, elle peut se sentir déstabilisée et blessée, voir dévalorisée, humiliée ou même rejetée.

Cependant si l’on dit: « je trouve ton attitude imbécile », nous n’engageons que notre point de vue. C’est l’attitude qui est visée, pas la personne, de plus, ce n’est pas parce que nous trouvons son attitude imbécile, que c’est ce que pense tout le monde. D’autres personnes peuvent interpréter son attitude de différentes manières.

Le ressenti révèle des émotions

A travers le prisme du mental (ego), nous avons une perception personnelle du monde qui nous entoure, et nous le percevons en pensant que c’est ainsi qu’il est, alors que la réalité est parfois toute autre. Mais cette perception du monde fait notre réalité parce qu’elle touche notre émotionnel ; un monde très subjectif, de projections, de ressentis, d’émotions et de perceptions.

Par exemple il peut nous arriver dans une situation, d’extraire un détail et de faire abstraction du reste pour projeter sur les faits, nos propres conceptions, nos propres vérités.. En nous éloignant de la réalité, nous risquons de rester dépendants, des projections qui « colorent » notre inconscient mais surtout, nous risquons de perdre notre liberté intérieure. Cette confusion mentale obscurcit notre compréhension des « choses » ce qui nous empêche de percevoir la réalité telle qu’elle est.

Nous en faisons parfois l’expérience quand, après coup, tout s’éclaircit. Il arrive aussi qu’en ayant la réalité sous les yeux, nous ne la voyons pas. Certains sont même atteints d’une surdité psychologique et ne peuvent rien « entendre ». Ce serait tellement douloureux pour eux de l’admettre, qu’ils vont jusqu’à nier l’évidence.

Selon moi, l’émotion résulte de l’interaction, entre l’activation psychologique et l’interprétation que nous donnons à la situation dans laquelle elle est ressentie.

C’est une façon particulière de jouir et de souffrir, mais aussi de penser et de communiquer. Notre vie entière et nos conduites dépendent des sentiments que nous avons pour les choses, les personnes, les situations.

En ignorant les messages que nos émotions perturbatrices essaient de nous communiquer, nous les « subirons » et nous nous complairons à nous croire plus malheureux que tout le monde. De même que si nous essayons de nous dissocier des sentiments que nous éprouvons, nous ne modifierons ni notre regard, ni notre perspective et nous nous poserons inlassablement les mêmes questions. Par conséquent, pour ne pas rester à la merci des « tempêtes psychiques qui soufflent dans notre direction, acceptons les donc comme étant une aide.

En ayant pour habitude de ne rien prendre personnellement, nous pouvons appréhender chaque situation qui se présente à nous, avec toute l’observation et la compréhension nécessaire qui nous permettent d’agir avec bienveillance.

Par exemple auparavant, s’il arrivait qu’une personne nous insulte, cela pouvait nous agacer ou nous mettre en colère, car nous nous débattions dans des blessures d’ego. Avec notre transformation intérieure, cela n’a plus aucune prise, nous avons plutôt un sentiment de compassion pour l’autre que nous voyons en souffrance à travers ses attitudes. Nous sommes plus enclins à relativiser ce qui nous arrive. Nos actions ou réactions reflètent ce changement, car elles répondent à ce que nous pensons juste de faire. Nous assumons la pleine responsabilité de nos actes, car ils sont mûrement réfléchis.

Gagner en estime de soi

L’estime de soi permet de re/trouver la confiance en soi. Poser un regard bienveillant sur soi, implique d’accepter toutes les parties, tant nos parts d’ombre que de lumière, en s’acceptant tels que nous sommes. L’acceptation de soi nous unifie à nous-mêmes!

"C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devrait faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un." (Marcel Jouhandeau)

Cela demande d’être présent à soi-même. Nous devons savoir comment nous réagissons face à diverses situations et pourquoi. Par exemple, qu’est-ce qui fait que nous soyons en souffrance lorsque nous ne pouvons pas assouvir un désir ? Pourquoi laissons-nous les pensées nous tourmenter, etc.?

