Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 11:48
Savoir garder son calme quoi qu’il arrive…

La "zénitude" à toute épreuve, utopie ou réalité?

Je sais c’est plus facile à dire qu’à faire, mais avez-vous remarqué chez certaines personnes, cette disposition à faire preuve d’un calme « olympien » en toutes circonstances ?

Quelles que soient les situations rencontrées, ces personnes « émanent » une sérénité à toute épreuve. Elles ne manifestent jamais de colère apparente et le ton de leur voix reste calme. Cela ne les empêche pas pour autant d’exprimer ce qu’elles pensent et de s’affirmer.

Faire preuve de sérénité et être imperturbable quoi qu’il arrive c’est possible, en s’appuyant sur un charisme qui permet d’agir avec discernement en toute rationalité, et sur une maîtrise de soi renforcée par une confiance en soi à toute épreuve.

La maîtrise de soi favorise le lâcher-prise. Cela implique d’avoir fait un travail sur soi, de manière à gérer des éventuelles émotions « perturbatrices » afin de ne pas se laisser dominer par elles.

Réagir par l’agressivité est un signe de faiblesse !

Cette attitude répond bien souvent à une impulsivité, une susceptibilité, ou encore à une vulnérabilité et/ou, à un ressenti d’agression. Il y a des personnes qui, dès la moindre remarque qui leur est désobligeante, répondent spontanément par l’agressivité. D’autres vont prendre sur elles et « contenir » leur ressenti de rancœur jusqu’au jour où, « ça » explose et part en « sucette », selon l’expression. Pour d’autres, l’agressivité est un mode d’expression, une manière d’impressionner et de s’imposer. C’est une sorte de protection qui cache une vulnérabilité.

« Qui triomphe de lui-même possède la force... » Lao-Tseu

C‘est en « luttant » contre nos « travers », en amenuisant l’emprise que l’ego a sur nous, que nous gagnons en liberté d’être.

Certains sports de combat tels que le judo ou le karaté aident à canaliser l’énergie. Leur philosophie est de tendre vers une maîtrise de soi, non pas en étant violent bien au contraire, mais en acquérant la sagesse qui mène à la maîtrise de soi et elle est vérifiable dans la vie de tous les jours. Pour aller vers cet objectif, s’y « travaille » entre autres : le recentrage, la respiration accompagnée du mouvement, l’ancrage, la stabilité, l’équilibre, la concentration, les réflexes, la confiance en soi et en l’autre, le dépassement des peurs…

Une maîtrise de soi permet de ne pas se laisser impressionner, ni dominer par des émotions perturbatrices. Elle favorise la pleine conscience, une présence à ce qui se passe en soi et autour de soi et avec une pleine possession de nos moyens physiques et intellectuels.

Par exemple, elle est présente face à un danger réel où là, nos actions répondent instinctivement à ce qui est juste de faire pour « Se » sauver . La présence est telle, qu’elle ne laisse aucune place à l’émotionnel, étant bien centré sur ce qui se passe.

Pour atteindre la maîtrise de soi, il est important de savoir gérer ses émotions.

Lorsque nous nous laissons dominer par des émotions, nous ne sommes pas à l’abri de «tempêtes psychiques » qui soufflent vers notre direction. La façon dont nous vivons les évènements de la vie, dépend de notre aptitude à les accueillir et nos émotions sont comme une boussole, elles sont une aide précieuse pour mieux nous percevoir. Notre attitude découle de ce que la « scène » nous renvoie, nous pouvons la vivre avec sérénité ou nous laisser affecter.

Lorsque nous nous laissons envahir par des émotions, peut-être avons-nous à nous interroger sur l’importance que nous leurs donnons. Pourquoi nous mettent-elles en souffrance? Pourquoi est-ce difficile de lâcher-prise, de relativiser…? Qu’est-ce qu’elles nous enseignent?

Si entrer dans la réalité de l’autre permet de le comprendre, il est cependant important de s’en dissocier, afin de ne pas « rentrer » dans son « jeu ». C’est pourquoi la manière de prendre les « choses » a son importance.

Quelles que soient les circonstances, nous avons le pouvoir de reconnaître notre subjectivité; les émotions qui nous emportent et à travers lesquelles nous nous identifions qu’elles soient joyeuses, tristes…. Tout dépend si elles conduisent au bien-être ou à la souffrance, l‘essentiel étant de les identifier pour éviter de leur donner libre cours.

Ainsi, lorsque nous sommes en présence d’une personne qui fait preuve d’agressivité envers soi, nous pouvons nous dire que ses propos ou attitudes dirigés à notre encontre, proviennent d’un individu profondément affecté. C’est à travers ce que nous-mêmes lui renvoyons qu’il exprime sa souffrance, car nous sommes tout comme lui, un « miroir » qui renvoie du « positif » et du « négatif ».

En ayant ce mode de penser, cela nous évite de lui en tenir rigueur.
Apprenons plutôt à comprendre pourquoi cette personne agit comme cela avec nous et pourquoi cela nous affecte. Nous pourrons peut-être nous rendre compte qu’il n’est qu’une cause apparente à notre souffrance, tout comme nous à la sienne.

« Considérez les occasions où votre chagrin et votre colère vous ont causé plus de souffrances que les faits eux-mêmes ». Marc-Aurèle

Cette citation nous invite à réfléchir sur l’interprétation que nous donnons au faits et sur l’importance que nous leurs accordons. L’autre n’a t-il pas sur nous que le pouvoir que nous lui donnons ?

Cet extrait de texte de Matthieu Ricard est éloquent: « Ne plus être esclave de ses émotions ».

« Ce qui marque votre progrès sur le chemin, c’est votre capacité à ne plus être l’esclave de vos pensées et émotions comme avant.

Vous êtes de plus en plus libre. Mais encore faut-il s’entendre sur cette notion de liberté. Le marin expérimenté, par exemple, est libre d’aller où il souhaite sans dériver sur les récifs, car il maîtrise son bateau. En revanche, celui qui lâche la barre, au nom de ce qu’il croit être la liberté, affirmant : “Moi, je laisse faire !”, celui-là finira sur les rochers. Cela n’est pas la liberté, c’est la dérive ! Et le lâcher-prise ne doit pas être confondu avec la dérive. Il s’agit de lâcher prise sur ses attachements, sur ses émotions nuisibles, mais pas sur sa vigilance et sa force d’esprit.

Une fois que l’émotion surgit, inutile de souhaiter qu’elle ne soit pas là : elle y est ! Vous n’avez d’autre choix que de reconnaître sa présence. Simplement, il s’agit de savoir ce que vous faites d’elle : est-ce que vous la laissez passer dans le ciel comme un oiseau qui passe sans laisser de trace ? Auquel cas, elle ne fera de mal à personne, et dix, cent ou mille autres peuvent bien venir, le ciel restera toujours le même. Ou est-ce que vous vous y agrippez et la laissez envahir votre esprit ? Alors vous en devenez l’esclave.

Toutes les études en neurosciences confirment que si vous laissez exploser une émotion à chaque fois qu’elle vient, vous renforcez votre tendance à cette émotion, c’est-à-dire que vous la ressentirez plus facilement et plus souvent. Et cela vaut tout autant pour la colère que pour la compassion. »

Pour aller vers une « maîtrise de soi », l’affirmation de soi est indispensable car elle ouvre la voie à la confiance en soi.

"C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devrait faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un." Marcel Jouhandeau

Pour que des changements soient durables en nous, nous avons à être vigilants pour pouvoir accueillir ce qui vient à nous, avec « détachement » et objectivité. En ayant pour habitude de ne rien prendre personnellement, nous pouvons appréhender chaque situation qui se présente à nous, avec toute l’observation et la compréhension nécessaires nous permettant d’agir avec respect et bienveillance, et non en réaction.

Par exemple si auparavant il arrivait qu’une personne nous insulte, cela pouvait nous agacer ou nous mettre en colère, car nous nous « débattions » dans des blessures d’ego. Avec notre transformation intérieure, cela n’a plus aucune prise, car nous avons plutôt un sentiment de compassion pour l’autre que nous voyons en souffrance à travers ses attitudes. Nous sommes plus enclins à relativiser ce qui nous arrive et nos actions reflètent ce changement, car elles répondent à ce que nous pensons « juste » (dans le sens écologique) . Cela ne suscite aucun regret, car nous assumons la pleine responsabilité de nos actes ou paroles, ceux-ci étant mûrement réfléchis et non en réaction qui fait de l’autre, le responsable. Notre manière de voir « les choses » et de fonctionner, change. Une transformation intérieure s’opère dans notre manière d’accueillir ce qui vient à nous.

La maîtrise de soi passe nécessairement par l’affranchissement du regard de l’autre.

Cela demande de faire l’analyse de nos blocages; angoisses, peurs, sentiments, etc., mais aussi d’entraîner notre esprit à une nouvelle façon de percevoir « positivement » le monde qui nous entoure.
Nous devons apprendre à mieux nous connaître, à « entendre » ce qui résonne au plus profond de nous, à identifier nos forces et nos faiblesses et à « lâcher » les croyances qui nous limitent.
Cela suppose que nous ayons le courage de mettre un terme à tout ce qui peut nous causer du tourment et de nous affranchir de toute dépendance propice au mal-être. Nous avons à apprendre à nous écouter, nous respecter et à nous ouvrir aux autres, en assumant ce que nous sommes, quitte parfois à déplaire.

Ce qui compte surtout, c’est de gagner en estime de soi, car elle permet de re/trouver la confiance en soi. Poser un regard bienveillant sur soi, implique d’accepter toutes les parties de soi, tant nos parts d’ombre que de lumière, en s’acceptant inconditionnellement et tels que nous sommes. Il n’y a que du bien être à éprouver, puisque l’acceptation de soi nous unifie à nous-mêmes.

L’affirmation de soi ce n’est pas de s’imposer, c’est de ne plus se « nier » ou nier des désirs par peur de déplaire. C’est être en accord avec soi-même, en agissant selon ce que l’on ressent de faire. S'ouvrir à soi, favorise l’ouverture à autrui, générant des attitudes altruistes et cela n’implique en rien que l’autre l’accepte et/ou y réponde.

La prise de conscience à elle seule ne suffit parfois pas pour aller vers le changement.

Après une prise de conscience, la vision se « clarifie » et n’est donc plus la même. Il est des changements qui « s’imposent » de fait. La prise de conscience si elle n’est pas accompagnée d’une mise en mouvement, ne reste qu’au niveau intellectuel.

Il ne suffit pas de prendre conscience que la réalité est soumise à interprétations et que c’est à travers le prisme de notre monde émotionnel que nous donnons un sens à la réalité (que nous l'interprétons, lui donnons de l’importance ou pas, nous jugeons si c’est bien ou mal…), car même si cela nous ouvre à des re/mises en question, il est parfois difficile de se mettre en action lorsque certains blocages persistent, nécessitant d’autres prises de conscience.

« Remerciez vos ennemis, ils sont vos plus grands maîtres. Ils vous apprennent à faire face à la souffrance et à développer la patience, la tolérance, la compassion, sans rien attendre en retour ». Dalaï Lama

Relativiser, est un excellent moyen de garder son calme!

Relativiser est la capacité à prendre de la distance sur les évènements. C’est savoir rester «zen» même dans les situations les plus difficiles, comme par exemple face à l’agressivité. Relativiser, c’est ne pas donner d’importance à ce qui arrive. En prenant du recul sur les situations, nous accueillons ce qui vient à nous avec « détachement » et cela évite de se laisser « emporter » par des émotions auxquelles bien souvent beaucoup s’identifient, ce qui enlève toute objectivité.

“Le Zen peut faire puiser à la source de la force et de la tranquillité du corps et de l’esprit mieux qu’aucune des religions et aucun des Arts martiaux. Maître Masanori YUNO

En lien avec cette "zénitude", je vous invite à découvrir cette histoire écrite par Mishotsu disciple de Lao Tseu, au sujet des coqs de combat :

« Le combat de coq !

Un roi désirait avoir un coq de combat très fort et il avait demandé à l’un de ses sujets d’en éduquer un. Au début, celui-ci enseigna au coq la technique du combat. Au bout de dix jours, le roi demanda : « Peut-on organiser un combat avec ce coq » ?

Mais l’éducateur répondit : « Non, non ! Il est fort certes, mais cette force est « vide », il veut toujours combattre. Il est tellement excité que sa force est éphémère».

Dix jours plus tard, le roi demanda de nouveau à l’éducateur : « Alors, maintenant, peut-on organiser ce combat ?

« Non ! non, pas encore. Il est encore passionné, il veut toujours combattre. Quand il entend la voix d’un autre coq, même d’un village voisin, il se met en colère et veut se battre ».

Après dix nouvelles journées d’entraînement, le roi refait la même demande : « A présent, est-ce possible »?

L’éducateur répondit : « Maintenant, il ne se passionne plus, s’il entend ou voit un autre coq il reste calme. Sa posture est juste, mais sa tension est forte. Il ne se met plus en colère. L’énergie et la force ne se manifestent pas en « surface ».

Le roi demanda enfin : « Alors, c’est d’accord pour un combat » ?

L’éducateur répondit : « Peut-être » !

On amena de nombreux coqs de combat et on organisa un tournoi. Mais les coqs de combat ne pouvaient s’approcher de ce coq. Ils s’enfuyaient, effrayés ! Aussi n’eut-il pas besoin de combattre.
Ce coq initié au combat avait dépassé l’entraînement du « *wasa ». Il avait intérieurement une forte énergie qui se traduisait par une force tranquille qui impressionnait ses adversaires. »

« * le Wasa regroupe l’ensemble des connaissances sur les mouvements spécifiques au combat pratiqué, impliquant les geste d’attaque, de défense, de parade, de feinte, d’enchaînement et bien d’autres. »

Geneviève

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 10:11
LES CONSÉQUENCES D'UN MANQUE DE COMMUNICATION!

MONSIEUR ET MADAME PRÉSUME

Cette histoire qui suit évoque ce que le manque de communication peut engendrer comme conséquences.

Monsieur et madame Présume s’aimaient tendrement.
Un beau soir, monsieur Présume eut un violant mal de dos. Il présuma que cela allait guérir sans médicaments et il présuma que s’il le disait à madame Présume, elle s’inquiéterait, alors il ne le fit pas.

Madame Présume constata qu’il avait l’air distant. Elle présuma qu’il avait des soucis et qu’il ne voulait pas les partager avec elle. Elle présuma que si elle lui demandait ce qui n’allait pas, il ne le dirait pas, alors elle n’en fit rien.
Monsieur Présume présuma que madame Présume était trop centrée sur sa petite personne pour s’apercevoir qu’il ne se sentait pas du tout bien et il fut un peu vexé. Il dit " bonsoir " et monta se coucher, un peu fâché.

Madame Présume présuma qu’il était fatigué d’être en sa compagnie et elle présuma qu’il valait mieux le laisser seul avec ses pensées. Elle répondit " bonsoir. " Ils demeurèrent là, un peu fâchés, couchés dos à dos. Les deux ruminèrent leurs présomptions et s’endormirent très tard et très frustrés.
Le matin arriva rapidement et lorsque la sonnerie du réveil se fit entendre, monsieur Présume, qui manquait de sommeil, rageait. Il présuma que madame Présume, elle, avait bien dormi et présuma qu’elle ne voulait pas se lever pour déjeuner avec lui, parce qu’elle préférait se prélasser au lit.
Madame Présume sentant, par les mouvements brusques de monsieur Présume, qu’il était marabout, présuma qu’il aimait mieux ne pas avoir à parler à personne et elle fit semblant de dormir pour le laisser en paix.

Cet avant-midi là, il y eut trois appels téléphoniques chez les Présume et, chaque fois que madame Présume répondait " Allo ", la personne au bout du fil raccrochait. Madame Présume présuma que ce n’était pas à elle que cette personne voulait parler. Elle présuma donc que les appels étaient pour monsieur Présume et que si la personne ne le demandait pas comme il se doit, c’était parce qu’elle ne devait pas savoir de qui l’appel provenait. Elle pensa aux airs songeurs de monsieur Présume de la veille et elle présuma que cela pouvait avoir rapport avec ces appels. Peut-être avait-il une liaison amoureuse ? Et elle présuma qu’il ne voulait pas lui en parler mais que cela le rendait songeur.

Tout ce scénario lui trotta dans la tête toute la journée. Monsieur Présume devait rencontrer un gros client pour le souper, il téléphona à la maison pour avertir madame Présume. Elle répondit sèchement, parce qu’elle ne le croyait pas. Elle présuma qu’il allait rencontrer la nouvelle flamme qui lui téléphonait et qui raccrochait. Monsieur Présume, la ressentant de mauvais poil, présuma qu’elle vivait ses symptômes prémenstruels et raccrocha rapidement pour la laisser en paix.
Madame Présume, constatant qu’il semblait pressé de raccrocher, présuma qu’il avait hâte d’aller retrouver sa nouvelle flamme et là, la peine, la colère et l’agressivité s’emparèrent d’elle. Elle présuma qu’il allait rentrer tard. Elle n’en pouvait plus, elle se changea, s’habilla et elle écrivit une note sur la table qui disait : " À mon tour de m’amuser ", et elle prit la route pour décompresser un peu.

Monsieur Présume lui, coupa court à son souper d’affaires et revint aussitôt à la maison en présumant que madame Présume serait là et qu’il lui raconterait son mal de dos et sa fatigue. Lorsqu’il vit la note sur la table, il ne comprit pas vraiment ce que cela voulait dire, mais il présuma que madame Présume profitait du fait qu’il devait travailler tard pour aller faire la fête dans les bars de la ville. Il présuma qu’elle faisait ça chaque fois qu’il avait un souper d’affaires. Il était fou de rage.

J’ai entendu dire, qu’aujourd’hui, monsieur et madame Présume sont divorcés parce qu’ils ont trop présumé. Je présume qu’ils ont appris qu’au lieu de présumer, il était préférable de communiquer.
Auteur inconnu

…………………………………………………………………………………………………................

IL N’Y A PAS MIEUX QU’UNE BONNE COMMUNICATION POUR ÊTRE COMPRIS !

Cette histoire est le reflet de ce qui se passe dans bien des esprits et relations de couples à l’image de ce couple qui s’aime « tendrement ». Un non-dit qui part pourtant d’un bon sentiment. L’homme ne dit rien de son mal de dos, car il présume que cela pourrait inquiéter son épouse, mais les non-dits et interprétations s’enchaînent…. , jusqu’à la détérioration de leur relation.

Le meilleur moyen de se faire comprendre est le dialogue et non un monologue que l’on entretient avec soi-même en se focalisant sur des ressentis qui font le « jeu » de l’ego et qui deviennent insidieusement des « affirmations », en n’écoutant » que ce discours intérieur.

Combien sont ceux qui se font tout un scénario dans leur tête, en s’imaginant ce que l'autre pense ou fait, sans avoir exprimé le moindre mot. Il y a ceux qui doivent trouver les mots pour « le » dire, pas si facile à faire lorsque ces mots sont « retenus » par des blocages. Il y a ceux qui « parlent » à demi-mots et il faut deviner leurs pensées. Il y a ceux qui s’imaginent que l’autre doit absolument savoir ce qu’ils pensent, sans qu’ils aient besoin de dire le moindre mot….
Le manque de communication peut mener vers des situations qui pourtant ne sont pas celles souhaitées, alors qu’une bonne communication mène à la complicité.

La base d’une « bonne » relation quelle qu’elle soit, amicale, amoureuse, professionnelle, se fait sur une confiance réciproque et sur une communication « ouverte », dans le sens où ce qui est exprimé est accueilli.

Au-delà de ce qui se passe dans les relations de couple, chacun me semble t-il est concerné par cette manière de penser. Qui n’a jamais interprété une attitude en présumant ceci ou cela?
Il y en a même qui mettent fin à une relation à cause de l’interprétation qu’ils font d’une situation, sans avoir pris soin de vérifier ou de communiquer leurs ressentis auprès de la ou les personnes concernées. N’est-il pas mieux de s’expliquer pour comprendre?

COMMENT SABOTER LA COMMUNICATION de Y.A.Thalmann

1. Interrompez votre interlocuteur, coupez-lui la parole (de toute façon, vous savez déjà ce qu'il va dire).
2. Faites autre chose en même temps que vous l'écoutez, vous gagnerez ainsi du temps.
3. Repérez ses maladresses et faites-les lui savoir. Pourquoi continuer d'écouter quelqu'un qui peut se tromper ?
4. Cherchez le sens caché des messages de votre interlocuteur. Vous verrez, il essaie très souvent de vous dénigrer.
5. Si vous avez des doutes sur ses motivations, le mieux est de penser qu'il agit ainsi exprès pour vous embêter.
6. Soyez méfiants. On le sait, l'homme est un loup pour l'homme.
7. Accusez-le, c'est la meilleure chose à faire pour l'amener à changer.
8. Jugez-le. Après tout, vous avez plus de recul que lui pour voir clairement qui il est vraiment.
9. Plaignez-vous, afin qu'il se sente coupable et change par lui-même (vous avez fait suffisamment d'efforts, maintenant c'est à lui de changer).
10. Utilisez l'ironie. Si cela lui déplaît, vous pourrez toujours répliquer qu'il n'a pas le sens de l'humour.
11. Faites-lui comprendre vos intentions sans parler. Inutile de se fatiguer à faire des phrases qu'il risquerait de ne pas comprendre.
12. N'exprimez jamais vos sentiments. Seuls les faibles le font.