Ce qui fait notre dualité, c’est tout un processus d’émotions (désir/aversion, attraction/répulsion). Nous sommes comme le fer attiré ou repoussé par l’aimant. Notre liberté est relative, car elle est soumise à nos émotions que nous sommes contrains de ressentir lorsque nous les laissons avoir une prise sur nous. Lorsque nous ressentons du plaisir à une flatterie ou bien agacés ou en souffrances au moindre mot blessant, nous sommes sous l’emprise de l’ego. L’échec ou la réussite, les amitiés ou inimitiés, tout cela nous concerne personnellement, tout se joue en nous, entre nos pensées et émotions. C’est en nous que résident les causes de nos joies et de nos tourments, ce n’est pas au dehors.

« Considérez les occasions où votre chagrin et votre colère vous ont causé plus de souffrances que les faits eux-mêmes ». Marc-Aurèle

Cette citation nous invite à réfléchir sur l’interprétation que nous donnons au faits et sur l’importance que nous leurs donnons. L’autre n’a t-il pas sur nous que le pouvoir qu’on lui accorde?

Quelles que soient les circonstances, nous pouvons reconnaître notre subjectivité; les émotions qui nous emportent et à travers lesquelles nous nous identifions, qu’elles soient joyeuses ou tristes. La relativisation permet de fonctionner de manière apaisée quelle que soit ce que nous vivons. Cette sérénité nous la côtoyons déjà, car elle fait partie de nous.

Geneviève

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 11:14
Quand on ne s'est pas senti aimé!

Qu'il est difficile de donner ce qui n'a pas été reçu?

Ne s’étant pas senties aimées enfants, certaines personnes ont bien du mal à « aimer » à leurs tours. Il leurs est difficile de communiquer ce qu’elles n’ont pas reçu et pourtant, l’amour est là.

"Il faut apprendre à aimer. - Voici ce qui nous arrive dans le domaine musical : il faut avant tout apprendre à entendre une figure, une mélodie, savoir la discerner par l'ouïe, la distinguer, l'isoler et la délimiter en tant qu'une vie en soi : ensuite il faut de l'effort et de la bonne volonté pour la supporter, en dépit de son étrangeté, user de patience pour son regard et pour son expression, de tendresse pour ce qu'elle a de singulier ; - vient enfin le moment où nous y sommes habitués, où nous l'attendons, où nous sentons qu'elle nous manquerait, si elle faisait défaut ; et désormais elle ne cesse pas d'exercer sur nous sa contrainte et sa fascination jusqu'à ce qu'elle ait fait de nous ses amants humbles et ravis, qui ne conçoivent de meilleure chose au monde et ne désirent plus qu'elle-même, et rien qu'elle-même.
Mais ce n'est pas seulement en musique que ceci nous arrive : c'est justement de la sorte que nous avons appris à aimer tous les objets que nous aimons maintenant. Nous finissons toujours par être récompensés pour notre bonne volonté, notre patience, notre équité, notre tendresse envers l'étrangeté, du fait que l'étrangeté peu à peu se dévoile et vient s'offrir à nous en tant que nouvelle et indicible beauté : - c'est là sa gratitude pour notre hospitalité.
Qui s'aime soi-même n'y sera parvenu que par cette voie : il n'en est point d'autre. L'amour aussi doit s'apprendre. "
Friedrich Nietzsche

Il est difficile de transmettre ce que l’on n'a pas reçu et il faut du temps pour « apprivoiser» les gestes qui démontrent l’amour que l’on a au fond de soi qui est si difficile à communiquer lorsque l’on en a été privé ou pas ressenti dans ses « tripes ». Pourtant cela ne veut pas toujours dire que l’on a pas été aimé .

Ce qui souvent fait défaut quand on ne s’est pas senti aimé, ce n’est pas l’amour, mais les gestes d’amour comme l’étreinte qui est si difficile à donner, car il faut se confronter au contact, au toucher, alors que l’on a tellement besoin soi-même d’être « materné ».

Les bras ont un merveilleux pouvoir apaisant. Prendre une personne dans les bras calme ses peurs et ses angoisses, cela a un effet « maternant ». L’étreinte a des bienfaits thérapeutiques » sur l’organisme, c’est ce que les chercheurs auraient découvert. Un « gros » câlin venant du cœur, produit une hormone appelée "ocytocine", qui est aussi l'hormone de l'amour. L’étreinte a donc un « pouvoir » extraordinaire sur notre santé, sans compter qu’elle nous apaise et nous aide à nous détendre et à nous sentir en sécurité.

L’amour de soi s’apprend et s’apprivoise et nous sommes les seuls à pouvoir nous l'apporter.

Pour me faire Aimer

Pour me faire aimer, j'ai vraiment tout essayé,
J’ai même changé de personnalité,
mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai acheté la paix
Même si cette paix me troublait,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai pris tous les blâmes sur moi
Même si je n’en étais pas la cause,
Mais ça n’a rien donné

Pour me faire aimer, j’ai tout accepté
Même de pardonner l’impardonnable,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai accepté de me faire blesser verbalement
Sans jamais riposter,
J’ai saigné abondamment et j’ai léché mes plaies,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai consenti à me faire rabaisser
Plus d’une fois
Mais ça n’a rien donné

Pour me faire aimer, je n’ai rien dit afin de vous protéger
Et j’ai tout enduré,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, je vous ai comblé de cadeaux
Et vous en avez largement profité,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, je vous ai donné du temps
Que je n’avais pas,
Mais ça n’a rien donné

Pour me faire aimer, j’ai toujours fait les premiers pas
Même si vous saviez pertinemment que c’était à vous
De les faire
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai essayé de vous faire comprendre
Tout en douceur, de différentes façons,
Mon besoin de vous, mon besoin de votre amour,
Mais ça n’a rien donné

Pour me faire aimer,
j’ai finalement compris,
Après plusieurs années
de travail acharné,
Que c’est moi que je devais
tout simplement
Aimer…

Auteur inconnu

Geneviève le 14-01-2014

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 13:21
Le père Noël, une initiation au don

En cette veille de Noël, je viens vous partager un article que je trouve intéressant sur la symbolique du père Noël qui initie l'enfant au don.

L'esprit du don : le père Noël

Nourri par le mythe du plus grand don possible (un Dieu qui naît pour donner sa vie aux hommes), le « temps des Fêtes » est la période de l'année pendant laquelle l'univers du don, habituellement logé dans les interstices de la société moderne, vient occuper le devant de la scène. De ce fait, on y observe bien plus crûment que d'habitude les avantages et les inconvénients d'avoir des obligations et des liens sociaux. Les pauvres, ou les éclopés des rapports sociaux, détestent cette période et la fuient. Ils attendent avec impatience le retour des échanges froids, neutres, ce grand cadeau de la société marchande, où l'on paie tout et où l'on ne doit rien à personne, où l'on peut être seul sans être (trop) malheureux, sans éprouver le manque de relations. [...]

Vu l'importance de l'enfant dans l'univers moderne du don, nul ne sera étonné de constater qu'il est le personnage central de cette période des Fêtes : le don aux enfants est le rapport de don le plus soumis aux liens. Ce qui n'empêche pas l'un des phénomènes les plus étonnants du don moderne : le fait que les donateurs réels soient masqués, comme s'ils voulaient se soustraire à toute gratitude en introduisant un personnage mythique, étrange et évanescent, le père Noël. Ce phénomène est en expansion. [...]

Pourquoi les adultes jugent-ils tellement nécessaire que les enfants croient au père Noël, au point que beaucoup d'enfants font semblant d'y croire pour leur faire plaisir ? Pourquoi cet être, qui n'a qu'une seule fonction, donner, et qu'une existence éphémère ? Pourquoi ce dispositif, grâce auquel les enfants peuvent croire que les cadeaux ne viennent pas des parents ? [...] Comme si les parents cherchaient à se prouver à eux-mêmes qu'ils n'attendent aucune reconnaissance de ce don, qu'ils ne sont pas les « vrais » donateurs, en tout cas pas les seuls, que seul compte pour eux le plaisir éprouvé par l'enfant, qu'ils donnent uniquement par plaisir, même pas pour la reconnaissance, acceptant et faisant même en sorte que la reconnaissance soit dirigée vers un autre, irréel toutefois. Car la manifestation de plaisir du donateur est essentielle ; mais elle est dissociée, au moyen du père Noël, de la reconnaissance à l'égard du vrai donateur. [...] Comme dans le rapport de couple se profile ici la présence de l'étranger, là où on l'attendrait le moins.