LORSQUE LES MOTS NE PEUVENT SORTIR !

C’est parfois tellement douloureux pour certaines personnes de se remémorer ce qui les a "blessés", qu’en parler est au-dessus de leur capacité du moment et ces mots/maux, restent alors contenus dans une souffrance indicible.
Il faut savoir accueillir cette communication interne non exprimée, car ce qui n'est pas dit ou à demi-mots, "transpire" à travers le corps. Le visage et surtout les yeux, en sont l'expression.

Celui ou celle qui est dans l' accueil de cette communication perçoit surtout avec son cœur ce qui essaie de se dire. Car durant ces instants de présence à l’écoute de l’autre, on en oublie le Soi !

Pour finir voici un texte que je trouve intéressant sur la difficulté à dire les mots.

J’AI MAL A MES MOTS

« J’ai trop souvent mal à mes mots, je ne m’entends pas bien avec eux, on dirait qu’ils sont contre moi… Quand je suis devant quelqu’un que je ne connais pas, mes mots se dérobent, foutent le camp, ne veulent jamais dire exactement ce que je pense ou ce que je sens. Quand ils veulent bien sortir, ils arrivent en pagaille, dans le désordre, comme s’ils prenaient plaisir à s’embrouiller, se mélanger, et me mettent mal à l’aise. Et je sens que chez l’autre ça ne passe pas, ce n’est pas bien reçu, ça cafouille aussi chez lui.
Parfois mes mots sortent de ma bouche avant que je le veuille, ou se cachent au fond de ma gorge, se crispent, se recroquevillent et refusent de sortir. J’ai en moi des mots morts de trouille qui n’osent pas se dire.

Le plus difficile, c’est de sentir que les mots que j’utilise, en classe, avec les copains, mes parents, ne sont pas les miens, que se sont des mots copiés, répétés bêtement, qui appartiennent à d’autres. J’ai emprunté comme ça plein d’expressions “en conserve”, des phrases toutes faites. Mais elles ne sont pas à moi, elles me servent à ne pas paraître trop con devant les copains. Elles me donnent un style, un genre. “Mauvais genre”, dit ma mère, mais elle ne comprend rien. Elle aussi se tait devant mon père. Lui n’a pas besoin de mots, il lui suffit de gueuler. Les mots, il ne connaît pas, il ne connaît que les coups.

Moi, je voudrais que les mots soient à mon service, qu’ils m’aident à dire tout ce qui est au fond de moi, et que l’autre, en face, arrête de faire comme s’il comprenait, et qu’il les entende vraiment et se laisse entraîner par eux.
Avec des mots à moi, j’aimerais dire ce qui va, ce qui ne va pas, ce que j’aimerais et surtout ce que je sens. C’est terrible d’être obligé de tout garder pour soi, tout ce qui tourne en rond dans ma tête, dans mon corps, tout ce que j’imagine, des tas d’images, des pensées malsaines, mais aussi des trucs bien, des bouffées de colère, d’amour. Enfin, tout ce qui circule, s’agite, se bouscule. La rumination, ce n’est pas bon ! Mon copain, celui qui a tué sa copine avant les vacances, les journaux ont dit que c’était parce qu’il avait trop regardé la vidéo de “Scream”. Ce n’est pas ça. Tous ceux de ma classe ont regardé “Scream” plusieurs fois ! On sait que c’est du cinéma, du ketchup, des effets spéciaux…

Le plus éprouvant, c’est qu’on ne peut pas, on ne sait pas parler de ce que l’on voit, qu’on n’arrive pas à partager nos sentiments, ce qu’on ressent, toute la merde qui s’agite en nous. Alors on garde tout et, un jour, ça explose ! C’est les mots non dits qui font le plus de dégâts. J’avais commencé un carnet, avec des mots qui me plaisaient, j’en avais plein, mais après il faut savoir les placer, les mettre au bon endroit. Et puis les copains, quand je tentais d’en sortir un ou deux, me regardaient d’un drôle d’air.
Un jour, ma mère a dit en pleurant : “Ce qui m’aura le plus manqué dans la vie, c’est d’avoir des mots à moi pour dire ce que j’aurais voulu montrer de moi sans en avoir honte…”
Alors, je ne sais plus, j’attends, j’aimerais pouvoir inventer des mots… »
Auteur inconnu

N’oublions pas que tout ce qui est présumé est imaginé et n’est pas vérité, cela demande donc à être vérifié! C’est un préjugé qui relève de la subjectivité animée par des émotions et ressentis, que l’on tient pour vérité. Cela peut être guidé par l’orgueil, la haine, l’amour, les habitudes, coutumes… Car on ne « voit » pas avec les yeux, mais à travers le prisme de nos émotions aidé par nos sens.
De même que ce qui est lu est interprété.

Geneviève

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans Article
commenter cet article
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 08:18
Un jour, le soleil se levant me fit un signe de ses rayons

Je vous partage ce magnifique texte de Jacques Salomé: "Un jour, le soleil se levant me fit un signe de ses rayons".

Je ne compris pas tout de suite. Mettez-vous à ma place : je ne savais pas ce qu'il me voulait ! Il m'invitait à le suivre, mais sur le pas de la Porte -des-Habitudes, je n'osais pas bouger.

Pourtant, après quelques instants d'hésitation, je fis deux pas en avant et.... clac ! La Porte des Habitudes se referma ! Prise de panique, je revins sur mes pas, mais il n'y avait rien à faire, toutes mes tentatives furent vaines. La porte refusait obstinément de s'ouvrir.

Je m'assis, la tête dans les mains, et me mis à pleurer. Le soleil m'envoya un petit rayon câlin, brillant juste ce qu'il fallait pour ne pas m'effrayer, il ne me restait plus qu'à le suivre.
Je me mis lentement en route. Je demandai au soleil de me promettre de ne pas m'abandonner, de rester toujours près de moi, mais il ne me répondit pas. Je ne savais que penser. Je n'étais pas très rassurée.
Je regardais souvent en arrière, mais la Maison du Passé devenait de plus en plus petite, de plus en plus floue.

Je n'avais pas eu le temps de faire mes bagages avant de partir, mais j'avais des réserves sur moi: quelques bonnes vieilles et énormes peurs, des divers complexes, et aussi beaucoup de manques dont les deux principaux : Manque de Tendresse et Manque de Confiance en Moi.
Je pouvais compter sur eux tous, ils répondaient toujours présents. Au début, cela me rassura un peu, je restais en pays de connaissances.

Chemin faisant cependant, une peur me lâcha, une petite, je ne m'en aperçus pas tout de suite. Puis une deuxième à son tour s'en alla, une troisième suivit de près. Cela devenait inquiétant. Si elles me laissaient toutes tomber, comment me reconnaîtrais-je ?

Je ne pouvais plus les rattraper, mais je me promis de veiller sur les autres. Si elles pensaient que j'allais me laisser faire, elles se trompaient lourdement. Mes complexes, eux, étaient fidèles, ils ne me quitteraient pas de sitôt ! Et les manques ne risquaient pas d'être comblés trop vite, j'étais vigilante !
Cependant, mon inquiétude se transforma en angoisse le jour où je constatais que le Manque de Confiance en Moi avait les traits tirés. Je tentai aussitôt de le fortifier en lui montrant, en toute lucidité, tous mes défauts. Rien n'y fit, au contraire. A peine un défaut s'annonçait-il qu'une qualité que j'ignorais, à qui je n'avais jamais adressé la parole, qu'une qualité nouvelle venait à sa rencontre. Le défaut pâlissait, s'éloignait, se recroquevillait et bientôt n'occupait plus qu'une toute petite place. Malgré tous mes efforts, plus le Manque de Confiance en-Moi s'étiolait, dépérissait, plus les peurs filaient.

Le Manque de Tendresse se manifesta, d'abord timidement, puis de plus en plus fort, jusqu'à se faire remarquer. Au début, il n'y avait que moi qui l'entendais, mais il réussit à soudoyer ma bouche pour pouvoir s'exprimer et demander ainsi à être comblé.

Je fis des demandes incroyables dont certaines furent entendues.
Devant cette débâcle, je ne savais plus ni qui j'étais, ni qui j'aimais, ni où j'allais ! Par moments, je ne voyais même plus le soleil, il me fallait alors le chercher et j'avais l'impression qu'il ne reparaîtrait jamais.

Peu à peu, je remarquais cependant que je pouvais continuer à avancer même s'il n'était pas là. Il avait laissé en moi quelques uns de ses rayons ! Mais j'avais encore besoin de recharger mes batteries, il me fallait encore souvent m'assurer qu'il n'était pas trop loin.
Je n'avais pas compris que je pouvais moi aussi devenir soleil, rayonner aussi un jour !

Il m'a fallu du temps. J'avais eu besoin que le soleil me montre la Voie, qu'il ait beaucoup de patience, beaucoup de douceur, pour que je puisse enfin vivre par moi-même. Pour que j'ose partir plus loin, pour que j'accepte aussi de le laisser éclairer d'autres personnes, Oh ! Cela ne veut pas dire que je n'aie plus envie de sa présence, mais simplement que je le suivais par besoin.

Aujourd'hui, je peux m'éloigner de lui par Amour. Le soleil m'a aidé à comprendre qu'il n'était pas possible d'aimer sans une autonomie personnelle.
Dans ma vie actuelle, je sais qu'aimer, c'est être heureux pour que l'autre puisse être heureux sans moi !

Geneviève

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans article
commenter cet article
27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 17:07
L'Arbre à nu

Il était une fois au beau milieu d’une clairière, une jeune pousse d'arbre sorti de terre. Cette petite brindille fragile se confondait avec les touffes d'herbes alentours.

Tel un nouveau-né, il scrutait toute la végétation avoisinante, monde étrange et varié qui l’entourait. Aussi, le mouvement des branchages et des nombreuses fleurs qui s’ouvraient le matin et se refermaient le soir.

Il était parfois inquiet et curieux à la fois des abeilles qui vrombissaient en butinant et des oiseaux qui sifflaient en haut des branches.

Bien qu'une année se soit écoulée, cette petite brindille d'arbre commença à se comparer aux arbres voisins. Hauts et majestueux, avec des branchages somptueux et verdoyants, tantôt fleuris, tantôt remplit de fruits magnifiques attirant tous les soins et l'affection du paysan du lieu.

Très vite, notre jeune pousse s'angoissa en regardant sa si petite taille, son écorce et ses petites feuilles si différentes de ses magnifiques aînés. Le paysan ne faisait jamais attention à lui. Il se sentit insignifiant et dans l'incapacité de croître à la mesure des arbres qui l'entouraient.

Une année s’écoula et, ayant grandi, il était devenu un petit rameau portant quelques tiges. Il se rendit compte qu’il n’était pas un brin d’herbe comme il l’avait crû tout d’abord, mais un arbre et se mit à observer plus attentivement ses aînés.

Alors, se sentant nu, il se laissa envahir par la ronce et le lierre pour dissimuler sa honte d'être si petit, de ne pas être capable d'avoir des fruits, d'être inutile aux regards des autres. Son ressentiment était tellement fort qu'il ne donna ni fleurs ni fruits pendant plusieurs années, caché sous un immense buisson de ronces et de lierres enchevêtrés.

Un jour, le paysan décida de se débarrasser de cette montagne de ronces au beau milieu de sa clairière. Il tailla et coupa pendant une journée pour en venir à bout, laissant pour le lendemain la coupe de l'arbre nu.

Mais le brave paysan tomba malade durant plusieurs jours et remis donc son ouvrage à plus tard le temps de se refaire une santé.

Prenant conscience de sa nudité malgré la corpulence qu'il avait acquit durant ces dernières années, il décida enfin à faire pousser un épais feuillage et une multitude de fleurs au bout de ses rameaux.

Il comprit que ne produisant rien, ne donnant rien, il était devenu inutile et que le projet du paysan d'en faire du bois de chauffage était légitime.

Ainsi, quand le paysan réapparut avec sa hache et découvrant à la place du tronc inutile un magnifique amandier, il ne trouva plus aucune raison de l'abattre. Il le laissa donc, trop joyeux du miracle qui s’était produit.

Désormais, tous les étés, les enfants du paysan viennent et dégustent ses fruits savoureux tout en se chamaillant joyeusement.

L'arbre compris que pour être grand il fallait commencer par accepter d'être petit et de découvrir chaque étape de sa vie avec patience. Il comprit aussi qu'il ne fallait pas se comparer mais plutôt découvrir sa propre nature. Ne pas être dans la rétention, l'avarice mais être dans le don.

Auteur inconnu

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans contes
commenter cet article
26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 14:48
La jalousie !

La jalousie, une maladie!?

« La jalousie est de toutes les maladies de l’esprit celle à qui le plus de choses servent d’aliment et le moins de remède. » Montaigne

Par définition, la jalousie est un sentiment qui se manifeste par un état d’esprit d’attachement, d’exclusivité ou d’envie. Elle peut être fondée sur un désir de « possession» sans partage de la personne aimée et sur la crainte de la perdre, engendrée par une dépendance affective.

Ce sentiment peut rendre envieux des possessions et réussites d’autrui, mais aussi coléreux, possessif et haineux et il fait ressentir l’infidélité comme étant une trahison.

C’est une « blessure » qui fait souffrir et qui parfois, fait convoiter le bonheur d’autrui, se réjouir de son malheur ou empêche de se réjouir de son bonheur.

Certaines personnes considèrent la jalousie comme étant une preuve d’amour, sans doute que cela flatte leur ego, mais il y a dans la jalousie plus d’amour propre que d’amour, puisqu’il n’est pas dénué d’intérêt personnel. De plus, baser la jalousie pour preuve d’amour est quelque part « malsain », car cela peut mettre en danger le couple et engendrer une possessivité, sans compter les surenchères pour rendre jaloux le ou la partenaire.

Néanmoins, lorsqu’il y a une fragilité qui menace le couple créant une ouverture à l’infidélité, la jalousie peut parfois permettre une remise en question et contribuer à maintenir la relation intime.

"Un peu de jalousie éveille un amour heureux qui s'endort." Madame Deshoulières

Il faut noter qu’une « bonne » communication favorise une bonne entente dans un couple. Lorsque l’on fait preuve d’ouverture et de compréhension, cela aide à traverser les épreuves quelles qu’elles soient sans violence, ni heurt.

Les personnes jalouses et possessives ont tendance à « serrer » pour garder leur partenaire, et cela a pour effet, l’inverse de ce qu’elles souhaitent. Car cette attitude « oppresse » et crée un besoin de liberté.

La jalousie est à l’image du sable que l’on veut garder dans la main, plus on le serre et plus il s'échappe entre les doigts. C’est en ayant la main ouverte, que l’on peut garder le sable, car il reste en son creux. Ainsi, la jalousie n’est pas gage d’Amour, puisqu’elle le détruit!

"L'amour fait naître la jalousie, mais la jalousie fait mourir l'amour." Christine de Suède

Un point de vue psychanalytique

La jalousie est un mécanisme de projection sur l’autre, du désir inconscient d’infidélité, sans aucun lien avec la réalité. Les « jaloux » ayant ce désir refoulé, ne peuvent admettre que se sont leurs propres désirs qu’ils projettent sur leur partenaire.

Lorsque la jalousie est pathologique

La jalousie maladive est un symptôme qui traduit un manque d’estime de soi, voir un manque ou excès d’amour de soi. Le sentiment de jalousie est chargé d’émotions, comme la peur de perdre l’amour de l’être aimé que l’on voudrait exclusif, il y a des colères en lien avec des manques et frustrations, d’autres sentiments peuvent être mêlés, comme l’humiliation, la trahison, l’exclusion…. Il peut y avoir un sentiment prédominant comme celui de se sentir menacé, par crainte de ne pouvoir rivaliser.

Le sentiment de jalousie est une « souffrance » qui prend généralement sa source dans la petite enfance.

La jalousie est naturelle chez l’enfant avant qu’il intègre et accepte le fait qu’il n’est pas l’unique centre d’intérêt de ses proches. Si les parents accueillent sa jalousie comme étant un sentiment normal, qu’ils rassurent l’enfant sur l’amour qu’ils lui portent, peu à peu ce sentiment s’estompera, car l’enfant découvrira entre autre, le plaisir de partager des jeux avec cet « autre » avec lequel il rivalise.

Si elle n’est pas « entendue » et apaisée, elle se « mémorise » et se réactive autant de fois qu’une situation fait écho à cette souffrance.

L’exemple que donne Carl Rogers dans « psychothérapie et relations humaine » de l’enfant jaloux de son frère nouveau-né, est éloquent. L’enfant a peur de perdre ses privilèges d’enfant unique, il se sent relégué au second plan et ressent de la jalousie, quoi de plus normal à priori, envers cet intrus qu’est le « bébé».

Ce qu’il ressent est ambivalent, partagé entre « amour et haine ». Il y a en lui une « colère » liée à la « frustration » déjà éprouvée, car cet « autre » comme son père, capte l’attention de sa mère. C’est la raison pour laquelle, cet « intrus » lui est indésirable.

Si les personnes qui lui sont chères lui manifestent leur mécontentement, il en conclut qu’à leurs yeux, il est mauvais, il se sent alors menacé. Pour plaire à ses parents et pour garder leur estime, il « cohabite » avec le nouveau-venu, alors qu’en réalité il voudrait le voir disparaître. Il apprend à « rentrer » sa colère, à la « garder » pour lui, il l’intériorise, la refoule.

il va donc adopter une attitude contraire à ce qu’il éprouve, en refoulant ses sentiments. Sa blessure « s’enkyste » et devient profonde. Il apprend à masquer son ressenti, ce qui l’éloigne de lui-même, ne se percevant plus qu’à travers le regard de l’autre qu’il cherche à satisfaire pour se sentir exister.

Si l’enfant garde cette « blessure », plus tard cette colère refoulée réapparaîtra insidieusement par les ré-stimulations de situations similaires. Ce sentiment de jalousie interfèrera dans ses relations, ce qui n’est pas sans créer des «difficultés relationnelles ».

La jalousie de l’adulte

C’est une réminiscence de l’enfance, qui place l’individu dans la peur de perdre l’amour de l’être aimé dès qu’il se sent en « danger » de rivalité ou qu’il doit « partager ».

La frustration d’un désir, par manque ou par besoin, qui ne peut être satisfait ou assouvi, désir d’attention, d’intérêt, d’amour ou de reconnaissance, a pour conséquence de placer la personne qui en souffre dans une quête parfois névrotique de « possession », des êtres ou des objets, sans partage. Cette propension à vouloir se les « approprier », est une manière de tenter de combler un « manque ». C’est une pathologie qui « empoisonne » la vie, non seulement de celui ou celle qui en souffre, mais aussi de celui ou celle qui est l’objet de désir. Ce sentiment traduit une souffrance.

La jalousie « torture » celui ou celle qui en souffre. Elle rend susceptible, possessif, colérique, soupçonneux, voir même violent, ce qui est « invivable » pour le partenaire qui se sent harcelé et épié. La personne jalouse souhaite une relation affective exclusive, ce qui ne va pas sans créer de friction dans son couple et dans sa vie familiale, où tous les membres en sont affectés.

Persuadés d’une infidélité, les « jaloux », se font un scénario de tromperie qui les obsèdent et tout est passé au crible, dans l’espoir de trouver une preuve (téléphones portables, messagerie, poches, agenda, sous-vêtements…). Les allées et venues sont surveillées et les horaires doivent être respectés au risque de représailles.

La jalousie obsède, rend possessif et donne libre cours à l’imaginaire. Souvent parce que les jaloux se font l’idée que leur partenaire n’est pas heureux avec eux, leur suspicion de tromperie se porte même sur ce qui est imaginé de ses pensées, lesquelles forcément ne peuvent être que pour un amant ou maîtresse.

Lorsqu’une crise de jalousie éclate, c’est un véritable cauchemar. Elle peut être déclenchée par des « petits riens » qui peuvent générer de grandes crises, une attitude, un regard, un mot, un sourire, un retard, etc., sont autant d’indices qui viennent l’alimenter. Aucune justification, aucune preuve d’innocence ne peut apaiser cette obsession de « tromperie ».

Souvent après coup viennent les regrets et les promesses, mais ce n’est qu’illusion, n’étant pas convaincu de la bonne foi du partenaire. Car plus il se justifie et plus cela amplifie les soupçons envers lui.

Il y a dans cette souffrance une forme de paranoïa liée à la méfiance, manifestée par une pulsion qui « pousse » à tout contrôler, vérifier et maîtriser… La manipulation, les menaces, le chantage, la violence, … tout est bon pour dominer et contraindre le partenaire.

La jalousie peut aussi se porter sur ses propres enfants qui font l’objet d’attention de leur mère ou de leur père. Les personnes jalouses sont comme des enfants en demande, à travers cette souffrance, leur enfant intérieur « demande » à être entendue.

Jalousie et dépendance affective

Comme je l’ai évoqué plus haut, dépendance affective et jalousie prennent leurs sources pendant l’enfance suite à des situations de manque, de privation, de mise à l’écart, de rivalité…

Ces sentiments peuvent prédisposer l’enfant s’il a ressenti un manque affectif, lié par exemple à une situation de séparation ou d’abandon, créant en lui un besoin constant d’être rassuré affectivement.