Peut-être s'agit-il de libérer l'enfant de la dette si lourde qu'il a envers les parents. [...] Pour distinguer un don spécial des dons ordinaires, quotidiens, permanents que les parents font à l'enfant, et qui vont de soi ? Pour permettre à l'enfant l'apprentissage du don, de la gratuité, de la chaîne de transmission, pour lui permettre de vivre l'expérience d'un inconnu qui donne sans raison (même pas pour le motif d'avoir été sage, qui est aujourd'hui en voie de disparition ... ). [...]

Toutes ces raisons ne sont probablement pas sans fondement. Sans les exclure, les caractéristiques du personnage permettent d'avancer une hypothèse plus précise : celle de l'inscription du don dans la filiation. En français, le nom du personnage l'indique déjà : c'est un père. Le père Noël a une grande barbe, il rit d'une voix grave et prend les « petits enfants » sur ses genoux. Le père Noël ressemble à un grand-père. Le père Noël est un ancêtre. Il rétablit la filiation, le lien avec les ancêtres que la modernité rompt constamment. [...] Les cadeaux de Noël sont les premiers objets qu'un enfant reçoit de ses parents, dans sa vie, comme un don. Les derniers qu'il recevra constitueront l'héritage, à la mort des parents, quand ceux-ci iront rejoindre les ancêtres. [...]

Ainsi, les parents ne sont effectivement pas les seuls à donner. Le père Noël ouvre l'univers fermé de la famille moderne, rétablit un lien avec le passé, dans le temps, mais unit aussi les enfants à l'espace, au reste de l'univers. Il sort les enfants de leur petit monde, ouvre le réseau étroit dans lequel ils se situent habituellement. Le père Noël les relie au monde. C'est pourquoi il vient de si loin, du pôle Nord.

Jacques T. Godbout Sociologue, en collaboration avec Alain Caillé

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 12:53
Le besoin de reconnaissance

Une quête!

L’apparence est un critère important parmi les préoccupations de beaucoup d’individus et pour certaines personnes plus que d’autres. Celles qui sont en besoin de reconnaissance se préoccupent davantage de comment bien paraître car derrière, se cachent des manques qui cherchent à être comblés.

Pour trouver de la considération et de l’estime dans le regard de l’autre, certaines affichent une « image de façade », s’habillant selon la circonstance et adoptant des comportements de rigueur pour être conformes à la norme et aux exigences sociales de cette société de « l’image ».

Pour se faire apprécier, il leur faut ne pas déplaire et du coup, elles répondent aux attentes et désirs de l’autre, en se « niant » au besoin quelques fois.

Alors qu'il y en a qui se « fondent » dans le moule pour ne pas se sentir sous le « feu des projecteurs », d’autres au contraire pour attirer l’attention, vont adopter des comportements particuliers, voir même provocateurs ou exubérants. D’autres encore, vont se dévaloriser ou se sentir indignes d’être aimés...

Ainsi par exemple, pour se faire remarquer ou pour masquer leur mal-être, certains feront des pitreries, d’autres l’exprimeront en « sur-jouant » pour masquer une dévalorisation… D’autres encore, chercheront à se faire accepter en étant d’une gentillesse extrême..., à chacun sa manière d’être présent au monde.

Ce qui caractérise toutes ces personnes est un besoin de reconnaissance qu’elles cherchent parfois « désespérément » à travers le regard de l’autre, pour se sentir aimées, considérées, valorisées, sécurisées, acceptées… Elles ont souvent bien du mal à s’affirmer, à être en accord avec ce qu’elles sont ou ce qu’elles ressentent intérieurement. La raison à cela est la peur du jugement, la peur de déplaire, de ce que va penser l’autre, car elles sont sensibles à la manière dont elles sont perçues.

Combien d’entre elles aimeraient se montrer sans artifice, dans tous leurs états, sans avoir à se cacher derrière une apparence. Mais elles ont beaucoup de mal à cela, car même lorsqu’elles veulent s’affirmer, leur inquiétude demeure par peur d’être jugées ou de déplaire.

Nos propres jugements nous font imaginer tout un tas de scénarios de ce que pourrait penser l’autre, ce qui bloque toute initiative: « si je fais ceci ou cela, l’autre va penser de moi…. ». Personne ne peut savoir ce que pense l’autre, ni même comment il peut réagir, sa réaction peut être celle que nous n’attendions pas et elle peut bien nous surprendre.