Ils peuvent aussi provenir d’une relation affective exclusive avec la maman (mère seule), car dès que survient dans cette relation un homme ayant de l’importance aux yeux de celle-ci, l’enfant se sent comme dépossédé de son amour. Par la suite dans sa vie affective, la peur bien présente de perdre l’être cher et que celui-ci lui « échappe », fait que dès que s’approche de trop près un ou un éventuel(le) rival(e), « le jaloux ou la jalouse » se sent en danger et est en souffrance, ce qui a pour effet de déclencher dans la plupart des cas, une crise.

Il y a aussi les préférences affichées des parents pour leur(s) chouchou(s), qui ne peuvent s’empêcher de le(s) citer souvent en référence, en exemple, générant une rivalité « malsaine » au sein de la fratrie. Car rien n’est jamais aussi bien à leurs yeux, que ce que fait leur(s) préféré(es).

Il se peut aussi qu’étant en souffrance de rivalité, de mise en « concurrence » par les parents avec l’un ou l’autre de sa fratrie, que l’enfant convoite l’objet de désir du concurrent, comme ses jouets ou ses amis par exemple. La jalousie se porte sur le rival parce qu’il jouit de qualités qui lui font défaut de par sa dévalorisation.

Il se peut qu’il y ait par la suite, des scénarios de répétition, comme convoiter le partenaire du frère ou de la sœur en question et/ou lui envier toute réussite. Ou bien encore, qu'il y ait une envie de "détruire" son couple ou nier son partenaire.

Ainsi il n’est pas rare qu’il y ait une jalousie exprimée ou refoulée au sein de la fratrie. Les réflexions à l’encontre de l’un ou l’autre, sont autant de « flèches » en plein cœur. L’enfant peut se sentir mésestimé, non désiré, mis à l’écart, dévalorisé…, ces réflexions viennent alimenter et renforcer son sentiment de jalousie.

Cette « idéalisation » des parents envers leur(s) préféré(s) fait, qu’en le jaloux, une certitude s’enkyste : « je ne suis pas désirable, car je ne suis pas à la hauteur de leurs espérances».

La méfiance s’installe par la suite sur le partenaire « idéalisé », qui peut être convoité, courtisé, aimé, adulé… et lui échapper. Ce qui serait « invivable » pour une personne en dépendance affective, car sa vie dépend de cette dépendance qui lui sert de substitut.

Se faire aider pour sortir de ce processus et guérir !

Reconnaître sa jalousie, c’est déjà commencer à la dépasser, elle peut alors être surmontée. Pour en « sortir », il est avant tout nécessaire de prendre conscience que ce « mal » est pour soi et pour l’entourage destructeur.

Il est souhaitable de se faire aider, car seul il est difficile de s’extraire de son histoire personnelle pour comprendre les mécanismes qui se « jouent », comme les répétitions. Pour effectuer un travail sur soi bénéfique, il est préférable que la démarche soit volontaire, afin d’opérer des changements dans les attitudes et comportements, sans se sentir contraint.

La jalousie peut être vaincue, que s’il y a un réel engagement envers soi-même, qui doit être accompagné d’une mise en mouvement. Il est essentiel de se mettre en action pour aller vers le changement.

Pour se libérer de ce schéma destructeur, la remise en question s’accompagne d’une mise en action, à l’image du coq qui trépigne dans ses excréments, et qui n’a pas d’autre choix que de se mettre en mouvement pour en sortir. Pour cela, il lui suffit de faire un pas, puis les autres suivent.

Globalement, les personnes qui souffrent de jalousie ont peu d’estime d’elles-mêmes. Elles ont tendance à se dévaloriser, à ne pas se sentir à la hauteur, ou encore, ne se sentent pas désirables et « aimables », dans le sens de « mériter » d’être aimées. Ayant une image d’elles-mêmes dévalorisée et ne se sentant pas assez séduisantes, cela contribue à générer en elles une peur bien présente d’être trompées. Leurs attitudes renforcent ce sentiment, car plus elles font preuve de jalousie et plus cela éloigne leur partenaire qui se sent harcelé, épié et suspecté et qui plus est, pas aimé et inconsidéré.

Ce travail porte essentiellement sur le renforcement de l’estime de soi et sur la confiance qui y est liée, ainsi que sur la valorisation en se reconnaissant des valeurs. Il y a en soi des merveilles insoupçonnées qui sont autant de ressources que l’on dispose et que l’on peut connecter au besoin.

Cet accompagnement est l’occasion de « voir » ces mécanismes qui nourrissent la jalousie à travers les diverses stratégies mises en place, mais surtout de prendre conscience qu’ils sont autodestructeurs, produisant l’effet inverse de celui désiré, puisque c’est de l’auto sabotage.

La personne souffrant de jalousie, apprend à s’aimer et à voir en son partenaire l’aspect « positif », comme les marques d’attention envers elle et s’applique à lui faire confiance. En agissant ainsi, elle peut s’apercevoir que son amour n’est pas du tout menacé.

Ce travail sur soi, amène la personne jalouse à s’apprivoiser, à s’aimer et à s’estimer de manière à ne plus vivre dans la crainte d’être exclue de l’amour de l’autre, lequel jusque là était considéré comme étant la source de sa propre souffrance.

Une compréhension et une conscience de soi se fait jour, avec une conscience de plus en plus grande de sa responsabilité personnelle dans son propre bien être.

Geneviève

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans articles
commenter cet article
26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 12:21
L’éveil de conscience

S’éveiller c’est s’ouvrir, comme nous ouvrons une fenêtre en pleine nature pour mieux voir toute la beauté qui s’offre à nos yeux, car elle nous entoure, il suffit juste d’enlever le «voile» qui masque notre regard pour la voir.

Ouvrir son champ de conscience implique d’avoir une ouverture d’esprit, dont la vision élargie nous ouvre à tous les possibles. Pour cela, il est nécessaire de « Se » remettre en question sur les attentes, exigences, désirs et aussi sur les apriorismes, préjugés, certitudes que l’on peut avoir, qui sont limitatifs. S’éveiller, c’est aller vers le changement en prenant les « rênes» de sa vie !

C’est un chemin dont chaque « pas », mène vers la liberté d’être et à la connaissance de soi.

Cela peut sembler un paradoxe, car le chemin qui y mène est fait de renoncements, de deuils…. Mais, renoncer, ne veut pas dire de se priver de tout ce qui peut procurer joie et bien-être, c’est s’alléger du superflu en ayant le courage de mettre un terme à tout ce qui peut nous causer du tourment. C’est de s’affranchir de toutes les dépendances qui créent le mal-être en lâchant prise sur ce qui nous éloigne de l’essentiel.

C’est un chemin qui est certes plein de tribulations et parsemé d’embûches, avec des « obstacles » à surmonter, mais combien « enrichissant ».

Le changement suppose des efforts à faire pour y parvenir, mais il y a toujours une joie à éprouver à chaque étape.

« Pour grandir de nouveau, l’homme est obligé de se refaire et il ne peut le faire sans douleur, car il est à la fois le marbre et le sculpteur. C’est de sa propre substance, qu’il doit à grand coup de « marteau » faire voler les éclats, afin de reprendre son vrai visage. » Carrel Alexis : L’Homme cet Inconnu

Pour détourner les « pièges » du mental fait de doutes et de peurs qui jalonnent notre chemin, il est parfois préférable de se faire accompagner par quelqu’un qui a lui-même déjà cheminé loin sur ce « chemin ». La peur de s’y aventurer, mais aussi les « leurres» de l’ego, peuvent faire obstacle.

On ne peut élever sa conscience sans bouleverser son être tout entier, jusqu’à ce qu’il atteigne la « métamorphose ». Aussi, l’introspection aide à « Se » clarifier, en faisant l’analyse de ses blocages, angoisses, peurs, sentiments, etc., mais aussi d’entraîner notre esprit à une nouvelle façon de percevoir « positivement » le monde qui nous entoure et surtout, ce qui n’est pas des moindres, d’aller vers la diminution de l’ego. Lorsqu’il n’a plus ce besoin d’être « le centre du monde », malgré les vicissitudes de la vie, nous nous apercevons que nous sommes plus forts, plus libres, plus unifiés, …, bref, un être équilibré et moins névrosé.

Parce que nous sommes en phase entre ce que nous dégageons et ce que nous sommes et ce, quel que soit le regard qui nous est porté, nous pouvons nous ouvrir aux autres sans risque et naturellement faire preuve d’humilité, en laissant s’exprimer des qualités altruistes qui jusque là, étaient en sommeil.

« Tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soupçonner que le vrai bonheur est dans la manière de gravir la pente. » Gabriel Garcia Marquez

Il est important de prendre conscience que le chemin est plus important que la destination elle-même. Car chaque « pas » que l’on fait est influencé par la manière d’appréhender la vie, qui fait que l’on est enclin à la souffrance ou à la joie et l’émerveillement.

Ainsi, le « chemin » est parfois escarpé et aride et pour gagner en liberté d’être, cela revient à s’émanciper de ce qui domine notre esprit et l’obscurcit.

L’éveil est à l’antipode de la perversion de l’ego, où règnent animosité, agressivité, haine, avidité et désir passion, lequel, incite à son assouvissement du fait que, plus il nous échappe et plus il nous obsède. L’absence de désir passion ne sous-entend pas absence de désir ou de ne plus aimer, ou encore d’être indifférent aux êtres qui nous sont chers. C’est de ne pas se « cramponner » à ce désir préjudiciable pour soi et aussi pour l’autre, car il n’engendre que possessivité, jalousie, haine, frustration et mal être.

En cessant nos projections sur autrui, attentes, exigences, désirs, …, nous nous libérons de leurs conséquences, mais aussi et surtout, nous pouvons aimer librement.

Pour éveiller notre conscience, nous avons à nous libérer de la conscience limitée de l’ego qui nous met face à une dualité : « moi » et les autres, favorable ou défavorable, rassurant ou menaçant… Avec cette conscience du « moi » asservie par l’ego, il est bien difficile de percevoir la réalité sans être sous son influence, ce qui réduit le « champ » du libre arbitre qui n’est que relatif.

Cette question du libre arbitre se pose à partir de l’ego.

Pour le vérifier, nous pouvons nous poser les questions suivantes : « A quoi est-ce que j’obéis » ? « Suis-je vraiment libre d’agir, ou suis-je « manipulé(e) » comme une marionnette, sous l’influence d’un conditionnement » ? Lorsqu’un désir apparaît, l’avons-nous décidé ou est-ce notre monde émotionnel qui nous l’impose ?

Lorsque des évènements de l’existence ont une prise sur nous et qu’ils nous rendent inquiets, angoissés, tristes…, c’est bien que nous sommes dans un état émotionnel. Nous réagissons bien souvent émotionnellement aux aléas de la vie. L’existence nous « impose » des états d’âmes, des humeurs joyeuses ou tristes. Lorsque nous perdons un être cher, cela nous attriste, s’il nous arrive un événement heureux, nous sommes joyeux. Nous pouvons passer ainsi d’un état à un autre, mais avons-nous décidé librement d’être joyeux ou triste?

Pour connaître notre non-liberté, nous devons savoir si nous réagissons émotionnellement et mentalement à un fait extérieur, auquel cas, nous ne décidons pas librement. Car sinon, nous déciderions de nous établir une fois pour toute dans la paix, la sérénité, la joie et l’amour, en l’absence de toute peur émotionnelle.

Pour le vérifier nous pouvons faire le test suivant : choisissons d’être de bonne humeur tout le temps, si nous ne le restons pas, de toute évidence nous sommes sous une emprise.

Pour percevoir la réalité telle qu’elle est sans qu’elle soit parasitée par les manques, les frustrations, les désirs, etc., nous avons à changer ce mécanisme.

En augmentant notre présence à ce qui est, appelé aussi être dans l’instant présent, cela nous permet d’aller vers la diminution des manifestations de l’ego.

Cela suppose la gestion des émotions de manière à ne pas en être « affecté ». Tant qu’il subsiste quelques émotions « perturbatrices », c’est que nous ne sommes pas encore « pacifiés », il y a une dualité qui s’exerce en nous. L’émotion est un mécanisme ego-centré qui, lorsqu’elle nous submerge, parasite notre « vision ». Si nous voulons nous établir dans la sérénité, la paix et la compassion, la disparition de ces émotions est essentielle sur cette voie. Celles qui nous font du bien, elles aussi nous limitent durant le laps de temps où nous les éprouvons. Car si nous sommes envahis par une émotion quelle qu’elle soit, nous sommes « coupés » de la réalité, ce qui nous empêche de voir ce qui se passe réellement autour de nous à ce moment là.

« La voie remet en cause les émotions négatives et nous promet un autre fonctionnement du cœur, plus fin, plus profond. Ce but ne doit pas rester vague. Il ne s'agit pas d'être libre des émotions en général mais de cette émotion précise que j'ai repéré dans certains contextes - par exemple telle personne dit telle parole, cela m'irrite et je deviens désagréable. Si je réagis systématiquement de la même manière, mon intention très concrète devient : quand cette situation se présentera de nouveau, je veux réussir à ne plus réagir de cette façon, je veux faire du neuf. C'est précis et sous peu je serai mis à l'épreuve : on verra alors ce qui demeure de mes bonnes intentions » Arnaud Desjardins

L’observation est une étape vers la libération.

Au début du chemin, nous sommes impuissants, identifiés à nos émotions et parfois submergés par elles, nos réactions en découlent. Nous sommes aussi sous l’influence de dépendances, ce qui nous enlève toute liberté d’être. Ainsi, tout est jeu d’actions/réactions.

L’observation « demande » d’être présent à soi-même, à l’écoute de ce qui se passe intérieurement, de façon à comprendre pourquoi nous réagissons de telle manière face à diverses situations. Pourquoi sommes-nous en souffrance lorsque nous ne pouvons assouvir un désir ? Pourquoi laissons-nous des pensées nous tourmenter ? etc.

Ce qui fait notre dualité, c’est tout un processus d’émotions (désir/aversion, attraction/répulsion). Nous sommes comme le fer attiré ou repoussé par l’aimant, notre liberté est relative, car elle est soumise aux émotions « que nous sommes contraints de ressentir ».

Nous pouvons constater que nous sommes sous l’emprise de l’ego, lorsque nous ressentons du plaisir à une flatterie, ou lorsque nous sommes agacés ou en souffrance au moindre mot « blessant ». Le sentiment d’échec ou de réussite, les inimitiés…, tout cela nous affecte personnellement et se « joue » à notre insu, entre nos pensées et émotions. C’est en nous que résident les causes de nos joies et de nos peines, ce n’est pas au dehors. L’inquiétude par exemple, est une émotion qui nous voile le regard, car elle déforme la réalité.

Quelles que soient les circonstances, nous avons le pouvoir de reconnaître notre subjectivité; les émotions qui nous « emportent » et à travers lesquelles nous nous identifions, qu’elles soient joyeuses ou tristes. Après cette prise de conscience, il est possible de se rééduquer pour fonctionner de manière apaisée en toute circonstance. Cette sérénité nous la côtoyons déjà en dehors de l’emprise de l’ego. Nous pouvons faire en sorte qu’elle soit durable en allant vers la diminution du pouvoir qui lui est donné, en gardant en mémoire que toute émotion perturbatrice nous empêche de « voir » la réalité, car le mental la déforme. D’une situation, il extrait à notre insu, un ou des détail(s) faisant abstraction du reste et le « monte en épingle ». Le dépassement des émotions nous permet de découvrir la réalité telle qu’elle est, en toute objectivité, sans « fioriture » ni « artifice ».

Le changement est en route, mais cela prend du temps de « Se » libérer et d’être en totale communion, unifié avec ce qui nous entoure et à nous-mêmes.

Chaque pas est une victoire, mais avant que cela ne devienne un état permanent et naturel, nous avons parfois à nous raisonner et à neutraliser des pensées dès qu’elles apparaissent, afin d’être libres d’agir objectivement. Nous avons le pouvoir de revenir à tout moment à un état serein et calme, mais apparaît afin de reprendre la « main » sur la réalité, cela demande de s’entraîner dès qu’une émotion.

Prenons l’exemple de l’amour. Que veut dire généralement en substance l’amour qui est porté à une personne, « aime moi comme je t’aime », je veux être aimé(e) par toi ». C’est un amour émotionnel totalement égoïste, car il n’est pas dénué d’intérêt personnel. De plus, il n’est pas permanent car il peut parfois se transformer en haine. Il y a donc un contraire à cet amour, la haine et l’on ne peut haïr que ceux que l’on a aimés d’un amour égocentrique.

Le « véritable » amour est inconditionnel et n’a donc pas de contraire. Nous sommes bienveillants même avec ceux qui sont malveillants envers nous. Nous demeurons établis dans la compassion indépendamment des circonstances et des personnes. Pour aspirer à cet état permanent d’amour qui suppose d’avoir des sentiments altruistes, nous devons comprendre que toute identification à une émotion nous y éloigne et cela suppose un entraînement de tous les instants. Certains peuvent penser qu’aimer ainsi, inclus des sacrifices. Effectivement il y en a un, nous devons sacrifier notre égoïsme.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’amour altruiste est calculé, dans le sens ou cela demande de réfléchir sur les attentions que nous allons porter, afin de donner le meilleur de nous-mêmes. Mais ce n’est pas un calcul égoïste, puisque notre démarche est nourrie de bienveillance et d’ouverture aux autres. Pour savoir si notre « calcul » de bonté est juste, nous pouvons nous poser la question suivante : « est-ce que ce que j’accomplis est juste, pour soi et pour autrui » ? Il est souhaitable de prendre soin que nos actions et paroles ne nuisent à personne.

Il est important d’être attentif à la neutralité.

Ce qui compromet cet état d’amour altruiste, c’est le jeu des dualités et des oppositions; toutes les manifestations de non-amour telles que, rejet, rancune, condamnation, mépris, rancœur, jalousie, jugement de valeur … Soyons donc attentifs à l’absence de neutralité, à commencer par de banales contrariétés, car si nous ne sommes pas neutres dans des situations anodines, comment alors pouvons-nous l’être en d’autres circonstances. Nous pouvons profiter des moments de la vie pour nous entraîner, en ayant de « bonnes » pensées pour ceux qui nous contrarient. En « mettant de coté » notre susceptibilité, nous avons en fait à les en remercier car ils nous révèlent des aspects sombres de soi. Aussi, s’il nous faut pardonner, pardonnons mais pardonnons avec cœur, c’est un bienfait surtout pou soi-même.

Nous devons nous entraîner à aimer sans conditions, jusqu’en arriver à aimer les bourreaux comme les victimes, ce qui ne veut pas dire d’adhérer à leurs actes. Pour pouvoir les aimer, nous devons les en dissocier et s’abstenir de tout jugement à leur égard. Il ne peut y avoir de bourreau sans victime, ils sont tous deux soumis aux lois d’attraction et de causes à effets, c’est un phénomène inconscient.

Le changement implique de s’ouvrir à soi et aux autres et de changer notre perception sur le monde qui nous entoure.

Nous attirons ce qui vient à nous et nous pouvons le prendre comme étant une opportunité de nous améliorer. Nous seuls avons le pouvoir de nous rendre heureux et personne d’autre. Tout comme personne ne peut nous faire du mal, si ce n’est physiquement bien entendu. Si nous nous sentons blessés par une attitude ou comportement d’une personne, au lieu de l’en rendre responsable, n’avons-nous pas à nous interroger sur notre responsabilité à cette souffrance, dans le sens où l’autre n’est que le révélateur de ce qui réside en nous?

Rien ne nous oblige à prendre « mal » les choses. Il peut arriver que nous soyons en présence de quelqu’un se montrant désobligeant, irrespectueux, coléreux, …, à notre encontre. Ses propos ou attitudes proviennent d’un individu profondément affecté, peut-être est-ce à travers ce que nous-mêmes lui renvoyons, qu’il exprime sa souffrance. Nous sommes tous tel un miroir qui renvoie du « positif » et du « négatif » faisant écho à l’histoire personnelle de chacun. Aussi, ce qui nous est renvoyé peut nous aider à prendre conscience que l’autre n’est qu’une cause apparente à notre souffrance, tout comme nous à la sienne.

Pour apprendre à être bienveillant, nous avons à effectuer une transformation de notre intimité dans tout ce qui nous affecte, nous contrarie et nous déçoit. De là découleront des actions « justes » et bienveillantes. Nous pouvons nous entraîner en veillant à améliorer nos relations avec notre entourage, en s’abstenant de toute mauvaise pensée et de tout jugement à leurs égards. N’oublions pas que les apparences sont souvent trompeuses.

Il nous appartient d’identifier les blocages que nous pourrions avoir avec une personne en particulier et de « voir » ce à quoi cela nous renvoie, pour ensuite le « dépasser ». Il se peut qu’il nous soit renvoyé un aspect de notre personnalité que nous ne soupçonnions pas: rigidité, manque de tolérance, d’acceptation, d’amour, des peurs,… Nous interprétons la réalité en portant des jugements sans nous en rendre compte, en qualifiant les « choses » d’agréables/désagréables, bonnes/mauvaises, joyeuses/tristes… Si nous nous surprenons à juger, nous pouvons le considérer comme étant un flagrant délit, de manière à porter plus d’attention dans notre manière d’accueillir les « choses ». Plus nous sommes ouverts, à soi et aux autres, et plus l’ego diminue.

Pour être efficace autour de nous, il est nécessaire d’employer notre temps et notre énergie autrement qu’en futilités.

Il y en a qui « tuent » le temps par ennui, d’autres se laissent submerger par des tâches pour remplir leur temps, d’autres encore commencent quelque chose sans jamais le finir, ou remettent à plus tard ce qu’ils entreprennent de faire, au risque de ne jamais commencer. Une sorte de fuite de la réalité, des priorités, …, une vie « remplie» de peccadilles et de futilités, alors que bien gérée et bien employée (temps et énergie), cela permet d’accomplir bien des choses, qui de plus, nous donne pleine satisfaction en fin de journée. Pour notre équilibre, il est important de réaliser ce qui nous tient à cœur, sans contrainte, pour ne pas risquer une division en soi. Bien sûr il y a des taches auxquelles nous ne pouvons échapper, que nous « devons faire », mais en dehors, agissons selon ce que nous sentons juste de faire, en prenant bien soin que cela ne nuise à personne.

Pour notre épanouissement, il convient d’assumer et d’accepter ce que nous sommes et avons été à tout moment de la vie, en ayant un regard bienveillant sur soi. Dans ce monde de tentation et d’éphémère, veillons à ne pas nous laisser distraire de l’essentiel. Tant que quoi que ce soit a de l’importance pour soi en terme de besoins tournés vers l’extérieur, nous ne sommes pas libres dans le sens où, si nous-nous « attachons » par exemple à une réussite professionnelle, toute notre attention sera focalisée sur ce qui la favorise, ou sur les obstacles. Nous sommes alors asservis par ce besoin de réussite et par la peur de l’échec.

La voie de l’éveil est toute autre, elle nous conduit vers la non-dépendance, car il ne s’agit pas de renoncements au sens strict, mais de dépassement.

En gagnant en liberté, nous ne sommes plus esclaves d’attirances et répulsions, d’envies et de refus, « l’existence » ne nous ordonnant plus d’être malheureux.

Pour que des changements se produisent durablement en nous, veillons à être vigilant à accueillir ce qui vient à nous avec « détachement » et objectivité. Nous appréhenderons mieux chaque situation qui se présente, avec une compréhension que nous n’avions pas auparavant. Nous pourrons nous apercevoir que nous réagissons différemment face aux situations qui nous perturbaient.

Nous sommes plus enclins à relativiser ce qui nous arrive, nos actions reflètent ce changement, car elles répondent à ce que nous pensons juste et ne suscitent aucun regret. Avant, s’il arrivait qu’une personne nous insulte, cela pouvait nous agacer ou nous mettre en colère, car nous nous débattions dans des blessures d’ego. Avec notre transformation intérieure, cela n’a plus aucune prise, nous avons plutôt un sentiment de compassion pour l’autre que nous voyons en souffrance à travers ses attitudes.

Nous assumons la pleine responsabilité de nos actes, car ils sont mûrement réfléchis. Notre manière de fonctionner et de « voir les choses » a changé.

Le « voyage » vers la liberté s’achève lorsque l’ego perd son pouvoir illusoire. Une fois effacé, tout son monde d’attraction et de répulsion, de désirs et d’aversion disparaît avec lui. Désormais, ils n’a plus d’emprise sur nous.

Lorsque plus rien ne nous est indispensable en dehors de nos besoins élémentaires, et en prenant soin de ne laisser aucune demande, ni attente, dominer notre conscience, nous nous sentons heureux et libre. D’une certaine manière, une re-naissance s’effectue en nous. Parvenus à cet état de sérénité et de lucidité, nous ne sommes plus atteints par ce que nous n’avons pas ou plus, l’important n’est plus d’avoir, mais d’Etre. Nous faisons partie d’un ensemble auquel nous participons activement, sur un fond de lâcher-prise. Cette sérénité intérieure nous unifie à nous-mêmes et avec ce qui est.

Dans ce nouvel état d’esprit, nous pouvons aimer naturellement tous les êtres, car après avoir commencé par soi-même, il s‘étend à ceux qui nous sont chers et à tous les autres connus et inconnus. L’altruisme devient naturel et a un effet rémanent aux autres.

A l’image de grandes rivières qui se sont formées goutte après goutte, en évoluant de manière positive, d’autres à notre contact évoluent aussi de la même manière.

Pour finir, j’ai choisi de vous partager un de mes poèmes qui fait partie de mon recueil d’une vingtaine de poèmes, qui je pense, illustre assez bien mon propos.

L’éveil, voie de sagesse!

Ce que nous recherchons, est en nous, pas ailleurs,
Il faut du temps, pour en extraire le meilleur.
Alors, pour trouver en soi cette sagesse,
Nous devons combattre toutes nos faiblesses,
Qui voilent le chemin, agissant en surface,
Pour cet ego, insatiable, qui menace.

Il nous asservit, par ses craintes et ses désirs,
Car, gagner ou conserver, sont ses grands plaisirs.
Laissons le donc, se satisfaire sans « violence »,
Pour qu’il ne se débatte pas dans ses souffrances.
Une fois ses désirs assouvis, il s’efface,
Et la libération, peut enfin prendre place.

S’accomplir c’est, traverser chaque épreuve,
Quelle qu’elle soit, heureuse ou, malheureuse.
Vivons les donc, sans chercher à s’en protéger.
Les fuir, aurait pour effet de les renforcer.
Pas à pas, on assimile, on digère,
Étape, après étape, on se libère,
Pour trouver, enfin en soi, la plénitude,
Libres de « l’avoir », qui n’est que servitude.

C’est un processus, plein de tribulations,
Où nous vivons jusqu’à terme, bien d’émotions,
Tout ce qui nous habite, qui était latent,
Et que nous hébergeons, depuis la « nuit des temps.
Ce que porte le psychisme, s’actualise,
L’ego, le mental, craquent, ils n’ont plus d’emprises.

Il nous faut tout lâcher et ne rien garder,
A tout perdre, sauf l’essentiel, la Liberté.
C’est des moments de mort, à ne plus se connaître.
Ne faut-il pas mourir, pour mieux renaître ?
Les liens se dénouent, puis, disparaît la prison,
Pour laisser émerger, de nouveaux horizons.

L’ego à perdu son pouvoir et sa magie,
Nous voilà libre, car l’éveil se produit.
Nous atteignons enfin, une autre dimension,
A des niveaux, jamais visités, plus profonds.
Il y a en nous, un tel bouleversement,
Que notre regard, ne sera plus comme avant.

La façon de concevoir le monde a changé,
Car c'est révélé, une autre réalité.

Les aveuglements font place, à d'autres visions,

Qui chamboulent notre univers de perceptions !

A ce stade, rien ne peut plus nous perturber,
Ni la souffrance, lorsqu’elle est côtoyée.

Libres de nos émotions, nous nous oublions,
Pour nous tourner vers autrui, avec compassion,
Neutralité, intégrité, tempérance,
Et surtout, humilité et bienveillance.
N’étant plus centrés sur notre histoire personnelle,
Nous voilà ouverts à la vie universelle ;
Quête des richesses, des potentialités,
Des qualités intrinsèques à notre humanité !

Geneviève MARTIN BOISSY

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans articles
commenter cet article
26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 16:18
Qu’en est-il de notre communication dans notre rapport à soi, aux autres et au monde qui nous entoure?

" Tout être est une île, au sens le plus réel du mot, et il ne peut construire un pont pour communiquer avec d'autres îles, que s'il est prêt à être lui-même, et s'il lui est permis de l'être. " Carl Rogers

Selon moi, c’est une erreur de penser que nous sommes soit « actifs » ou soit « passifs » en terme de communication, nous sommes récepteurs et émetteurs. Dès lors que nous sommes en relation, avec autrui ou avec le monde qui nous entoure, tout notre être est en éveil sans que nous en ayons conscience. C’est à travers nos sens que nous ressentons et captons des informations que nous interprétons en fonction de notre façon très personnelle de percevoir ce monde. C’est pourquoi il arrive que parfois le mental déforme la réalité.

Nous sommes constamment en mode « communication », connectés à notre environnement et à notre monde intérieur émotionnel. Nous émettons et recevons des messages en conscience ou non et de manière spontanée. D’une certaine façon, nous « choisissons » ce que nous percevons, puis nous interprétons et donnons un sens à ce qui nous parvient.

« Tout est neutre, tout est absolu, chaque chose est comme elle est. C’est vous qui la faites apparaître bonne ou mauvaise, agréable ou pénible. » Svami-Prajnanpad

« Tout est neutre », cette affirmation peut choquer. Mais, n’est-ce pas nous qui donnons un sens à la réalité, à travers le prisme de notre monde émotionnel ? N’est-ce pas nous, qui interprétons, qui donnons de l’importance ou pas, qui jugeons si c’est bien ou mal ? La réalité est soumise à interprétations, et elle n’est ni positive, ni négative, ni bonne, ni mauvaise, elle est.

Une communication qui s’exprime à notre insu.

Pour nous exprimer nous utilisons la parole, mais il y a une communication non-verbale qui s’exprime bien malgré nous. A notre insu, lorsque nous parlons, notre gestuelle accompagne notre parole, c’est le prolongement de notre pensée. Notre manière d’écouter, de regarder, de nous vêtir…, en dit long sur ce qui nous habite. Notre état d’être est « traduit» par une communication inconsciente qui révèle une part intime de soi et qui émane au travers de notre gestuelle, comportements, attitudes, lapsus, actes manqués… Concernant les lapsus, ne dit-on pas qu’ils sont révélateurs ?

Par exemple, on peut noter chez certains politiciens des ruptures de cohérence entre le discours qu’ils tiennent, écrit par des conseillers en communication à des fins électorales, et leur gestuelle qui n’est pas en accord avec leur dire.

L’inconscient, « metteur en scène » de notre communication interne.

Dans notre rapport aux autres, l’inconscient « joue » un rôle important dans ce que nous communiquons et dans la manière de le communiquer. A notre insu, au travers de diverses situations, il décide de la « pièce » que l’on va « jouer », seul ou avec d’autres acteurs. C’est lui qui choisit le décor, les personnages et c’est lui qui dirige. Il faut donc se donner la réplique, c’est interactif et les échanges dépendent du rôle de chacun. Tous les « acteurs » sont alors, comme des pantins manipulés. Si nous nous obstinons à ne rien comprendre, soit parce que nous avons laissé notre ego dominer notre conscience ou soit, parce que nous sommes fatalistes ou pour toute autre raison, nous aurons à jouer la même pièce autant de fois que le « metteur en scène » le jugera nécessaire, mais pas toujours avec les mêmes acteurs ou le même décor.

Notre interprétation d’une situation découle de ce que la « scène » nous renvoie en rapport avec notre histoire personnelle. Nous pouvons la vivre avec sérénité ou en être affectés et dans ce cas, sans recul, aucune neutralité n’est possible, puisque c’est à travers notre « émotionnel » que nous la vivons. C’est pourquoi, face à une même situation, nous n’avons pas tous, la même attitude, les mêmes émotions, les mêmes ressentis, la même perception…

Qu’exprime donc notre émotionnel à travers cette communication interne?

Chaque situation peut nous connecter avec des ressentis « agréables » ou « désagréables ». Se sont des signaux. Lorsque nous nous sentons « touchés » et que cela nous affecte, nous ne pouvons être objectifs, car nous avons tendance à laisser nos émotions avoir une prise sur nous.

Il est important de prendre conscience que les ressentis peuvent nous leurrer, car ils font parfois écho à un premier « senti » refoulé, manifesté il y a longtemps. On le « re-sent » lors de re-stimulations au travers de diverses situations. De plus, un ressenti peut masquer plusieurs émotions, comme par exemple derrière celui de colère, où il peut y avoir un sentiment de tristesse, de remord, d’injustice, de rejet, d’abandon, d’humiliation, de dévalorisation, etc. Pour une meilleure connaissance de soi, il est important de les identifier.

A travers ce qui nous parvient, notre « metteur en scène » cherche à nous éveiller sur notre manière d’appréhender le monde. Allons-nous faire la « sourde oreille », tout comme la mouche qui sans cesse se heurte contre la vitre, alors que la fenêtre d’à coté est ouverte ? Car ce qui n’est pas bien compris peut à nouveau se représenter.

La manière de prendre les « choses » a donc son importance.

« Remerciez vos ennemis, ils sont vos plus grands maîtres. Ils vous apprennent à faire face à la souffrance et à développer la patience, la tolérance, la compassion, sans rien attendre en retour ». Dalaï Lama

Lorsque nous nous sentons affectés par une attitude, nos émotions nous indiquent qu’il est nécessaire de « se » clarifier et de faire un lien entre notre histoire personnelle et ce que nous ressentons. En prenant conscience que ces signaux nous avertissent d’un écho en soi, nous pouvons intervenir aussitôt et régler les problèmes avant qu’ils ne se développent en schémas destructeurs. Car de toute manière, même ce qui est réprimé s’exprime, mais pas toujours comme nous le souhaitons.

Il peut arriver à un moment ou à un autre d’éprouver une résistance à ce que l’autre fait ou dit. Cette « résistance » peut se manifester par des réserves, de l’agacement ou de l’irritation, créant un sentiment d’éloignement. L’erreur serait d’en rendre l’autre complètement responsable, ce qui parasiterait notre écoute intérieure, car rien n’arrive par hasard. Ce qui vient à nous, nous l’avons attiré tel un aimant attire le fer.

Par exemple, si une personne que nous aimons raconte naïvement lors d’une soirée un fait nous étant arrivé que vous préférions taire, cela peut avoir comme effet de nous irriter, surtout si cela se reproduit.

Nous pouvons alors nous sentir blessés et pas respectés, il est donc important avant que cela ne prenne de l’ampleur, non seulement d’exprimer notre ressenti dans le plus grand respect à cette personne, mais aussi de comprendre pourquoi nous avons attiré ce type de situation, en la reliant à notre histoire. Si cette attitude nous est « blessante », c’est parce qu’elle vient « réveiller » une mémoire émotionnelle liée à de vieilles « blessures».

Au moment où ils ressentent de la résistance, certains individus laissent leurs sentiments se transformer en re-sentiment (ressenti/ment).

En continuant sur le même exemple, nous ne sommes pas seulement ennuyés, nous sommes en colère contre notre partenaire. Bien souvent sans en être conscient, nous nous éloignions insidieusement de cette personne et nous créons une barrière émotionnelle. Le ressentiment nous enferme dans l’illusion, en pensant que la source d’insatisfaction réside à l’extérieur, alors qu’en réalité elle est à l’intérieur de nous-mêmes.

Lorsque le ressentiment nous habite, nous obéissons à la pulsion qu’exige l’ego, d’écarter quiconque lui fait obstacle lorsqu’il se sent menacé, sans considération aucune pour le bien-être d’autrui. Sous son emprise, la perception est déformée et à coup sur, nous nous nuisons à nous-mêmes, car tant que nous sommes dans cet état, nous ne sommes pas heureux de l’être.

Le ressentiment détruit alors, tout sentiment d’intimité et il établit dans la relation à l’autre, un schéma destructeur qui ne peut que s’intensifier s’il n’est pas immédiatement brisé.

Ensuite, lorsque le ressentiment est trop douloureux, vient le rejet qui a pour effet de nous faire rechercher toutes sortes de moyens pour rendre l’autre responsable. Arrivés à ce point, il y a séparation émotionnelle et la séparation physique peut se produire à tout moment, car tout ce que fait notre partenaire, nous irrite ou nous ennuie. Si le rejet persiste, pour atténuer la douleur que nous ressentons, nous passons au refoulement.

Dans nos relations affectives et pour qu’elles soient « harmonieuses », il est souhaitable de communiquer clairement, de manière à ce que l’autre connaisse nos limites.

"Nous sommes libérés par ce que nous acceptons, mais nous sommes prisonniers de ce que nous refusons." - Swâmi Prâjnandad

Pour nous y aider, nous devons garder en mémoire que nous sommes interdépendants les uns des autres et que nos relations font « miroir » à des aspects de notre personnalité et font aussi écho à des blessures enfouies. Dès la moindre re-stimulation, une communication interne et intime cherche alors à s’exprimer.

Car, en réalité « l’autre », nous confronte à nous-mêmes, il n’est en fait que le révélateur de ce qui nous habite. Tout comme nous, il est mis à l’épreuve par son inconscient qui, pour se faire, le met en scène pour nous donner la « réplique » et jouer « la même pièce » que nous. L’épreuve consiste en quelque sorte à tester nos limites pour que nous saisissions l’opportunité de les dépasser, l’objectif étant d’arriver au dépassement de soi, au lâcher-prise, pour nous aider à « grandir ».

Ainsi, lorsque nous sentons monter en nous des émotions « perturbatrices », accueillons-les, puis tentons de les identifier en essayant de comprendre pourquoi elles nous perturbent et ce qu’elles cherchent à nous exprimer. Il se peut que l’attitude de l’autre nous révèle un aspect de notre caractère, ou nous mettre face à nos limites, notre manque de tolérance, nos jugements, préjugés, apriorismes, stéréotypes…

Il est important de comprendre que l’autre n’est pas responsable de nos « doux-leurres » psychiques. Il nous appartient de faire un travail pour ne plus en souffrir.

Une communication respectueuse n’est-elle pas à privilégier ?

N’est-il pas mieux de s’exprimer avec le « je », qui n’engage que soi? En employant le « tu », ce peut être culpabilisant et cela « tue » parfois la communication (le Tu, tue !).

Nous sommes trop souvent enclins à identifier et à assimiler la personne à ses actes. L’en dissocier permet de porter un regard uniquement sur ses actes sans faire d’amalgame.

Par exemple, au lieu de nous exprimer en ces termes : « TU m’agresses… » ou « TU es agressi(f)(ve) …, dire plutôt : « je me sens agressé(e) par TON attitude. » Là, nous exprimons un ressenti à la personne concernée et c’est son attitude qui est « visée ». En exprimant ce que nous ressentons de cette attitude, nous respectons ce que j’appelle l’écologie, car nous sommes dans le respect, vis à vis de la personne mais aussi de nous-mêmes.

« Dans un cœur plein, il y a de la place pour tout, et dans un cœur vide, il n’y a pas de place pour quoi que ce soit ». Antonio PORCHIA

Communiquer, c’est l’art de s’ouvrir aux autres et c’est aussi savoir mettre en commun.

Nous sommes responsables de la manière de dire les choses, mais aussi d’accueillir ce qui est exprimé par d’autres!

« Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n'est pas impossible que tout le monde ait tort. » Gandhi

Entrevoir la communication en terme de « tort ou raison », est une bataille d’ego axée sur un jugement. Nous pouvons rester respectueux en toutes circonstances en accueillant les divers points de vue. Même si la réalité du moment est incontestable, elle peut parfois s’avérer fausse demain! Tout ce qui n’est pas « palpable » est subjectif et chacun perçoit à travers ses propres filtres. C’est pourquoi, chacun à raison de son propre point de vue.

Le recours à la manipulation

Certaines personnes l’ont bien compris et savent s’en servir pour arriver à leurs fins. Elles savent utiliser des mots bien ciblés, pour faire entendre à autrui ce qu’il a envie d’entendre ou pour obtenir de lui ce qu’elles souhaitent. Il y a des techniques qui s’apprennent pour convaincre, mais un « œil » avisé les repère vite.

Bien communiquer est un « art » et pour se faire comprendre, la manière de formuler les mots a son importance.

N’oublions pas tous les « parasites » qu’il peut y avoir dans une communication. Entre ce que l’on dit qui ne traduit pas toujours ce que l’on pense ou souhaite vraiment transmettre, ce que l’autre réceptionne et comprend et ce qu’il entend vraiment, cela engendre des difficultés à bien communiquer.

Les mots écrits ou parlés sont porteurs de sens, étant censés traduire l’idée ou la pensée de leur auteur et ils peuvent être mal pris ou mal interprétés par celui qui les « reçoit », de par sa subjectivité (susceptibilité, sensibilité…), et peut passer à coté et ne pas comprendre leurs sens.

L’attitude et le choix du vocabulaire sont importants.

Par exemple, si nous désirons faire passer une idée sans prendre l’ascendant sur notre interlocuteur, en le prenant par l’épaule et en l’appelant par son prénom, il se sentira reconnu et en confiance.

En utilisant le « oui, mais », c’est une manière délicate de lui exprimer autre chose et de l’intéresser à écouter sans le braquer. Aussi, il est préférable d’être inductif et non directif.

Prenons l’exemple d’une relation professionnelle. Si l’on s’adresse à notre interlocuteur en ces termes : « Non, Paul vous n’avez pas raison de penser que..., ce que vous dites est absurde..., il faut faire comme ça...».

Ces propos peuvent être ressentis comme étant très violents. Aussi, que peut ressentir la personne à qui ils sont adressés : culpabilité, frustration, injustice, non-reconnaissance, dévalorisation, jugement …? Mais aussi, notre attitude ne dénote–t-elle pas de l’irrespect et un besoin de supériorité ?

Se positionner dans une relation d’égal à égal, n’est-elle pas une marque de respect?

Utiliser un ton directif est « infantilisant » et n’est pas courtois, alors que l’on peut tout à fait faire passer une idée sans se montrer supérieur ou irrespectueux.

Par exemple en utilisant cette forme de vocabulaire: « oui Paul, ce que vous dites est très intéressant, mais ne croyez-vous pas qu’en agissant ainsi... ». Par cette forme de vocabulaire, nous l’amenons à la réflexion sans le braquer. Nous laissons une ouverture à la discussion et nous aurons ainsi, plus de chance qu’il adopte notre proposition, surtout s'il pense que cela vient de lui. Le « oui », montre que nous avons été attentifs à ce qu’il a exprimé, et le « mais », une forme « d’opposition » respectueuse à ce qu’il a dit.