Le besoin de reconnaissance en lien avec le manque d’estime de soi, estime qui se « construit » durant l’enfance.

L’estime de soi se construit selon la manière dont les parents et/ou les proches posent le regard sur l’enfant, lequel influence la manière dont l’enfant se perçoit lui-même. S’il se sent accepté, aimé, choyé, entouré, protégé, sécurisé…, il se sentira ayant de la valeur et digne d’être aimé, ce qui lui donnera une plutôt bonne estime de lui-même.

S’il acquiert une faible estime de lui, il se peut qu’il soit en proie au doute, manquant de confiance en lui et qu’il soit vulnérable au regard de l’autre, au travers duquel il se perçoit et dans lequel il cherche une reconnaissance. En proie à la critique ou à l’éloge, à la tolérance ou l’intolérance…, ce regard lui parait rassurant ou menaçant. S’il a une tendance à se dévaloriser, ne se sentant pas à la « hauteur », il peut se dire qu’il est nul et se sentir rejeté. Il sera affecté par son propre jugement qu’il rencontrera dans le regard de l’autre, sans avoir conscience que c’est lui-même qui renvoie cette image. De ses blessures de l‘enfance, en ressort une dépendance au regard de l’autre de laquelle il aura du mal à se détacher, car il aura besoin de se sentir exister dans ce regard.

Donner de l’importance au regard de l’autre, c’est lui donner du pouvoir sur soi.

Le « pouvoir » que nous lui accordons est parfois tel, que nous le laissons influencer nos actions. S’en remettre au regard de l’autre, c’est lui permettre d’émettre à notre encontre un jugement et de déterminer notre « valeur ». En donnant du crédit à son jugement, c’est aussi d’une certaine manière se « décrédibiliser » à nos yeux et manquer d’affirmation de soi.

Si la peur du jugement nous habite, n’est-ce pas parce que nous-mêmes sommes dans le jugement de l’autre et l’auto jugement, dans ce qui est « bien » ou « mal »?

Le regard de l’autre est le miroir de ce qui nous habite, il est le reflet de notre propre jugement et évaluation. Il est le révélateur de nos blocages, de nos fêlures, de nos dévalorisations et de notre système de pensées où il y a cette même propension, comme chez l’autre, à juger autrui.

Ce regard nous révèle, ce que nous n’osons pas regarder en soi, nos culpabilités, nos peurs, nos doutes, nos échecs, nos dévalorisations, nos refus, notre vision « positive » ou « négative » de soi et du monde…. Nous sommes face à une dualité : « moi et les autres », favorable/défavorable, rassurant/menaçant, sympathique/antipathique, plaisant/déplaisant…, en proie à la critique ou à l’éloge.

Sans connaissance de notre histoire personnelle, l’autre ne peut être objectif dans ses jugements envers nous. Il perçoit des aspects de notre personnalité et l’image que nous lui renvoyons, varie selon les circonstances de la vie. Il ne peut juger qu’en fonction de sa propre histoire, et son jugement et/ou regard dépendent de l’écho que cela connecte en lui (de ce que nous lui renvoyons).

Si nous sommes en phase avec ce que nous sommes et ce que nous dégageons, et ce quel que soit le regard que l’on nous porte, il nous appartient alors de donner ou pas, d’importance à ce regard. Nous avons simplement à l’accueillir avec détachement, manière de ne pas être ou de se laisser identifier à lui. Il nous appartient surtout d’améliorer l’estime de soi pour ne plus être affecté par le regard qui nous est porté. S’estimer, n’est-ce pas se re/connaître, s’apporter soi-même cette reconnaissance qui parfois fait défaut?

La précarité professionnelle et financière que beaucoup d’individus rencontrent avec la crise actuelle, génère des incertitudes et angoisses concernant l’avenir, d’où une perte d’estime de soi pour certains.

En « s’émancipant » du regard de l’autre, nous gagnons en liberté d’être.

Il est ici question de se libérer de « l’attachement » du regard de l’autre, d’arriver au lâcher-prise pour se sentir libéré de cette emprise. Cela revient à s’émanciper de ce qui domine notre esprit et l’obscurcit.