Nul n’est parfait, c’est pourquoi il est préférable de s’abstenir de tout jugement, et aussi de se montrer au-dessus des autres.

Par exemple : si l’on dit : « tu es un(e) imbécile », cette affirmation peut être « violente » pour celui ou celle à qui elle est adressée. Elle sous-entend, une vérité, une réalité, un fait incontestable, qui peut laisser supposer que tout le monde peut penser que cette personne est imbécile. A travers ce jugement, si la personne laisse trop de place au regard de l’autre, elle peut se sentir déstabilisée et blessée, voir dévalorisée, humiliée ou même rejetée.

Cependant si l’on dit: « je trouve ton attitude imbécile », nous n’engageons que notre point de vue. C’est l’attitude qui est visée, pas la personne, de plus, ce n’est pas parce que nous trouvons son attitude imbécile, que c’est ce que pense tout le monde. D’autres personnes peuvent interpréter son attitude de différentes manières.

Le ressenti révèle des émotions

A travers le prisme du mental (ego), nous avons une perception personnelle du monde qui nous entoure, et nous le percevons en pensant que c’est ainsi qu’il est, alors que la réalité est parfois toute autre. Mais cette perception du monde fait notre réalité parce qu’elle touche notre émotionnel ; un monde très subjectif, de projections, de ressentis, d’émotions et de perceptions.

Par exemple il peut nous arriver dans une situation, d’extraire un détail et de faire abstraction du reste pour projeter sur les faits, nos propres conceptions, nos propres vérités.. En nous éloignant de la réalité, nous risquons de rester dépendants, des projections qui « colorent » notre inconscient mais surtout, nous risquons de perdre notre liberté intérieure. Cette confusion mentale obscurcit notre compréhension des « choses » ce qui nous empêche de percevoir la réalité telle qu’elle est.

Nous en faisons parfois l’expérience quand, après coup, tout s’éclaircit. Il arrive aussi qu’en ayant la réalité sous les yeux, nous ne la voyons pas. Certains sont même atteints d’une surdité psychologique et ne peuvent rien « entendre ». Ce serait tellement douloureux pour eux de l’admettre, qu’ils vont jusqu’à nier l’évidence.

Selon moi, l’émotion résulte de l’interaction, entre l’activation psychologique et l’interprétation que nous donnons à la situation dans laquelle elle est ressentie.

C’est une façon particulière de jouir et de souffrir, mais aussi de penser et de communiquer. Notre vie entière et nos conduites dépendent des sentiments que nous avons pour les choses, les personnes, les situations.

En ignorant les messages que nos émotions perturbatrices essaient de nous communiquer, nous les « subirons » et nous nous complairons à nous croire plus malheureux que tout le monde. De même que si nous essayons de nous dissocier des sentiments que nous éprouvons, nous ne modifierons ni notre regard, ni notre perspective et nous nous poserons inlassablement les mêmes questions. Par conséquent, pour ne pas rester à la merci des « tempêtes psychiques qui soufflent dans notre direction, acceptons les donc comme étant une aide.

En ayant pour habitude de ne rien prendre personnellement, nous pouvons appréhender chaque situation qui se présente à nous, avec toute l’observation et la compréhension nécessaire qui nous permettent d’agir avec bienveillance.

Par exemple auparavant, s’il arrivait qu’une personne nous insulte, cela pouvait nous agacer ou nous mettre en colère, car nous nous débattions dans des blessures d’ego. Avec notre transformation intérieure, cela n’a plus aucune prise, nous avons plutôt un sentiment de compassion pour l’autre que nous voyons en souffrance à travers ses attitudes. Nous sommes plus enclins à relativiser ce qui nous arrive. Nos actions ou réactions reflètent ce changement, car elles répondent à ce que nous pensons juste de faire. Nous assumons la pleine responsabilité de nos actes, car ils sont mûrement réfléchis.

Gagner en estime de soi

L’estime de soi permet de re/trouver la confiance en soi. Poser un regard bienveillant sur soi, implique d’accepter toutes les parties, tant nos parts d’ombre que de lumière, en s’acceptant tels que nous sommes. L’acceptation de soi nous unifie à nous-mêmes!

"C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devrait faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un." (Marcel Jouhandeau)

Cela demande d’être présent à soi-même. Nous devons savoir comment nous réagissons face à diverses situations et pourquoi. Par exemple, qu’est-ce qui fait que nous soyons en souffrance lorsque nous ne pouvons pas assouvir un désir ? Pourquoi laissons-nous les pensées nous tourmenter, etc.?

Ce qui fait notre dualité, c’est tout un processus d’émotions (désir/aversion, attraction/répulsion). Nous sommes comme le fer attiré ou repoussé par l’aimant. Notre liberté est relative, car elle est soumise à nos émotions que nous sommes contrains de ressentir lorsque nous les laissons avoir une prise sur nous. Lorsque nous ressentons du plaisir à une flatterie ou bien agacés ou en souffrances au moindre mot blessant, nous sommes sous l’emprise de l’ego. L’échec ou la réussite, les amitiés ou inimitiés, tout cela nous concerne personnellement, tout se joue en nous, entre nos pensées et émotions. C’est en nous que résident les causes de nos joies et de nos tourments, ce n’est pas au dehors.

« Considérez les occasions où votre chagrin et votre colère vous ont causé plus de souffrances que les faits eux-mêmes ». Marc-Aurèle

Cette citation nous invite à réfléchir sur l’interprétation que nous donnons au faits et sur l’importance que nous leurs donnons. L’autre n’a t-il pas sur nous que le pouvoir qu’on lui accorde?

Quelles que soient les circonstances, nous pouvons reconnaître notre subjectivité; les émotions qui nous emportent et à travers lesquelles nous nous identifions, qu’elles soient joyeuses ou tristes. La relativisation permet de fonctionner de manière apaisée quelle que soit ce que nous vivons. Cette sérénité nous la côtoyons déjà, car elle fait partie de nous.

Geneviève

SUPERVISION - http://viadeo.com/s/dgQ33

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

http://www.laparenthese.chezvotrehote.fr

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans articles
commenter cet article
25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 16:20
Le chemin du milieu!

A travers cette histoire, "Le chemin du milieu", l'auteur évoque une voie possible qui mène vers un équilibre entre plaisirs et déplaisirs.

Au commencement de leur histoire, les nouveaux venus devaient se construire une embarcation pour descendre le fleuve de la vie. Certains bricolèrent un radeau, d’autres se dirent qu’il valait mieux pouvoir mener sa barque. D’autres prirent place dans une galère. Mais tous descendaient le fleuve de la vie. Il y avait, bien sûr ceux qui ramaient à contre courant, ceux qui sombraient tout de suite, mais la plupart naviguaient bon gré, mal gré, chahutés d’une berge à l’autre.

A bâbord, se trouvait la berge du plaisir, de tous les plaisirs. A tribord, était la berge du déplaisir. Et bien que tous, emmenés par le courant cherchaient à accoster sur la berge du plaisir, ils se retrouvaient très souvent rejetés violemment sur la berge du déplaisir dès qu’il y avait un soucis avec leurs plaisirs. La navigation s’en trouvait très tourmentée. Ainsi, la vie des rameurs l’était tout autant.

Puis, vint un jour, un homme du nom de Siddharta qui, réalisant les difficultés de l’existence, s’engagea à trouver une solution. Il tenta d’abord d’accoster sur la berge du déplaisir pour apprendre à endurer les difficultés. Mais le temps passa et il compris que là n’était pas la solution.

Concluant que ni l’une ni l’autre des deux berges n’offrait de refuge durable, il essaya alors un nouveau chemin : celui du milieu. Il s’habitua donc à maintenir un cap, au milieu du fleuve, renonçant à vouloir se tenir à la berge du plaisir ou à s’infliger le difficile séjour le long de la berge du déplaisir. Il continua donc sa descente en acceptant les expériences agréables qui se présentaient et disparaissaient, et en acceptant également les expériences désagréables qui se présentaient et disparaissaient. Il ne chercha plus à s’accrocher à l’une ou l’autre berge.

Bien sûr, au début, il n’allait pas bien droit et se fourvoyait encore ici et là. Mais son avidité et son aversion diminuant, il avançait de plus en plus librement avec le fleuve. Il découvrit qu’une sérénité grandissante l’accompagnait. A mesure que le fleuve s’élargissait, son cap au milieu du fleuve s’affirmait et sa paix augmentait.

Cette paix devint totale lorsqu’il rejoint l’océan. De là, il passa le reste de son temps à expliquer le chemin à ceux qui s’égaraient le long du fleuve. A la fin de son temps, n’ayant plus besoin d’embarcation, il quitta la sienne et s’évanouit dans la plénitude de l’océan. Ceux qui ne parvenaient pas à l’océan et sombraient en cours de route, devaient se fabriquer une nouvelle embarcation pour continuer le chemin, attirés par la force de la vérité mais ralentis par leurs illusions.

Ceux qui suivaient le chemin du milieu perdaient leurs illusions mais trouvaient la paix.

Auteur inconnu

Geneviève

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

http://www.laparenthese.chezvotrehote.fr

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 20:02
Conte "La fenêtre aveugle"

La fenêtre aveugle

Il était une fois un jeune prince qui vivait avec insouciance dans le palais de son père. Un jour, il demanda au vieux sage chargé de son éducation :
- Parle-moi de l’argent. Je vois en quoi il est utile. Mais est-il parfois
néfaste ?

Le vieil homme emmena le prince dans le grand salon du palais et le fit asseoir face à la vaste baie vitrée donnant sur la grand-place.
- Que vois-tu, demanda l’ancien ?
- Je vois les enfants qui jouent sur la place, les jeunes filles qui dansent près du lavoir, le forgeron qu
i martèle son fer.


Le sage disparut un instant et revint avec un seau et un pinceau.
- Qu’est-ce ? dit le prince.
- Un vernis à base d’argent.

Le vieil homme sortit du palais et recouvrit toute la baie vitrée d’une couche de vernis argenté. Lorsqu’il rentra, le prince s’exclama :
- Mais il fait sombre, je ne vois plus rien.

Le sage alluma une lampe et demanda :
- À présent, que vois-tu ?
- Je ne vois plus que moi, comme dans un miroir, répondit le prince, je n’arrive plus à voir les autres.
- Tu as la réponse à ta question, dit le vieux sage.

Le prince ordonna à ses serviteurs de nettoyer la baie vitrée. Mais le vernis résistait. À force de frotter, le verre réapparut, mais entièrement dépoli. Irrité de ne pouvoir retrouver une vision claire, le jeune prince, dans un accès de colère, lança la lourde coupe d’argent qu’il tenait à la main contre la vitre qui vola en éclats.

Le prince revit alors avec clarté, limpidité le monde extérieur et les gens sur la place. Il pouvait aussi entendre les cris des enfants, le chant des jeunes filles et le martèlement du forgeron. Il pouvait sentir le parfum de
s épices et la caresse du vent sur son visage. Il enjamba le cadre vide de la baie vitrée et se fondit dans le mouvement animé de la grand-place.

Texte inspiré d’un proverbe yiddish. Auteur inconnu

Geneviève

SUPERVISION - http://viadeo.com/s/dgQ33

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

http://www.laparenthese.chezvotrehote.fr

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 16:49
Notre aspiration profonde serait-elle une quête de sécurité, une recherche d’invulnérabilité à toute épreuve ?

Notre besoin d’être « rassuré » passerait par des identifications à des appartenances et à des possessions.

Pour nous sentir bien, nous avons besoin de créer des liens et d’avoir des appartenances familiales et/ou sociales.

Au sein de nos appartenances, à une famille, un clan, un groupe social, un réseau…, nous nous sentons protégés et reconnus, ce qui nous donne un sentiment de sécurité qui nous rassure.

Notre besoin d’être « rassuré » passerait par des identifications à des appartenances et à des possessions, qui elles, sembleraient être liées à l’image que nous avons de nous-mêmes, que nous cherchons à comparer pour nous évaluer par rapport à l’autre. Ce besoin est influencé par l’éducation reçue et un système de pensées/penser inhérent au conditionnement auquel nous sommes soumis depuis l’enfance, sous forme de tradition, de savoir, d'interprétation d’expériences,… et à travers lequel nous sommes identifiés (identification personnelle ou identité sociale : valeurs, normes, liens, croyances, savoir, idéologies, sentiments, peurs, angoisses, blessures, souffrances,...

Appartenance et identité, une confusion !

Il y a une confusion dans notre esprit avec la notion d’identité et celle d’appartenance. C’est l’identification à des appartenances qui nourrit l’EGO et crée en premier lieu, une division intérieure.

Ces quelques exemples prouvent à quel point nous sommes identifiés à des appartenances: « MA » douleur, « MON » angoisse, « MA » maladie, « MON » pays, « MON » équipe, « MA » notoriété….

« JE SUIS » angoissé(e), « JE SUIS » malade, « JE SUIS » français(e), « JE SUIS » puissant(e), « JE SUIS pauvre »…

En réalité, je suis atteint(e), d'une douleur, d'une angoisse, d'une maladie... Je réside dans tel pays, je suis fan(e) de telle équipe, j'ai acquis une notoriété, je vis une situation précaire....

Donc, de la même manière que nous ne possédons ni la douleur, ni l’angoisse, ni la maladie et ni même un pays, nous ne sommes pas non plus, ni « douleur », ni « angoisse», ni « maladie », ni « pays »,…!

Qui suis-je « vraiment » ?

Décliner son identité ne renseigne pas sur qui nous sommes en réalité. C’est en référence à des identifications, comme le nom et le prénom, le lieu de naissance, de résidence, la nationalité, la couleur de peau, des yeux, des cheveux… Ces renseignements nous identifient surtout à des appartenances (origines, groupes...) « JE SUIS » grand(e), petit(e),… « JE SUIS » blond(e), brun(e)…, « JE SUIS » français(e), espagnol(e), anglais(e)…, « JE SUIS » chrétien, musulman, bouddhiste, juif…

Ces identifications créent une confusion en soi, car nous ne savons pas qui nous sommes vraiment. Qui peut prétendre répondre sans aucune hésitation à la question : qui êtes-vous ? On sent bien qu’il y a comme un malaise, une difficulté à décrire qui l'on est en dehors de nos identifications à des appartenances.

Cette confusion crée un conflit, une division entre le « MOI » et le « JE » identitaire, tiraillés entre deux exigences (externe et interne), celle de devoir se conformer aux exigences de « l’ EGO» et celle de s’affirmer au-delà de nos appartenances en tant qu’individualité « MOI ».

Le « JE » différencie de l’AUTRE, ce qui donne à l’ « EGO » le « pouvoir » de le discriminer. L’EGO, se nourrit d’identifications et de divisions, il s’approprie en quelque sorte le « MOI », car il résulte de pensées, d’émotions et de souvenirs auxquels chacun s’identifie en tant que « MOI et MON histoire ».

Un individu ne réagit pas de la même manière dans un groupe et en dehors du groupe. Dans un groupe, il y a une perte d’identité individuelle, à la faveur de l’identité du groupe. Comme on peut le remarquer lors d’« effet groupe », où chaque individualité ne forme plus qu’un tout au profit de l’identité du groupe, dans lequel s’exprime parfois l’instinct grégaire.

L’EGO étant au cœur des identifications, appartenances, possessions et comparaisons, il n’y a rien d’étonnant que cela divise plus que n’unifie!

Pour une meilleure compréhension de l’EGO, je vous invite à visionner cette vidéo d'Eckhart Tolle : « Mettre en pratique le maintenant » (3) - Au cœur de l'ego

http://www.youtube.com/watch?v=LHt6x6jdlek

En s’identifiant à des appartenances, besoin de sécurité contre l’isolement, nous nous sommes construit un « rempart ». Mais ce « mur » est notre « prison », c’est un enfermement qui crée nos divisions et notre insécurité.

Ce qui crée la division partout dans le monde se sont des modèles qui cherchent à s’imposer sur d’autres, ayant pour prétention d’être les meilleurs. Qu’ils soient nationalistes, linguistiques, religieux…, émanant du monde économique, politique, de l’éducation, … Toutes ces divisions génèrent des conflits.

Nous pouvons en faire le constat dans toutes les identifications à des appartenances (groupes sociaux, sports, pays, religions, idéologies…). Les individus sont prêts à se battre et à s’entretuer pour défendre leurs idéaux ou leur clan, on peut le noter d’ailleurs dans la guerre des clans dans les cités.

Ce qui est assez révélateur, c'est le rapport de force qu'il y a parfois lors de conversations animées, où chacun cherche à défendre son point de vu en voulant absolument avoir raison.

Étant identifiés à des appartenances, ce sont des « territoires » qu’il faut défendre d’une éventuelle menace extérieure, alors qu’elle est purement produite par la division que les identifications aux appartenances engendrent entre individus, générant ainsi de la violence sous diverses formes.

C’est une illusion de croire que nous pouvons échapper à la violence en ayant créé ce « rempart », car nous en sommes les créateurs ! La réprimer, la condamner, l’éviter, la fuir, s’en écarter, ne sert qu’à l’entretenir davantage.

Si la violence est là, bien présente en nous et autour de nous, c’est que nous l’avons produite par nos actes et pour s’en libérer, il faut arrêter de l’alimenter.

Il est possible d’y mettre un terme, mais nous devons la « regarder » sans la fuir, en instaurant en soi et autour de soi la paix, en posant des actes dans ce sens et sans attendre des autres. Il est essentiel de croire que nous pouvons vivre dans la non-violence. Cela commence par soi !

Les possessions et comparaisons.

Par besoin de sécurité, nous cherchons à posséder, voiture, maison, argent… et même les êtres qui nous sont chers. Nos possessions nous donnent une apparente sécurité pour ne pas nous sentir en danger, vulnérables ou seuls. Mais ce n’est qu’une illusion de sécurité, car paradoxalement, la peur de perdre ce que nous possédons engendre de l’insécurité, traduit par un conflit intérieur.

"N'essayez pas de posséder les choses car vous ne pouvez vraiment pas les posséder. Assurez-vous seulement qu'elles ne vous possèdent pas…" Anthony de Mello

Nous sommes conditionnés à faire des comparaisons sur tout. L’image que l’on a de soi, nous « pousse » à nous comparer à autrui pour être confortés ou confrontés à nos aptitudes et différences, ou pour être en adéquation avec un monde que nous pensons pouvoir être « parfait ». Ne serait-ce que pour fuir ce qui est, ou pour combler une insatisfaction, une sensation d’insuffisance, nous cherchons à devenir ceci ou cela, en nous comparant à des critères que nous jugeons, ou jugés en terme de bien ou mal. Mais nos comparaisons nous desservent en réalité, car elles aussi créent ou renforcent une division en soi et autour de soi.

L’identification à la souffrance psychique.

La souffrance psychique est le contenu de « blessures psychologiques » mémorisées, issues de ressentis émotionnels ou traumatismes. Elle en est l’histoire entretenue par des peurs liées au souvenir d’expériences « douloureuses ».

Cette souffrance crée une structure du « moi » identifiée à ces « blessures ». C’est une « image » de soi qui est investie émotionnellement et à laquelle nous-nous identifions. Étant la représentation de ce que nous croyons être, nous sommes donc « blessés », de par les effets que l’identification à cette souffrance produit, ce qui altère notre aptitude à agir objectivement et altère aussi, le rapport à soi et à l’autre.

L’expression souvent employée par une majorité d’individus n'ayant pourtant pas été blessés physiquement en dit long , car dans leurs esprits, c’est tout comme: « il (ou elle) M’a fait mal » !

En réalité, c’est l'attitude ou parole qui a été ressentie blessante en écho à l’histoire personnelle. Qui plus est, c’est à travers l’attitude ou le propos de l’autre, qu’ils se sont « blessés » eux-mêmes psychologiquement. Car, ils peuvent toutefois ne pas y donner d’importance. Une attitude ou propos ressenti blessant nous indique une prise sur soi, le « réveil » de douleurs liées à des souffrances psychologiques.

Étant identifiés à la souffrance, nos pensées entretiennent ces souvenirs « douloureux » de par les peurs occasionnées qui sont ainsi toujours présentes, ce qui a pour effet de la maintenir et même de l’entretenir. Par exemple, si nous avons « souffert » d’abus, il est fort possible que notre vie tourne autour de l‘évitement par peur d’être de nouveau confronté à l’abus, car il est « douloureux » de faire confiance. Si je m’identifie à la blessure de l’abus, l’image que j’ai de moi est blessée : « JE SUIS abusé(e) ». Alors qu’en réalité « JE » ne suis pas abusé(e), je me suis laissé(e) abuser ou j’ai été victime d’abus.

Ce désordre survient à cause de l’image que nous avons de nous-mêmes et qui a cristallisé des peurs que nous cherchons à éviter consciemment ou inconsciemment, pour nous sentir en sécurité. Si nous sommes « habités » par des peurs et du fait de notre identification à la souffrance, cela ne permet pas l’objectivité. Alors que nous avons besoin d’être rassurés, nos pensées nous leurrent en entretenant un souvenir qui n’est plus qu’illusion, elles nous maintiennent, dans une souffrance qui n’est pas réelle, mais « psychologique ».