Ce que j’appelle s’émanciper du regard de l’autre, c’est accepter que ce regard soit parfois « critique », peu ou pas aimant et qu’il ait une perception peu plaisante de nous. De la même manière que nous acceptons avec joie ce qui nous plait, n’avons-nous pas aussi à accepter ce qui nous déplait? Si nous sommes affectés par ce regard, n’avons-nous pas à nous interroger sur ce qui a été touché en nous ? Si notre propre regard sur nous, n’est pas ou peu aimant, il n’y a rien d’étonnant à cela, que le regard de l’autre vienne en miroir, en réponse à cette image que nous avons de nous.

S’affranchir du regard de l’autre demande de faire un travail sur soi, de faire l’analyse de nos blocages; angoisses, peurs, sentiments, etc., mais aussi d’entraîner notre esprit à une nouvelle façon de percevoir positivement le monde qui nous entoure.

Nous devons apprendre à mieux nous connaître, à « entendre » ce qui résonne au plus profond de nous, à identifier nos forces et nos faiblesses et à « lâcher » les croyances qui nous limitent. N’aurions-nous pas à re/considérer par exemple que ce, que nous pensons être comme étant un échec, serait une expérience à travers laquelle chacun expérimente la vie pour son apprentissage?

Il nous faut donc avoir le courage de mettre un terme à tout ce qui peut nous causer du tourment et de s’affranchir de toute dépendance, terrain propice au mal-être. Nous devons apprendre à nous écouter, nous respecter et à nous ouvrir aux autres, en assumant ce que nous sommes, quitte à déplaire.

Ce qui compte surtout, c’est de gagner en estime de soi, qui permet de re/trouver la confiance en soi. Poser un regard bienveillant sur soi, implique d’accepter toutes les parties, tant nos parts d’ombre que de lumière, en s’acceptant tels que nous sommes. L’acceptation de soi nous unifie à nous-mêmes !

"C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devrait faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un." (Marcel Jouhandeau)

…………………………………………………………………………………………………..

Pour me faire aimer

Pour me faire aimer, j'ai vraiment tout essayé, j’ai même changé de personnalité.

Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai acheté la paix, même si cette paix me troublait.
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai pris tous les blâmes sur moi, même si je n’en étais pas la cause.
Mais ça n’a rien donné.

Pour me faire aimer, j’ai tout accepté même de pardonner l’impardonnable.

Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai accepté de me faire blesser verbalement, sans jamais riposter,
J’ai saigné abondamment et j’ai léché mes plaies.
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai consenti à me faire rabaisser plus d’une fois.
Mais ça n’a rien donné.

Pour me faire aimer, je n’ai rien dit afin de vous protéger, et j’ai tout enduré.
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, je vous ai comblé de cadeaux
Et vous en avez largement profité,
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, je vous ai donné du temps que je n’avais pas pour moi.
Mais ça n’a rien donné.

Pour me faire aimer, j’ai toujours fait les premiers pas, même si vous saviez pertinemment que c’était à vous de les faire.
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai essayé de vous faire comprendre tout en douceur, de différentes façons, mon besoin de vous, mon besoin de votre amour.
Mais ça n’a rien donné.

Pour me faire aimer, j’ai finalement compris, après plusieurs années de travail acharné, que c’est moi que je devais tout simplement AIMER…

Auteur inconnu

Geneviève

SUPERVISION - http://viadeo.com/s/dgQ33

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

http://www.laparenthese.chezvotrehote.fr

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 15:14
Tort ou raison?

Ah, ce besoin d’avoir raison... !

 

Dans une discussion, il n’est pas rare de rencontrer des personnes voulant toujours avoir raison.

 

Eckhart Tolle a écrit à ce propos: « Il n'y a rien qui renforce plus l'ego, que le fait d'avoir raison. Avoir raison, c'est s'identifier à une position mentale, un point de vue, une opinion, un jugement, une histoire. Mais bien entendu, pour que vous ayez raison, quelqu'un doit avoir tort. L'ego adore donc donner tort puisque cela lui donne le droit d'avoir raison. Autrement dit, vous devez donner tort aux autres pour acquérir un sens plus fort d'identité.

L'ego prend tout personnellement, ce qui suscite des émotions. Pensez-vous que vous défendez la vérité? Non, car la vérité n'a pas besoin d'être défendue. C'est vous que vous défendez, ou plutôt l'illusion de vous-même, le substitut créé par le mental».

 

Pourquoi ce besoin d'avoir raison?

 

 

Nous connaissons tous, autour de nous des personnes qui  ont besoin d’avoir toujours raison, quel que soit le sujet de conversation. Cette attitude déclenche parfois des querelles entre les interlocuteurs à un point tel, qu'ils peuvent se montrer vexants, blessants, grossiers.

 

 

Ce n’est pas tant d’avoir raison qui agace, mais l’insistance dont ces personnes font preuve à vouloir avoir toujours raison. Cette attitude n’est autre que pour satisfaire leur vanité et il est douloureux de la voir « blessée ».

Cette satisfaction ne vient-elle pas du fait qu’à tout point de vue et surtout du point de vue « intellectuel », il y a un besoin de se comparer aux autres ? Cela expliquerait la colère du vaincu lors de controverses, jusqu’à recourir parfois à la mauvaise foi pour ne pas « perdre la face ».

 

Les gens qui veulent sans cesse avoir raison, quel que soit le sujet, manquent bien souvent d’écoute, focalisés par leur  discours. Ils ont un avis sur tout et ne loupent aucune occasion pour montrer leur savoir. Se sont souvent des « donneurs de leçons » et ne supportent pas qu’on leur "tienne tête", vivant la moindre contradiction comme une attaque personnelle. Il n’y a rien d’étonnant qu’ils soient souvent appelés les « je sais tout ».

On dirait que l’important pour eux est de prendre l’ascendant sur leur interlocuteur, en feignant dans un premier temps  d’adhérer à son propos pour ensuite le prendre à défaut, en lui démontrant qu'il a tort. Ils ont souvent l’art et la manière d’amener une personne à douter, en posant des questions ciblées et une fois déstabilisée, il leur est plus facile de démontrer qu’ils avaient raison.

 

Quand on cherche à imposer ses opinions, sa vérité, n’est-ce pas se positionner "au-dessus" des autres ?

 

Cette attitude dans une relation de communication, n’est-elle pas pour montrer que l’on existe ? Cela ne marque-t-il pas aussi, un manque de confiance en soi ? Malgré le  rejet que cela peut engendrer, cette insistance à vouloir imposer son point de vue et ce malgré les avis contraires et qui peut même aller jusqu’à la colère voir l’hystérie, n’est-elle pas due à des peurs d’être incompris, pas aimé, rejeté… ? Ne trahit-elle pas un besoin de susciter à tout prix l’admiration d’autrui ?

 

Derrière cette quête de reconnaissance ne se cache t-il pas des blessures narcissiques ? Etaler son « savoir » n’est-il pas une manière de compenser une dévalorisation, une timidité…ou pour  masquer toutes autres faiblesses ? Ce besoin d’avoir réponse à tout, n’est-ce pas pour se rassurer sur sa propre valeur ? Le risque d’afficher la moindre lacune discréditerait et serait insupportable, se tromper serait alors vécu comme une humiliation.

 

Les gens « qui savent tout sur tout » prennent les choses très à « cœur » . La conséquence de ce besoin "égocentrique" chez celui qui veut toujours avoir le dernier mot et qui cherche à convaincre, peut produire des attitudes inverses à celles désirées. A trop vouloir "s'imposer" ou "imposer",  l'autre peut se sentir "agressé" voire, ignoré dans sa " vérité". Cette attitude peut agacer, voire exaspérer, allant même jusqu’à considérer que son opinion peut être jugée comme étant inférieure quoi que l’on dise. Il peut même arriver de ne plus avoir envie de communiquer intellectuellement avec ces personnes-là. Car, qui peut prétendre détenir avec certitude la "vérité absolue"?

N’est-il pas sage de se méfier des certitudes qui sont parfois trompeuses ? Ne laissons pas non plus les apriorismes et idées préconçues…, nous dicter la raison.