L’observation

« Cherchez-vous la paix ou le mélodrame ? Vous voulez la paix. Tout le monde veut la paix. Pourtant, il y a autre chose en vous qui veut le mélodrame, qui veut le conflit. Peut-être ne le sentez-vous pas en ce moment et vous faudra t-il attendre une situation propice ou même seulement une pensée qui déclenchera une réaction en vous : quelqu’un qui vous accuse de ceci ou cela, qui ne vous salue pas, qui envahit votre territoire, qui remet en question la façon dont vous faites les choses, une mésentente au sujet de l’agent, etc.

Sentez-vous l’énorme vague qui surgit en force en vous, la peur, cachée peut-être par la colère ou l’hostilité ? Entendez-vous votre propre voix devenir cassante, stridente, plus forte, plus grave ?

Réussissez-vous à observer votre mental entrain de « pédaler » pour défendre ses positions, se justifier, attaquer, faire des reproches ? En d’autres mots, réussissez-vous à vous réveiller à ce moment-là d’inconscience ?

Sentez-vous que quelque chose en vous est en guerre, quelque chose qui se sent menacé et qui veut survivre à tout prix, quelque chose qui a besoin de mélodrame pour pouvoir affirmer son identité de personnage victorieux dans cette position théâtrale ?

Sentez-vous que quelque chose en vous préfère avoir raison que d’être en paix ? »

Extrait tiré du livre « Nouvelle terre » d’Eckart Tolle

L’observation permet de prendre conscience de ce qui crée le mal-être au travers des mécanismes qui nous gouvernent et de s’apercevoir, que nous laissons le « mental EGO », avoir une emprise sur nous.

Elle permet de « voir » que par désir de sécurité qui conforte l’EGO, nos comparaisons, identifications et appartenances, génèrent un dysfonctionnement et de la souffrance, de par les divisions internes/externes que cela engendre, en dehors du fait de créer paradoxalement un processus d’isolement. C’est un « aveuglement » qui fait croire à une « déresponsabilisation» personnelle dans les conflits que cela occasionne en soi et dans ce monde.

Il est possible en mettant fin à ces divisions, de vivre unifié et pacifié, et cela n’enlève en rien notre responsabilité individuelle, par rapport à nos engagements familiaux, sociaux et professionnels, qui est de l’ordre des choses.

C’est en effectuant des changements en soi et dans notre manière de percevoir le monde, en faisant évoluer notre système de pensées, que tout devient possible. Tout est vibration, en résonance !

C’est en émanant de « bonnes » vibrations de par des sentiments dits « positifs » comme, l’enthousiasme, la gratitude, le respect, la bienveillance,… que nous favorisons des attractions en résonance avec ces vibrations. Il est évident que si l‘on entretient des sentiments de dévalorisation, de colère, de culpabilité, etc., on émane de « mauvaises » vibrations et il est fort probable, que des situations en lien avec ces vibrations viennent à soi.

Prenons conscience que nous avons une responsabilité dans ce qui se passe en nous et dans le monde. L'état d'esprit dans lequel nous sommes, influence notre devenir et l’orientation de la société à l'image de ce précepte:

Fais attention à tes pensées, car elles deviendront tes paroles.

Fait attention à tes paroles, car elles deviendront tes actes.

Fais attention à tes actes, car ils deviendront tes habitudes.

Fais attention à tes habitudes, car elles deviendront ton mode de vie.

Fais attention à ton mode de vie, car il deviendra ton destin.

Auteur inconnu

«Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine». Auteur inconnu

Geneviève

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 11:14
Quand on ne s'est pas senti aimé!

Qu'il est difficile de donner ce qui n'a pas été reçu?

Ne s’étant pas senties aimées enfants, certaines personnes ont bien du mal à « aimer » à leurs tours. Il leurs est difficile de communiquer ce qu’elles n’ont pas reçu et pourtant, l’amour est là.

"Il faut apprendre à aimer. - Voici ce qui nous arrive dans le domaine musical : il faut avant tout apprendre à entendre une figure, une mélodie, savoir la discerner par l'ouïe, la distinguer, l'isoler et la délimiter en tant qu'une vie en soi : ensuite il faut de l'effort et de la bonne volonté pour la supporter, en dépit de son étrangeté, user de patience pour son regard et pour son expression, de tendresse pour ce qu'elle a de singulier ; - vient enfin le moment où nous y sommes habitués, où nous l'attendons, où nous sentons qu'elle nous manquerait, si elle faisait défaut ; et désormais elle ne cesse pas d'exercer sur nous sa contrainte et sa fascination jusqu'à ce qu'elle ait fait de nous ses amants humbles et ravis, qui ne conçoivent de meilleure chose au monde et ne désirent plus qu'elle-même, et rien qu'elle-même.
Mais ce n'est pas seulement en musique que ceci nous arrive : c'est justement de la sorte que nous avons appris à aimer tous les objets que nous aimons maintenant. Nous finissons toujours par être récompensés pour notre bonne volonté, notre patience, notre équité, notre tendresse envers l'étrangeté, du fait que l'étrangeté peu à peu se dévoile et vient s'offrir à nous en tant que nouvelle et indicible beauté : - c'est là sa gratitude pour notre hospitalité.
Qui s'aime soi-même n'y sera parvenu que par cette voie : il n'en est point d'autre. L'amour aussi doit s'apprendre. "
Friedrich Nietzsche

Il est difficile de transmettre ce que l’on n'a pas reçu et il faut du temps pour « apprivoiser» les gestes qui démontrent l’amour que l’on a au fond de soi qui est si difficile à communiquer lorsque l’on en a été privé ou pas ressenti dans ses « tripes ». Pourtant cela ne veut pas toujours dire que l’on a pas été aimé .

Ce qui souvent fait défaut quand on ne s’est pas senti aimé, ce n’est pas l’amour, mais les gestes d’amour comme l’étreinte qui est si difficile à donner, car il faut se confronter au contact, au toucher, alors que l’on a tellement besoin soi-même d’être « materné ».

Les bras ont un merveilleux pouvoir apaisant. Prendre une personne dans les bras calme ses peurs et ses angoisses, cela a un effet « maternant ». L’étreinte a des bienfaits thérapeutiques » sur l’organisme, c’est ce que les chercheurs auraient découvert. Un « gros » câlin venant du cœur, produit une hormone appelée "ocytocine", qui est aussi l'hormone de l'amour. L’étreinte a donc un « pouvoir » extraordinaire sur notre santé, sans compter qu’elle nous apaise et nous aide à nous détendre et à nous sentir en sécurité.

L’amour de soi s’apprend et s’apprivoise et nous sommes les seuls à pouvoir nous l'apporter.

Pour me faire Aimer

Pour me faire aimer, j'ai vraiment tout essayé,
J’ai même changé de personnalité,
mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai acheté la paix
Même si cette paix me troublait,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai pris tous les blâmes sur moi
Même si je n’en étais pas la cause,
Mais ça n’a rien donné

Pour me faire aimer, j’ai tout accepté
Même de pardonner l’impardonnable,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai accepté de me faire blesser verbalement
Sans jamais riposter,
J’ai saigné abondamment et j’ai léché mes plaies,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai consenti à me faire rabaisser
Plus d’une fois
Mais ça n’a rien donné

Pour me faire aimer, je n’ai rien dit afin de vous protéger
Et j’ai tout enduré,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, je vous ai comblé de cadeaux
Et vous en avez largement profité,
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, je vous ai donné du temps
Que je n’avais pas,
Mais ça n’a rien donné

Pour me faire aimer, j’ai toujours fait les premiers pas
Même si vous saviez pertinemment que c’était à vous
De les faire
Mais ça n’a rien donné
Pour me faire aimer, j’ai essayé de vous faire comprendre
Tout en douceur, de différentes façons,
Mon besoin de vous, mon besoin de votre amour,
Mais ça n’a rien donné

Pour me faire aimer,
j’ai finalement compris,
Après plusieurs années
de travail acharné,
Que c’est moi que je devais
tout simplement
Aimer…

Auteur inconnu

Geneviève le 14-01-2014

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans articles
commenter cet article
23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 13:21
Le père Noël, une initiation au don

En cette veille de Noël, je viens vous partager un article que je trouve intéressant sur la symbolique du père Noël qui initie l'enfant au don.

L'esprit du don : le père Noël

Nourri par le mythe du plus grand don possible (un Dieu qui naît pour donner sa vie aux hommes), le « temps des Fêtes » est la période de l'année pendant laquelle l'univers du don, habituellement logé dans les interstices de la société moderne, vient occuper le devant de la scène. De ce fait, on y observe bien plus crûment que d'habitude les avantages et les inconvénients d'avoir des obligations et des liens sociaux. Les pauvres, ou les éclopés des rapports sociaux, détestent cette période et la fuient. Ils attendent avec impatience le retour des échanges froids, neutres, ce grand cadeau de la société marchande, où l'on paie tout et où l'on ne doit rien à personne, où l'on peut être seul sans être (trop) malheureux, sans éprouver le manque de relations. [...]

Vu l'importance de l'enfant dans l'univers moderne du don, nul ne sera étonné de constater qu'il est le personnage central de cette période des Fêtes : le don aux enfants est le rapport de don le plus soumis aux liens. Ce qui n'empêche pas l'un des phénomènes les plus étonnants du don moderne : le fait que les donateurs réels soient masqués, comme s'ils voulaient se soustraire à toute gratitude en introduisant un personnage mythique, étrange et évanescent, le père Noël. Ce phénomène est en expansion. [...]

Pourquoi les adultes jugent-ils tellement nécessaire que les enfants croient au père Noël, au point que beaucoup d'enfants font semblant d'y croire pour leur faire plaisir ? Pourquoi cet être, qui n'a qu'une seule fonction, donner, et qu'une existence éphémère ? Pourquoi ce dispositif, grâce auquel les enfants peuvent croire que les cadeaux ne viennent pas des parents ? [...] Comme si les parents cherchaient à se prouver à eux-mêmes qu'ils n'attendent aucune reconnaissance de ce don, qu'ils ne sont pas les « vrais » donateurs, en tout cas pas les seuls, que seul compte pour eux le plaisir éprouvé par l'enfant, qu'ils donnent uniquement par plaisir, même pas pour la reconnaissance, acceptant et faisant même en sorte que la reconnaissance soit dirigée vers un autre, irréel toutefois. Car la manifestation de plaisir du donateur est essentielle ; mais elle est dissociée, au moyen du père Noël, de la reconnaissance à l'égard du vrai donateur. [...] Comme dans le rapport de couple se profile ici la présence de l'étranger, là où on l'attendrait le moins.

Peut-être s'agit-il de libérer l'enfant de la dette si lourde qu'il a envers les parents. [...] Pour distinguer un don spécial des dons ordinaires, quotidiens, permanents que les parents font à l'enfant, et qui vont de soi ? Pour permettre à l'enfant l'apprentissage du don, de la gratuité, de la chaîne de transmission, pour lui permettre de vivre l'expérience d'un inconnu qui donne sans raison (même pas pour le motif d'avoir été sage, qui est aujourd'hui en voie de disparition ... ). [...]

Toutes ces raisons ne sont probablement pas sans fondement. Sans les exclure, les caractéristiques du personnage permettent d'avancer une hypothèse plus précise : celle de l'inscription du don dans la filiation. En français, le nom du personnage l'indique déjà : c'est un père. Le père Noël a une grande barbe, il rit d'une voix grave et prend les « petits enfants » sur ses genoux. Le père Noël ressemble à un grand-père. Le père Noël est un ancêtre. Il rétablit la filiation, le lien avec les ancêtres que la modernité rompt constamment. [...] Les cadeaux de Noël sont les premiers objets qu'un enfant reçoit de ses parents, dans sa vie, comme un don. Les derniers qu'il recevra constitueront l'héritage, à la mort des parents, quand ceux-ci iront rejoindre les ancêtres. [...]

Ainsi, les parents ne sont effectivement pas les seuls à donner. Le père Noël ouvre l'univers fermé de la famille moderne, rétablit un lien avec le passé, dans le temps, mais unit aussi les enfants à l'espace, au reste de l'univers. Il sort les enfants de leur petit monde, ouvre le réseau étroit dans lequel ils se situent habituellement. Le père Noël les relie au monde. C'est pourquoi il vient de si loin, du pôle Nord.

Jacques T. Godbout Sociologue, en collaboration avec Alain Caillé

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans articles
commenter cet article
11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 12:53
Le besoin de reconnaissance

Une quête!

L’apparence est un critère important parmi les préoccupations de beaucoup d’individus et pour certaines personnes plus que d’autres. Celles qui sont en besoin de reconnaissance se préoccupent davantage de comment bien paraître car derrière, se cachent des manques qui cherchent à être comblés.

Pour trouver de la considération et de l’estime dans le regard de l’autre, certaines affichent une « image de façade », s’habillant selon la circonstance et adoptant des comportements de rigueur pour être conformes à la norme et aux exigences sociales de cette société de « l’image ».

Pour se faire apprécier, il leur faut ne pas déplaire et du coup, elles répondent aux attentes et désirs de l’autre, en se « niant » au besoin quelques fois.

Alors qu'il y en a qui se « fondent » dans le moule pour ne pas se sentir sous le « feu des projecteurs », d’autres au contraire pour attirer l’attention, vont adopter des comportements particuliers, voir même provocateurs ou exubérants. D’autres encore, vont se dévaloriser ou se sentir indignes d’être aimés...

Ainsi par exemple, pour se faire remarquer ou pour masquer leur mal-être, certains feront des pitreries, d’autres l’exprimeront en « sur-jouant » pour masquer une dévalorisation… D’autres encore, chercheront à se faire accepter en étant d’une gentillesse extrême..., à chacun sa manière d’être présent au monde.

Ce qui caractérise toutes ces personnes est un besoin de reconnaissance qu’elles cherchent parfois « désespérément » à travers le regard de l’autre, pour se sentir aimées, considérées, valorisées, sécurisées, acceptées… Elles ont souvent bien du mal à s’affirmer, à être en accord avec ce qu’elles sont ou ce qu’elles ressentent intérieurement. La raison à cela est la peur du jugement, la peur de déplaire, de ce que va penser l’autre, car elles sont sensibles à la manière dont elles sont perçues.

Combien d’entre elles aimeraient se montrer sans artifice, dans tous leurs états, sans avoir à se cacher derrière une apparence. Mais elles ont beaucoup de mal à cela, car même lorsqu’elles veulent s’affirmer, leur inquiétude demeure par peur d’être jugées ou de déplaire.

Nos propres jugements nous font imaginer tout un tas de scénarios de ce que pourrait penser l’autre, ce qui bloque toute initiative: « si je fais ceci ou cela, l’autre va penser de moi…. ». Personne ne peut savoir ce que pense l’autre, ni même comment il peut réagir, sa réaction peut être celle que nous n’attendions pas et elle peut bien nous surprendre.

Le besoin de reconnaissance en lien avec le manque d’estime de soi, estime qui se « construit » durant l’enfance.

L’estime de soi se construit selon la manière dont les parents et/ou les proches posent le regard sur l’enfant, lequel influence la manière dont l’enfant se perçoit lui-même. S’il se sent accepté, aimé, choyé, entouré, protégé, sécurisé…, il se sentira ayant de la valeur et digne d’être aimé, ce qui lui donnera une plutôt bonne estime de lui-même.

S’il acquiert une faible estime de lui, il se peut qu’il soit en proie au doute, manquant de confiance en lui et qu’il soit vulnérable au regard de l’autre, au travers duquel il se perçoit et dans lequel il cherche une reconnaissance. En proie à la critique ou à l’éloge, à la tolérance ou l’intolérance…, ce regard lui parait rassurant ou menaçant. S’il a une tendance à se dévaloriser, ne se sentant pas à la « hauteur », il peut se dire qu’il est nul et se sentir rejeté. Il sera affecté par son propre jugement qu’il rencontrera dans le regard de l’autre, sans avoir conscience que c’est lui-même qui renvoie cette image. De ses blessures de l‘enfance, en ressort une dépendance au regard de l’autre de laquelle il aura du mal à se détacher, car il aura besoin de se sentir exister dans ce regard.

Donner de l’importance au regard de l’autre, c’est lui donner du pouvoir sur soi.

Le « pouvoir » que nous lui accordons est parfois tel, que nous le laissons influencer nos actions. S’en remettre au regard de l’autre, c’est lui permettre d’émettre à notre encontre un jugement et de déterminer notre « valeur ». En donnant du crédit à son jugement, c’est aussi d’une certaine manière se « décrédibiliser » à nos yeux et manquer d’affirmation de soi.

Si la peur du jugement nous habite, n’est-ce pas parce que nous-mêmes sommes dans le jugement de l’autre et l’auto jugement, dans ce qui est « bien » ou « mal »?

Le regard de l’autre est le miroir de ce qui nous habite, il est le reflet de notre propre jugement et évaluation. Il est le révélateur de nos blocages, de nos fêlures, de nos dévalorisations et de notre système de pensées où il y a cette même propension, comme chez l’autre, à juger autrui.

Ce regard nous révèle, ce que nous n’osons pas regarder en soi, nos culpabilités, nos peurs, nos doutes, nos échecs, nos dévalorisations, nos refus, notre vision « positive » ou « négative » de soi et du monde…. Nous sommes face à une dualité : « moi et les autres », favorable/défavorable, rassurant/menaçant, sympathique/antipathique, plaisant/déplaisant…, en proie à la critique ou à l’éloge.

Sans connaissance de notre histoire personnelle, l’autre ne peut être objectif dans ses jugements envers nous. Il perçoit des aspects de notre personnalité et l’image que nous lui renvoyons, varie selon les circonstances de la vie. Il ne peut juger qu’en fonction de sa propre histoire, et son jugement et/ou regard dépendent de l’écho que cela connecte en lui (de ce que nous lui renvoyons).

Si nous sommes en phase avec ce que nous sommes et ce que nous dégageons, et ce quel que soit le regard que l’on nous porte, il nous appartient alors de donner ou pas, d’importance à ce regard. Nous avons simplement à l’accueillir avec détachement, manière de ne pas être ou de se laisser identifier à lui. Il nous appartient surtout d’améliorer l’estime de soi pour ne plus être affecté par le regard qui nous est porté. S’estimer, n’est-ce pas se re/connaître, s’apporter soi-même cette reconnaissance qui parfois fait défaut?

La précarité professionnelle et financière que beaucoup d’individus rencontrent avec la crise actuelle, génère des incertitudes et angoisses concernant l’avenir, d’où une perte d’estime de soi pour certains.

En « s’émancipant » du regard de l’autre, nous gagnons en liberté d’être.

Il est ici question de se libérer de « l’attachement » du regard de l’autre, d’arriver au lâcher-prise pour se sentir libéré de cette emprise. Cela revient à s’émanciper de ce qui domine notre esprit et l’obscurcit.

Ce que j’appelle s’émanciper du regard de l’autre, c’est accepter que ce regard soit parfois « critique », peu ou pas aimant et qu’il ait une perception peu plaisante de nous. De la même manière que nous acceptons avec joie ce qui nous plait, n’avons-nous pas aussi à accepter ce qui nous déplait? Si nous sommes affectés par ce regard, n’avons-nous pas à nous interroger sur ce qui a été touché en nous ? Si notre propre regard sur nous, n’est pas ou peu aimant, il n’y a rien d’étonnant à cela, que le regard de l’autre vienne en miroir, en réponse à cette image que nous avons de nous.

S’affranchir du regard de l’autre demande de faire un travail sur soi, de faire l’analyse de nos blocages; angoisses, peurs, sentiments, etc., mais aussi d’entraîner notre esprit à une nouvelle façon de percevoir positivement le monde qui nous entoure.

Nous devons apprendre à mieux nous connaître, à « entendre » ce qui résonne au plus profond de nous, à identifier nos forces et nos faiblesses et à « lâcher » les croyances qui nous limitent. N’aurions-nous pas à re/considérer par exemple que ce, que nous pensons être comme étant un échec, serait une expérience à travers laquelle chacun expérimente la vie pour son apprentissage?

Il nous faut donc avoir le courage de mettre un terme à tout ce qui peut nous causer du tourment et de s’affranchir de toute dépendance, terrain propice au mal-être. Nous devons apprendre à nous écouter, nous respecter et à nous ouvrir aux autres, en assumant ce que nous sommes, quitte à déplaire.

Ce qui compte surtout, c’est de gagner en estime de soi, qui permet de re/trouver la confiance en soi. Poser un regard bienveillant sur soi, implique d’accepter toutes les parties, tant nos parts d’ombre que de lumière, en s’acceptant tels que nous sommes. L’acceptation de soi nous unifie à nous-mêmes !

"C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devrait faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un." (Marcel Jouhandeau)

…………………………………………………………………………………………………..

Pour me faire aimer

Pour me faire aimer, j'ai vraiment tout essayé, j’ai même changé de personnalité.

Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai acheté la paix, même si cette paix me troublait.
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai pris tous les blâmes sur moi, même si je n’en étais pas la cause.
Mais ça n’a rien donné.

Pour me faire aimer, j’ai tout accepté même de pardonner l’impardonnable.

Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai accepté de me faire blesser verbalement, sans jamais riposter,
J’ai saigné abondamment et j’ai léché mes plaies.
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai consenti à me faire rabaisser plus d’une fois.
Mais ça n’a rien donné.