 

La "vérité" subjective

 

Dans une situation donnée où il y a plusieurs acteurs, chacun perçoit la scène à sa manière. Autrement dit, à travers sa subjectivité; ses émotions, son éducation, sa religion, ses ressentis… C’est ainsi que l’on perçoit le monde qui nous entoure. Cela veut dire que par rapport à notre monde intérieur très subjectif, nous avons tous, une façon très personnelle de percevoir les "choses", ce qui explique pourquoi nous ne sommes pas toujours en accord, sur l’interprétation d’un fait, d’une situation, etc.

 

Après être passé par tous ces filtres, nous sommes souvent convaincus que c’est notre manière de "voir" les choses qui est la bonne. La raison en est, que nous fonctionnons sur un mode de communication erroné fondé sur le jugement "tort ou raison", "bien ou mal", "vrai ou faux" etc.  Chacun défend son point de vue, selon sa perception. Mais qu’en est-il de la vérité?

 

Si nous considérons notre point de vu comme vrai, on peut alors accepter que notre interlocuteur considère le sien comme étant vrai aussi. Lorsque nous parvenons à entrevoir une autre réalité que la notre, nous nous apercevons qu’il y a en fait d’autres façons d’interpréter une situation. Nous pouvons ensuite accepter que chacun ait sa raison, sa vérité, sa réalité.

 

Avoir raison est-ce si important?

 

La base de la communication ne se fait-elle pas sur l’écoute, l’ouverture d’esprit et l’accueil de ce qui est dit, où chacun argumente sa pensée dans le respect ? Pour réfuter une controverse, n’est-il pas préférable de faire une démonstration par des argumentations "solides" de manière à dissiper tout "malentendu" ?

 

 

 "La paix vaut encore mieux que la vérité"  Voltaire 

 

En bonne intelligence, on peut trouver que la controverse est bénéfique dans le sens où elle permet aux deux parties de se faire de nouvelles opinions.

A moins que cela flatte l’ego, si nous pensons être dans le vrai, est-ce important d’avoir raison ? Après avoir argumenté du bien fondé de ce que l’on dit, cela ne sert à rien d’essayer de le démontrer, si en face il y a blocage. N’est-il pas mieux de terminer la conversation sur une note positive en acceptant que chacun ait un point de vue différent. Un bon communicant ne fait-il pas preuve d’humilité ?

 Il se peut qu’un jour le temps nous donne raison, car il faut parfois du temps pour intégrer les "choses", ou pour entendre lorsque l’on est atteint de "surdité psychologique", ou encore pour changer les mentalités.

Afin de ne pas se mettre à défaut, il vaut mieux éviter d’affirmer comme étant vrai un fait décrit par des médias ou autres, qui peuvent ne pas être objectifs. De même qu’il est préférable d’éviter d’essayer de convaincre sur des sujets tabous, voir "épineux", qui suscitent des désaccords.

C’est par l’échange d’idées que l’on peut s’enrichir et ce n’est pas honteux de reconnaître, si par cas nous sommes dans l’erreur, que nous étions dans une vision "étriquée" ou fausse.

 

Pour finir, voici un poème que je trouve bien à propos dont  il me semble que l'auteur est Raymond Devos

 

A  tort ou à raison

"On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort.
C'est difficile de juger.

 

Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde.
Jusqu'au jour où je me suis aperçu,
que la plupart des gens à qui je donnais
raison avaient tort !
Donc, j'avais raison !
Par conséquent, j'avais tort !
Tort de donner raison à des gens qui avaient
le tort de croire qu'ils avaient raison.
C'est-à-dire que moi qui n'avait pas tort,
je n'avait aucune raison de ne pas donner tort
à des gens qui prétendaient avoir raison,
alors qu'ils avaient tort !
J'ai raison, non ? Puisqu'ils avaient tort !
Et sans raison, encore ! Là, j'insiste, parce que ...
moi aussi, il arrive que j'aie tort.
Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas.
Ce serait reconnaître mes torts !!!
J'ai raison, non ? Remarquez ... il m'arrive aussi
de donner raison à des gens qui ont raison.
Mais, là encore, c'est un tort.
C'est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort.
Il n'y a pas de raison !
En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer
d'avoir raison devant des gens qui ont toutes
les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !"

   

Bien à vous

Geneviève

 

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  • : Ce blog est axé sur le thème du développement-personnel, son contenu (articles et poèmes) est en rapport avec ce thème.
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  • Geneviève MARTIN BOISSY
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. 
Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu

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