Pour me faire aimer, je n’ai rien dit afin de vous protéger, et j’ai tout enduré.
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, je vous ai comblé de cadeaux
Et vous en avez largement profité,
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, je vous ai donné du temps que je n’avais pas pour moi.
Mais ça n’a rien donné.

Pour me faire aimer, j’ai toujours fait les premiers pas, même si vous saviez pertinemment que c’était à vous de les faire.
Mais ça n’a rien donné.
Pour me faire aimer, j’ai essayé de vous faire comprendre tout en douceur, de différentes façons, mon besoin de vous, mon besoin de votre amour.
Mais ça n’a rien donné.

Pour me faire aimer, j’ai finalement compris, après plusieurs années de travail acharné, que c’est moi que je devais tout simplement AIMER…

Auteur inconnu

Geneviève

SUPERVISION - http://viadeo.com/s/dgQ33

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

http://www.laparenthese.chezvotrehote.fr

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans articles
commenter cet article
3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 10:55
Le conte d'Aimémoa, en besoin de reconnaissance

Voici l’histoire d’Aimémoa, un être en quête de reconnaissance. Même s’il n’en a pas conscience, c’est un « mal » qui l’habite, un besoin intérieur dû à une blessure profonde qu’il l’exprime souvent en faisant le « clown ». C’est sa façon particulière d’être présent au monde qui l’entoure. Il est de ce fait, très doué pour faire le « pitre » et il pourrait en faire son métier.

Des comme lui, croyez-moi, nous en connaissons tous autour de nous; amis, relation de travail ou encore, parmi nos proches, ou peut-être bien nous-mêmes, car le manque de reconnaissance est une « blessure » qui ne se voit pas.

Peut-être vous dites-vous, qu’il y a bien d’autres manières pour le manifester comme par un complexe de supériorité ou d’infériorité, ou bien, par la dévalorisation ou négation de soi, ou encore, par une opposition avec l’ordre établi, ou en protecteur des plus défavorisés, ou même, par une attitude tyrannique…, mais pour Aimémoa faire le clown, c’est d’une certaine façon un masque derrière lequel il se réfugie.

Ce besoin de reconnaissance, dont il « souffre », a pris racine avant sa conception. Cette blessure de l’ « âme », tout comme une maladie héréditaire, lui a été transmise par sa généalogie dont il est le manifesté. Ainsi, son devenir est entre autre, conditionné par l’histoire de sa famille, étant le lien, elle lui donne un sens dès sa « naît-sens » (naît le sens du projet parental).

Par conséquent, il lui incombe de réparer les blessures du passé bien malgré lui, étant prédestiné à en poursuivre l’histoire tout comme sa grand-mère maternelle qui elle aussi a souffert du même mal toute sa vie.

Et pour cause, orpheline depuis sa tendre enfance, elle était devenue pupille de la nation, élevée de famille en famille sans avoir reçu le moindre amour.

Et l’histoire se perpétue, Aimémoa non plus n’a pas été conçu dans l’amour. Comment aurait-il pu en être autrement ? La femme qui lui servait de nid, n’était pas disposée à ce moment là, à devenir mère, pour elle, ce n’était pas le bon moment. C’était même un drame, car son mari depuis toujours lui avait fait part de son non-désir d’enfant et par cet incident, il se sentait trahi. Il ne voulait donc rien entendre, c’était le problème de sa femme, son bâtard, comme il lui plaisait à dire.

Ce fait venait rajouter un peu plus de malaise entre-eux. Ils avaient déjà bien du mal à s’aimer eux-mêmes qu’ils n’arrivaient même plus à communiquer, si ce n’est que par « tort ou raison », employant sans cesse le « tu », qui tue. Tous deux étant des écorchés de la vie, auraient nécessité d’être comblés dans leurs manques d’enfance, mais au lieu de cela, ils « nourrissaient » mutuellement leurs « conflits ».

Arrêtons-nous un instant sur leur histoire. La maman d’Aimémoa, comme sa propre mère, ne connaît pas le bien-être de se sentir aimée, depuis toujours soumise, à son père et ensuite à son mari, se sent comme une « chose » sans cesse dévalorisée. Quant au père d’Aimémoa, lui aussi trimbale son fardeau de passé. Ce fait, vient réveiller de vieux démons à travers lequel, il revit sa plus grande douleur. Celle qui a marqué au fer rouge, toute son existence. Pour comprendre mieux son attitude envers sa femme, il nous faut situer le contexte dans lequel il a grandi.

Son enfance fut « fidèle» au douloureux vécu de sa famille, l’introduisant dans cette quête de reconnaissance. Tout petit, abandonné par ses deux parents, il fût placé à la D.A.S.S et trimbalé, lui aussi de famille en famille. Il en avait tellement souffert, qu’il s’était juré de ne jamais avoir d’enfants. Je vous laisse imaginer le contexte, dans lequel il a grandi, loin de la chaleur d’un doux foyer, où il fait bon vivre. Bien sûr, pour son éducation, il ne manqua de rien, l’état subvenait à ses besoins. Alors, dans cette froideur administrative, tant bien que mal, il s’est construit, avec une forte tendance à se dévaloriser, mais, insidieusement, à son insu, ses blessures s’enkystaient ; Sentiment de rejet, d’abandon, d’injustice….

Cela explique pourquoi le père d’Aimémoa ne voulait rien entendre, il ne fallait surtout pas lui parler de ce rejeton. Alors, sa femme essayait, en vain, de faire une fausse couche, et l’estime qu’elle portait à son mari avait chuté considérablement. Mais, Aimémoa était bien là et bien décidé malgré tout, à vivre.

Puis, arriva le jour « J ». Aimémoa vint au monde dans la douleur, aidé par des forceps. C’était un nourrisson un peu chétif mais néanmoins, plein de vie. Il faisait déjà tout son possible pour attirer l’attention de son entourage et très vite, sa maman tomba sous son charme.

Il lui restait à charmer son père, ce qui n’était pas une mince affaire. Malgré cette apparence de rustre, que montrait ce dernier, c’était un homme profondément droit avec des principes. Bon gré mal gré, il finit par accepter la présence d’Aimémoa. Il tenait tout de même à lui donner une bonne éducation, mais il ne fallait pas lui en demander plus, car, le « plus », il ne connaissait pas.

Les années passant, il ne lui prêtait toujours pas d’attention particulière, si ce n’est que pour sa scolarité, ou ses performances sportives, matières où Aimémoa excellait d’ailleurs mais, le reste en apparence, ne paraissait guère l’intéresser. On ne pouvait pas dire pour autant qu’il ne l’aimait pas, il montrait une certaine indifférence.

Aimémoa ne comprenait pas l’attitude de son père et en souffrait en silence. Pourtant, il en déployait de l’énergie pour être vu de lui, mais cela ne paraissait pas suffire à attirer son attention. Il avait néanmoins remarqué, que lorsqu’il faisait le pitre, cela amusait son père, mais pas seulement, son entourage aussi. Alors, il faisait de plus en plus souvent le clown. Mais, cette apparence masquait une grande tristesse. D’ailleurs, les expressions qu’il employait à son sujet le révélaient n’étant pas en phase avec la réalité: « Tu vas rire ou, c’est rigolo ce qui m’arrive ». Et il grandit ainsi, « portant » sa douleur, sans savoir qu’il portait aussi celle de ses deux parents.

Inconsciemment, il se mit à chercher cette reconnaissance, à travers ses relations amicales et professionnelles, celle qu’il aurait tant voulu recevoir de son père. C’était devenu un handicap. Comme il avait du mal à se « père ce voir », c’est à travers le regard de « l’autre » qu’il se cherchait. Son bien-être en dépendait. Il n’agissait jamais dans son propre intérêt, pour ne pas risquer de déplaire bien sur, si bien que certains, abusaient de sa gentillesse.

Il aurait aimé être accepté pour lui-même, sans condition, et non, pour ce qu’il pouvait apporter aux autres, mais il n’était pas dupe, malgré tout, c’était pour lui, mieux que rien, cela lui donnait au moins, une certaine valeur.

Mais sans s’en rendre compte, il attirait l’inverse de ce qu’il désirait. En effet, à force de tant vouloir satisfaire les autres, il se niait lui-même. Dans ces conditions, comment pouvait-il être vu vraiment, puisque ce qu’il montrait de lui était «le trop de gentillesse», le trop de pitrerie… ? Il ne laissait à personne, entrevoir sa tristesse, ce «trop» le résumait et le réduisait car, c’était tout ce qu’il «permettait» de percevoir de lui.

Il nous arrive à tous de croiser sur notre chemin des Êtres comme Aimémoa. L’apparence n’est qu’une carapace, une protection, mais à l’intérieur se cache des êtres à aimer. Leurs attitudes viennent en écho à leur histoire, c’est pourquoi ne sont-ils pas à dissocier de leurs actes quels qu'ils soient, pour que nous leurs offrions ce que nous avons de plus merveilleux en nous et qui de plus, ne coûte pas un sou : notre reconnaissance et notre considération et surtout, un regard aimant et bienveillant? Chacun de nous n’est-il pas digne d’intérêt et d’amour?

Geneviève

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY - dans contes
commenter cet article
17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 15:53
Le chantage affectif!

Qui n’a jamais en conscience ou pas, utilisé et/ou subi ce moyen d’ex/pression qu’est le chantage affectif?

Cela ne part pas forcément d’un mauvais sentiment, ce comportement exprime une « demande » qui cherche à être entendue. Selon le contexte, des petites phrases bien ciblées sont utilisées par le « maître chanteur » pour toucher une « corde » sensible, l’émotionnel. A travers cette stratégie « redoutable », ce moyen de pression est en quelque sorte une prise de pouvoir en douceur qu’il utilise pour éviter d’entrer en conflit direct. Sa demande n’est jamais bien claire, elle est insinuée.

Le recours à la culpabilisation est une manière d’amener l’autre à satisfaire ses demandes, mais d’autres stratagèmes sont aussi utilisés comme, les promesses, l’argent, les louanges, la flatterie, les menaces, les crises de larmes, la colère, la « victimisation »,…

« Après tout ce que j’ai fait pour toi, je mérite au moins un peu d’attention, non… ! »,

« Je me suis « saigné(e) » aux quatre veines pour te payer des études … »,

« Je pensais que je pouvais compter sur toi, c’est comme ça que tu me remercies… »,

«Et tu te dis être mon ami(e), c’est ça ta belle amitié… ? »,

«Je suis malade et tu ne prends même pas de mes nouvelles … »,

« Si tu fais ceci ou cela, tu risques…»,

« Si tu me quittes, plus rien ne me rattache à la vie »,

« Si tu étais vraiment un(e) ami(e)s… »,

«Si tu m’aime vraiment …»

Celui ou celle qui utilise le chantage affectif est souvent séducteur et utilise un panel émotionnel dont il ou elle abuse, pour se positionner en victime, jouant sur des valeurs comme la fidélité ou le dévouement,…, mais aussi sur des traits de caractère dont il connaît les points faibles, comme la sensibilité, le trop de gentillesse. Son amour pour l’autre n’est pas un amour dénué d’intérêt personnel, car il est lié à une dépendance. Ces personnes aiment d’un amour plutôt égoïste, tourné vers soi.

Dans une relation affective la communication est souvent parasitée par notre monde émotionnel.

A travers lui s’expriment des blessures psychiques et il est alors difficile « d’entendre » et/ou de voir l’autre autrement qu’à travers ce prisme, tellement l’on est impliqué émotionnellement dans la relation. La communication peut alors se « détériorer » et les parties concernées en souffrir.

Ce mécanisme que Jacques Salomé appelle SAPPE (Sourd – Aveugle – Pervers – Pernicieux - Energivore), est déstabilisant à vivre, car il crée un déséquilibre dans la relation avec des rapports : dominant/dominé, d’opposition, de soumission, de victimisation, de dépendance, d’asservissement, de « maltraitance »…, générant des ressentis divers tels que : le sentiment de dévalorisation, de non-respect de soi, de manque de confiance, de ne pas être aimé pour soi...

L’enfance, source de bien des schémas répétitifs !

L’enfant intègre une image de lui-même dès sa petite enfance, tout d’abord dans sa relation fusionnelle avec sa mère dès sa naissance. Puis, il apprend à se distinguer dans la relation triangulaire où le père occupe une place importante et à se positionner au sein de sa famille.

S’il grandit dans une atmosphère sécurisante, respectueuse, aimante et favorable à son équilibre et à son autonomie, cela influencera son regard d’une manière plutôt positive sur le monde qui l’entoure et sur l’image qu’il se fait de lui-même.

Mais l’enfant peut être au centre de divers schémas, où le chantage affectif est un moyen de pression et/ou de contrôle

Il arrive aussi que ce soit l’enfant lui-même qui utilise ce moyen de pression face à des parents qui ne savent pas lui opposer un non, ou lorsque la relation parent/enfant est trop fusionnelle.

Manquant d’autorité, les parents cèdent aux désirs de leur enfant pensant le rendre heureux. Du coup, n’ayant pas de limites, il grandit dans l’insécurité n’ayant pu les tester et dans la vision que tout peut lui être acquis. Et lorsqu’il se heurte à un refus c’est le drame, car cela le met dans la frustration.

Il peut aussi être l’objet de parents faisant preuve de psychorigidité, de laxisme, d’autorité excessive, de possessivité, d’anxiété, d’immaturité…

Dans une relation fusionnelle parent/enfant.

La séparation est un moment de déchirement tant pour le parent que pour l’enfant qui capte ses émotions et lorsque ce moment arrive pour toutes sortes de raisons, toutes les tentatives sont bonnes pour retenir ce parent. L’enfant éprouve une véritable souffrance, une peur d’être abandonné et ses pleurs ne relèvent pas d’un caprice.

L’enfant peut aussi faire l’objet d’une surprotection.

Cette surprotection le prive de liberté d’agir parfois sous forme de chantage affectif, comme par exemple: « attention, si tu fais ceci ou cela, tu vas te faire mal et s’il t’arrive quelque chose, je serai très triste ».

Ne pouvant « librement » en faire l’expérience, il peut non seulement intégrer une peur, mais aussi, ne pas se sentir à la hauteur dans certaines situations et manquer de confiance en lui.

Par le biais du chantage affectif, il peut aussi être soumis quotidiennement aux promesses de récompenses et à la sanction comme punition.

Par exemple pour ses résultats scolaires: « si tu travailles bien à l’école, tu auras une surprise ». L’enfant intègre la déception lorsqu’elles ne sont pas tenues.

« Si tu n’es pas sage tu vas m’obliger à te punir … ». Dans cet exemple, l’enfant est face à la culpabilité s’il lui arrive d’être puni.

Il peut parfois être investi de pallier à la défaillance d’un parent dans sa fonction de père ou de mère.

Il lui est alors « demandé » de compenser cette défaillance, en l’investissant dans de ce rôle, le considérant comme un grand : « Avant de sortir t‘amuser, tu dois t’occuper des tes frères et sœurs et faire le ménage… ». Il s’occupe alors en « petit père » ou « petite mère » de sa fratrie, mais aussi parfois de ses parents lorsqu’ils sont eux-mêmes « inaptes » à le faire. Il devient trop vite mature, ayant une enfance « volée » par la charge de responsabilités qui lui incombe. Plus tard, il se peut qu’il se positionne consciemment ou inconsciemment en protecteur, en « maternant » ou « paternant » sa famille et même plus élargi encore.

Il arrive aussi que dans certaines situations de divorce, l’enfant fasse soudain l’objet d’un chantage et de pression par les deux parents.

Devenant leur seul centre d’intérêt, « l’enjeu », il est alors « tiraillé » entre ses deux parents, où il lui est implicitement ou explicitement « demandé » de prouver son amour envers le parent en demande, comme s’il avait à faire un choix entre l’un ou l’autre. Cette position étant inconfortable et ne pouvant choisir, il en ressent parfois une grande culpabilité. Il aura par la suite bien du mal à se positionner lors de conflits, où il optera pour le non-choix ou la fuite, ce qui le fragilisera dans ses relations affectives.

Le chantage affectif passe parfois aussi par l’humiliation. L’enfant éprouve alors un fort sentiment de honte et aussi d’injustice.

Ce chantage affectif dont il est d’une certaine manière prisonnier, « oblige » l’enfant à se plier aux injonctions de ses parents.

Étant soumis à leurs exigences, il aura à faire souvent abstraction de ses propres désirs. Il lui incombera de les « rassurer » par diverses preuves d’amour, ou de se « plier » à leurs désirs, s’il ne veut pas porter le poids de la culpabilité qui lui est renvoyé. Il sera ainsi pris en « otage », devant se nier pour ne pas risquer de perdre l'amour de ses parents.

La structure dans laquelle il évolue n’étant pas « sécurisante », il aura une difficulté à bien se construire. Il intègrera une image de lui souvent empreinte de culpabilité, parfois dévalorisante, entraînant un manque d’estime de lui-même.

Étant mémorisé, ce schéma lié à ce conditionnement le « poursuivra » dans sa vie d’adulte et des situations viendront à lui en écho à cette mémoire « traumatique ». Au regard de ce vécu, il aura une difficulté à s’affirmer dans toutes les situations où il fait l’objet de pressions psychologiques et injonctions d’intimidation.

Pour répondre à ce schéma, il n’est pas impossible qu’il soit tantôt « manipulateur » et tantôt « manipulé».

Derrière le chantage affectif qui est une forme de manipulation et de pression, se cache donc un être en souffrance.

Au travers du chantage affectif, la personne qui a cette attitude est en « demande », car elle est en souffrance face à ses peurs. Cette souffrance peut créer certains attachements comme la dépendance affective, un besoin d’approbation ou de reconnaissance, provenant d’une angoisse, de peurs, d’une dévalorisation…et qui peut être différente pour chacun comme, la peur d’être abandonné, rejeté, incompris, pas aimé, nié…

La personne qui en souffre a besoin d’être rassurée et se sentir aimée par des preuves. Le chantage affectif est une manière de tester l’amour et la considération de l’autre, en lui imposant parfois d’aller à l’encontre de ses propres désirs.

Cette dépendance affective vient en écho à sa propre histoire en connectant des « blessures » et des peurs, mais elle connecte aussi celles de l’autre qui est particulièrement sensible, au regard de sa propre histoire. C’est ce qui explique qu’il lui est difficile de ne pas céder au chantage affectif, car ils sont tous deux (manipulé/manipulateur), en interdépendance et en résonance avec leurs blessures réciproques. Du coup ces personnes se laissent « manipuler » par la, ou les mêmes peurs.

Il se passe parfois du temps avant de s’apercevoir que l’on est sous l’emprise d’un chantage affectif. Ce qui fait qu’il est difficile d’y mettre un terme peut provenir d’un manque d’affirmation, d’une culpabilité, peut être aussi une fuite par peur de ce qui pourrait se passer en résonance avec sa propre histoire.


Il est pourtant nécessaire de mettre un terme à ce schéma, tant pour le « manipulateur » que pour le « manipulé ».

En identifiant ce mécanisme qui « gouverne » la relation, cela permet d’être éclairé sur son dysfonctionnement et sur le déconditionnement à effectuer de certaines attitudes. Alors, comment déjouer ce mécanisme sans se sentir coupable ?

Il faut bien prendre conscience que le chantage affectif ne peut avoir d’emprise sur nous, s’il n’y a aucune prise. C’est une relation qui se « joue » à deux, ayant un effet miroir.

Pour mieux comprendre imaginons que le « maître chanteur » est comme un enfant en demande qui teste l’amour de ses parents et aussi leurs limites. En se positionnant dans le refus de certains de ses désirs, ils l’aident à accepter qu’il ne puisse tout obtenir et l’enfant se rend compte qu’il n’en perd pas pour autant l’amour de ses parents.

Mais il peut aussi avoir des parents qui cèdent à ses moindres demandes, étant dans l’incapacité de se « positionner » par un refus. Il n’est pas rare que l’un des deux parents renvoie l’enfant en demande voir avec l’autre parent pour prendre une décision: « demande à ton père (ou ta mère)… »

Il est nécessaire d’amener le « maître chanteur » à formuler clairement ses demandes et/ou ses peurs. On peut s’apercevoir qu’il y a un besoin caché, une souffrance.

Le changement ne peut venir que de soi, car tant que l’on attend des changements chez l’autre, on peut attendre longtemps. Un feu s’éteint dès lors qu’il n’est plus alimenté, pour le chantage affectif, c’est pareil!

Il est donc souhaitable de travailler sur l’image de soi en ayant conscience de sa propre valeur pour se détacher du regard de l‘autre. En refusant d’entrer dans le jeu « Je » de la manipulation, il n’est plus alimenté et l’on y gagne en liberté d’être.

Geneviève

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 07:17
Le conte de la petite autruche si courageuse...

Le conte de la petite autruche si courageuse qui mettait toujours sa vie en danger, entre boulimie et anorexie, pour tenter d’exister tenacement, pathétiquement, pour dire et ne pas dire l’insupportable.

Il était une fois une petite fille d’autruche qui pendant des années refusa de manger. Elle était devenue comme on dit dans le langage des autruches, qui est très particulier : anorexique.

Il faut que je vous dise qu’elle maltraitait son corps avec un acharnement incroyable. Elle pesait la moitié de son poids normal et ses parents, sa mère en particulier, envisageaient de l’hospitaliser. Cela se fit d’ailleurs dans des conditions douloureuses pour chacun des parents et surtout pour la petite autruche qui hurlait dans son corps ce qu’elle ne pouvait dire autrement. Elle criait avec des maux ce qu’elle ne pouvait exprimer avec des mots. Et pourtant il y avait plein de mots en elle, qu’elle devait avaler, ravaler sans cesse. Ce sont tous ces mots-là qui la nourrissaient avec une rage terrible. A force de les remâcher, de les ruminer en elle, cela la remplissait sans qu’elle ait besoin de manger.

A la sortie de la clinique (très chère, ou très chair !) la petite autruche inversa sa tactique, elle se mit à manger, à manger de tout, à tout instant, avec plein de dégoût et de colère en elle. Ensuite, elle allait dans un coin et vomissait, rejetait tout ce qu’elle avait avalé avec tant de violence contre elle-même. On appelle cela, dans le langage des autruches, de la boulimie. Tout se passait comme si elle voulait absorber toutes les paroles de sa mère.

Ah oui, vous ne suivez plus ? Cela vous paraît trop compliqué !
C’est vrai que j’ai oublié de vous dire que sa mère parlait beaucoup, vraiment beaucoup trop, sans arrêt. Elle avait une explication pour tout. Elle vivait des choses terribles dans son couple, de nombreuses frustrations, des ressentiments, des humiliations, qu’elle ne voulait éviter, et dont elle ne pouvait se plaindre car elle était attachée à cette relation.

Cela se passe parfois ainsi chez les autruches, on croit qu’elles se cachent la tête dans le sable pour ne pas voir ni entendre, mais c’est aussi pour ne pas dire. Pour ne pas dire l’essentiel.
Une autre des techniques, parmi les plus pratiquées chez les autruches, c’est de parler pour ne rien dire, pour mettre des mots en écran, pour créer une sorte de brouillage avec leur propre ressenti. Car si elles entendaient leurs ressentis cela deviendrait vite insupportable, inacceptable pour elles.

Vous comprendrez donc le double conflit qu’avait la petite autruche avec elle-même et avec sa mère. Je vais tenter de le dire plus clairement.
Dans la phase anorexie, pour parler comme les autruches, tout se passait comme si la petite rejetait comme pas bon ce qui lui venait de sa mère, tout en essayant d’attirer et de capter inlassablement son attention.
Comme si elle disait en se privant :
- Arrête, arrête de parler sur moi sans cesse, arrête, tu vois bien que je refuse, que je rejette tout ce qui vient de toi parce que ce n’est pas réellement toi !
Vous comprenez mieux maintenant !

Et puis dans la phase boulimie, c’est comme si elle disait :
- Je vais avaler tout ce qui vient de toi, je vais tenter de te débarrasser, maman, de tous ces mots qui t’encombrent. Comme cela tu pourras enfin un jour dire l’essentiel, le plus important pour toi.
Comme vous le voyez, c’est une situation qui semble sans issue, sans fin, je veux dire sans faim.

Vous comprenez mieux maintenant le courage, la détermination de cette petite autruche, qui prenait ainsi le risque de maltraiter son corps en essayant pathétiquement, tenacement, de dire à sa mère :
- Je te montre, maman, dans mon corps, la façon dont, toi, tu maltraites ta vie, comment tu acceptes de ne pas être respectée. Je te le montre par tous les moyens, pour ne pas être amenée un jour à faire comme toi !

Nous pouvons entendre que ce qui paraît être au premier regard comme une auto maltraitance, une autodestruction de la part de la petite autruche, était en fait une façon extraordinairement courageuse de résister, de faire face, de ne pas mettre sa tête dans le sable comme le font beaucoup de ses semblables.

Il serait trop long de démêler les enchevêtrements complexes qu’il peut y avoir entre une petite autruche et sa mère, et puis je ne suis pas là pour faire de la psychologie. Toute cette histoire est seulement un conte. Des situations comme celles-ci ne se passent d’ailleurs qu’au pays des autruches.

Et ne croyez pas non plus que je souhaite mettre la maman autruche en accusation. Cette femme, au-delà de ses aveuglements, affronte également sa propre souffrance autour des situations inachevées de sa propre histoire.

Nous voyons qu’il s’agit d’un système très complexe où une enfant prend sur elle pour témoigner, jusqu’à sa propre destruction, d’un conflit perçu chez sa mère, pour tenter pathétiquement de l’en débarrasser. Mais, ce faisant, elle va paradoxalement paralyser cette mère, qui va se mobiliser entièrement autour de l’anorexie ou de la boulimie de son enfant, sans pouvoir s’occuper d’elle, tellement sera angoissant ce retour sur elle-même.

C’est ainsi que cela se passe parfois au pays des autruches. Je ne sais si ce conte parviendra un jour à cette petite autruche.

Jacques Salomé, extrait de ses Contes à aimer, contes à s’aimer

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 15:03
Les mots et leur pouvoir!

Le pouvoir des mots

Un orateur parle du pouvoir de la pensée positive et des mots.

Un participant lève la main et dit:

« Ce n’est pas parce que je vais dire bonheur, bonheur, bonheur! que je vais me sentir mieux, ni parce que je dis malheur, malheur, malheur! que je me sentirai moins bien: ce ne sont que des mots. Les mots sont en eux-mêmes sans pouvoir… »

L’orateur répond:

« Taisez-vous espèce d’idiot, vous êtes incapable de comprendre quoi que ce soit ! »

Le participant est comme paralysé, il change de couleur et s’apprête à faire une répartie cinglante: « Vous, espèce de… »

L’orateur lève la main : « Je vous prie de m’excuser. Je ne voulais pas vous blesser. Je vous prie d’accepter mes excuses les plus humbles »

Le participant se calme.

L’assemblée murmure, il y a des mouvements dans la salle.

L’orateur reprend:

«Vous avez la réponse à la question que vous vous posiez: quelques mots ont déclenché chez vous une grande colère. D’autres mots vous ont calmé.

Comprenez-vous mieux le pouvoir des mots ? »

Source inconnue

Certains mots font écho en nous et nous affectent !

« Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. »
René Ch
ar

Nous sommes tantôt émetteurs de mots et tantôt récepteurs et parfois, ils peuvent être « blessants » s’ils viennent réveiller de vieilles blessures. D’où l’importance de bien « peser » les mots que l’on adresse à une personne. Mais cela suffit-il ?

Un mot peut être dit sans « mauvaise » intention et sans arrière pensée et malgré tout être mal pris, voire très mal interprété. Il peut prendre une autre coloration dans l’esprit de celui ou celle à qui il est adressé. La personne qui dit ce mot n’est pas consciente de ce qui se « joue » dans cette communication émetteur/récepteur, car quelque part elle est le révélateur, le miroir de blessures enfouies, mais combien toujours présentes chez celui ou celle à qui elle s’adresse.

A l’insu des deux parties, un mot va connecter chez la personne qui le reçoit, des « doux leurres » de son histoire et parfois une mimique qui l’accompagne, peut renvoyer en conscience ou non, à des attitudes « blessantes » de son passé.

A lui seul, un mot n’a aucun pouvoir, c’est un mot !

Les mots servent à décrire au plus juste une pensée, un objet, une situation, un ressenti… C’est nous qui leurs donnons du pouvoir en conscience ou pas, tant dans la manière de les exprimer, que dans la manière de les recevoir. Ils peuvent alors contribuer à notre mal-être ou bien, être guérisseur.

Lorsqu’un mot « touche » notre émotionnel nous ne sommes plus objectifs ! Le mental (ego) se l’approprie, l’extrayant du contexte dans lequel il a été dit, distord la réalité et projette sur les faits sa « vérité » qui devient alors personnelle, ce qui nous leurre et parfois nous affecte.

En fonction de l’écho que cela fait en nous, un mot, peut donc avoir un pouvoir considérable sur nous et rester en mémoire pour longtemps ! Des réactions émotionnelles peuvent s’en suivre en fonction de l’emprise que nous leur avons laissé et de l’état d’esprit dans lequel nous nous sommes laissés plonger.

Chacun peut en faire l’expérience, il y a des mots que l’on relativise facilement et d’autres qui ont une « prise » sur nous.

Faisons attention aux mots que nous employons!

Il y a un proverbe qui dit : Il existe quatre choses dans la vie que l’on ne peut rattraper:
la pierre après l'avoir lancée, le mot après l'avoir dit, l'occasion après l'avoir perdue et le temps après qu'il soit passé.

Prendre l’autre pour défouloir à humeur sur lequel on peut « piétiner » et « s’essuyer » comme sur un paillasson, c’est selon moi agir dans un état dépourvu de sensibilité, non seulement envers celui ou celle qui subit ces états d’âmes, mais aussi envers soi-même !

Après avoir froissé une feuille de papier, peut-on ensuite la remettre dans son état initial ? Non ! Il subsiste des traces. Comme la feuille de papier, des excuses à elles seules ne suffisent parfois pas à « défroisser » le cœur de la personne « blessée » par des mots dits à son encontre, il en reste des traces!

Pour un enfant, un mot venant d’un proche ou d’une personne importante à ses yeux, peut bouleverser sa vie !

L’enfant s’identifie à ce que les proches pensent de lui et il donne de l’importance à ce qu’ils lui disent. Ils ont donc un pouvoir considérable sur lui. Le regard qui lui est porté est celui qu’il intègre. Par exemple s’il lui est dit et répété qu’il est un INCAPABLE, il assimile qu’il est en réalité un INCAPABLE. Ensuite ses attitudes vont venir renforcer cette image dévalorisante. Derrière cette dévalorisation qu’il aura intégré, c’est l’estime de soi qui est profondément atteinte, incluant le manque de confiance en soi. Mais aussi, insidieusement certaines blessures peuvent s’enkyster, comme le sentiment de rejet, d’humiliation, d’injustice… qui peuvent le poursuivre toute sa vie, en attirant involontairement à lui des situations où elles se réactivent.

Les parents doivent prendre conscience que les mots dévalorisants adressés à leur(s) enfant(s), peuvent perturber leur équilibre psychique.

« Voyant, enfant, la lueur d’admiration, d’enthousiasme et d’amour dans l’œil de nos proches, nous intégrons progressivement ce miroir positif et apprenons à nous aimer. » Guy Corneau

Tout réside dans la manière d’accueillir ce qui nous est dit.

Lorsqu’un mot nous affecte, il est souhaitable de l’évacuer au plus vite pour ne pas laisser le mental faire son œuvre, qui pourrait perturber notre organisme. Si possible le verbaliser à la personne qui l’a dit, de manière à exprimer son ressenti et lui permettre de s’en expliquer ou de le replacer dans le contexte et/ou de s’en excuser. Autre possibilité, par le biais d’une lettre qui peut être faite de manière symbolique, pour des personnes injoignables par exemple.

Il est préférable de ne rien « prendre » personnellement, laissant ce mot à celui ou celle de qui il émane. Nous pouvons le prendre bien ou mal, mais nous pouvons aussi ne pas le prendre du tout, le laissant à son auteur.

Nous pouvons aussi saisir cette occasion comme étant une opportunité pour comprendre pourquoi cela nous affecte tant. Les maux se « servent » des mots pour exprimer de vieilles blessures de l'histoire personnelle et tant qu'elles ne sont pas guéries, elles cherchent à se manifester, les mots n’étant pour elles qu’un moyen d’expression parmi tant d’autres. C’est pourquoi, des situations viennent à nous pour faire écho à nos blessures et elles sont selon moi à saisir, comme étant des occasions pour les guérir.

L’acceptation et pour certaines personnes le pardon, leurs sont parfois nécessaires pour aller vers le mieux être.

L’acceptation ou le pardon ne se font pas sur un claquement de doigts. Il faut du temps pour ces processus. On ne pardonne pas comme ça à la va-vite, cela doit naître du cœur et après avoir fait tout un travail de lâcher-prise.

Ce processus permet de mettre en lumière ce que les mots « blessants » résonnent en soi et pourquoi ils ont été attirés.

Nous avons parfois à guérir des blessures qui nous ont été léguées par notre généalogie pour les « réparer ». C’est pourquoi certains mots (maux) qui renvoient à des blessures, viennent à nous de manière récurrente dans notre vie et ce, jusqu’à ce que l’on comprenne qu’ils ne nous appartiennent pas, de manière à les « lâcher ».

Ces « mots/maux » nous sont transmis à la naissance par la généalogie et c’est pourquoi, tant qu’ils ne sont pas guéris (gaie-rie), ils ont une « prise » sur nous et continueront à être transmis, encore et encore…!

L’attitude à l’égard des mots, dépend donc de notre manière de les accueillir. Notre aptitude à la « zénitude » à l’égard de ce qui vient à nous, facilite le lâcher-prise et aide à relativiser.

"La parole est comme le soleil: elle peut réconforter et réchauffer, elle peut aussi dévaster et anéantir. Soyons conscients de la puissance de nos paroles, et mettons les au service de la paix."

Geneviève

SUPERVISION - http://viadeo.com/s/dgQ33

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

http://www.laparenthese.chezvotrehote.fr

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 06:24
N’être jamais content peut cacher un mal-être.

N’être jamais content ou se plaindre n'est pas de l'ordre du naturel!

Il y a des personnes qui ont pour habitude de se « plaindre » de tout, au point de ne plus ou pas voir les « bons » cotés de la vie et très souvent, elles n’en ont pas vraiment conscience.

Pour elles, rien ne va jamais bien, car il y a toujours quelque chose qui les empêche d’être contentes ou satisfaites.

Ceux qui se plaignent en permanence, ne sont souvent pas pris au sérieux et cela a plutôt tendance à agacer. Cette manière d’être, impacte insidieusement sur leur bien-être, mais pas seulement, car elle « joue » aussi sur celui de l’entourage. En ayant cette attitude face à leurs peurs ou ce qui leurs semble frustrant, la sinistrose peut vite faire son apparition et puiser toute leur énergie disponible, une spirale sans fin vers la négativité. Sans compter que cela isole, les autres préférant s’éloigner.

Certaines personnes ont pour habitude de trop se centrer sur elles et/ou à se « victimiser ». Cette « torture d’esprit » a pour effet d’amplifier leur mal-être et à le renforcer. Elles ont parfois le sentiment d’être incomprises ou pas importantes pour leur entourage, pour qui les « plaintes » à répétition deviennent difficiles à entendre. Non pas, parce que les proches s’en désintéressent, quoi que dans certains cas…, mais parce qu’ils se sentent bien souvent impuissants et démunis à aider.

Cette vision plutôt « négative » du monde que ces personnes ont, les empêchent de réellement voir toute la beauté qui les environne, de profiter des petites et grandes joies qui se présentent à elles, de communiquer, de partager de bons moments et cætera, sans compter que cela modifie leur rapport aux autres et au monde qui les entoure.

Il peut nous arriver à tous par moments d’avoir « besoin » de se plaindre, mais que se cache t-il derrière ?

Diverses raisons peuvent « pousser » à se plaindre, les responsabilités parfois trop lourdes à assumer, des situations difficiles à gérer, un besoin de respirer, de souffler, d’être soutenu, de se poser, une impuissance à agir, un ras-le-bol …. Ce peut être aussi pour attirer l’attention sur un mal être, pour avoir une oreille attentive, des épaules sur lesquelles se reposer, des paroles réconfortantes… Peut être aussi par besoin d’amour ou pour tester celui que l’on nous porte, ou encore pour susciter de l’intérêt…

Lors d’une maladie et dans certains cas, il n’est pas rare qu’il y ait un bénéfice secondaire pour la personne qui en est atteinte, surtout chez la personne âgée. C’est une période où toute l’attention est focalisée sur elle et où elle peut se laisser aller à se plaindre sur son état de santé , ou sur autre chose, car elle bénéficie bien souvent d’oreilles attentives et aussi de visites. Ce bénéfice procure parfois un tel « réconfort », que cela peut en retarder la guérison à leur insu.

Derrière chaque plainte, il y a une demande qui est celle d’être entendue et comprise.

On ne se plaint pas sans raison. De chaque plainte peut émaner des blessures, que notre enfant intérieur exprime à travers elles. Il ne sert à rien de dire à la personne qui se plaint, qu’il y a plus malheureux qu’elle, elle le sait ! Il est préférable de la laisser exprimer ce qu’elle ressent et d’être à son écoute, chose pas toujours aisée pour l’entourage .

Certaines plaintes sont minimisées et ne sont pas prises au sérieux, comme des dites « menaces » de suicide, pensant que c’est du chantage affectif. Quand bien même, cela doit nous alerter, car il y a de toute évidence un mal-être.

Il faut bien prendre conscience que si une personne parle d’envie de mourir, elle peut mettre à exécution un acte suicidaire. Son état dépressif l’empêche d’être objective, pour elle, c’est LA, solution à son mal-être!

Ce qui la « pousse » à vouloir mettre fin à ses jours, se sont toutes ces accumulations de trop de difficultés et d’angoisses, qui l’épuise moralement et la vide de toute son énergie de vie. Las de se « battre », ce « trop » lui est devenu insupportable à vivre à un point tel, qu’elle souhaite se délivrer de ce « calvaire », en finir une fois pour toute !

C’est dans un état dépressif dans lequel il n’y a plus d’objectivité du tout, que la décision sera prise et le passage à l’acte se fera très souvent dans un état « second » de calme, qui ne laissera rien paraître, mais il pourra aussi se faire sous l’emprise d’une pulsion.

Pour certains, tenter de mettre en sourdine ses difficultés peut également déboucher sur des attitudes suicidaires inconscientes et insidieuses (alcool, drogue, conduite dangereuse, sport extrême…). Braver le danger, n’est-ce pas une manière de mettre sa vie en jeu, en sachant que cela peut, un jour leur être fatal ?

Après une tentative de suicide, il est souhaitable qu’il y ait un accompagnement thérapeutique pour les personnes concernées, car en plus de ce mal-être profond qui les « habite », vient s’ajouter parfois un fort sentiment de culpabilité par rapport à l’acte lui-même. L’entourage joue un rôle important de soutien dans l’épreuve, mais il peut arriver qu’il ait besoin d’aide lui aussi.

Il n'y a que l'acceptation selon moi qui peut aider à «lâcher » ce sentiment de culpabilité. Se torturer l'esprit ne sert qu'à l’alimenter. Il faut bien prendre conscience que ce qui s'est passé ne peut être changé, car il est impossible de refaire le passé. Il est donc nécessaire d'accepter avec bienveillance la femme ou l'homme que l’on a été et celui ou celle que l’on est aujourd’hui, car pouvions-nous être autre ? Hier, c'était hier et aujourd'hui est un autre jour, il est important de l'accepter, il en va de notre réconciliation.

Le mal-être se perçoit pour qui est attentif.

Ce qui peut alerter, ce ne sont pas seulement les plaintes, les comportements en disent long aussi. Ils peuvent être taciturnes, renfermés, secrets, silencieux, sombres, morbides…., ou encore, passer d’un état d’euphorie à une état de déprime. Les attitudes clownesques peuvent cacher de la tristesse et parfois un mal plus profond, c’est une manière de le masquer, mais aussi paradoxalement d’attirer l’attention.

Derrière le mal-être, il y a bien souvent un réel besoin de réconfort et d'écoute, d'être entendu et reconnu dans sa « souffrance », aussi minime parait-elle aux yeux des proches. Pour écouter, il n’est pas nécessairement besoin de parler, parfois il suffit juste d’une présence bienveillante et réconfortante qui rassure.


"On ne peut pas changer les gens tu sais : On peut juste leur montrer le chemin puis leur donner l'envie de l'emprunter." Laurent Gounelle

Montrer le chemin ne veut pas dire donner des conseils, encore faudrait-il les appliquer à soi-même et comme dit le proverbe avec justesse : « les conseilleurs ne sont pas les payeurs. » Non ! C’est ouvrir la voie, accompagner sans rien imposer pour aller vers le changement, cheminer en toute humilité aux côtés de celles et ceux qui, pour un temps le nécessitent.

Montrer le chemin, c’est faire percevoir l’aspect merveilleux de la vie en changeant de regard. C’est aider à déposer ce « fardeau » si pesant et à poser des actes pour aller vers le mieux être, car même les moments désagréables, peuvent être des opportunités à saisir pour changer ce qui peut l’être.

Montrer le chemin, c’est surtout ouvrir la voie vers l’acceptation et favoriser l’autonomie pour aller vers une liberté d’être.

Geneviève

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 12:48
L'autre n'a sur nous que le pouvoir qu'on lui accorde!

Un jour Bouddha se fit insulter !

Ce jour là, dans la foule venue l’écouter se trouva un homme que le Bouddha exaspérait, à tel point qu’il finit par lui hurler des insultes et à l’issue de quoi, il s’en alla rouge de colère.

Longeant les rizières du village, sa colère s’apaisa et petit à petit, un profond sentiment de honte l’envahissait.
« Comment ai-je pu me comporter ainsi ? » Pensait-il. Il décida alors de revenir au village et de demander pardon à Bouddha pour lui avoir proféré des insultes.

Arrivant devant ce dernier, il se prosterna et demanda pardon pour la violence de ses propos.
Bouddha, débordant de compassion, le releva, lui expliquant qu’il n’avait rien à pardonner.
Etonné, l’homme rappela les injures proférées.

- « Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas usage, ou que vous ne voulez pas ? » lui demanda Bouddha.

- « Et bien, je ne le prends simplement pas » remarqua l’homme.

- « Que fait alors le donateur ? » s’enquiert Bouddha.

- « Ma foi, il garde son objet » répondit l’homme.

- « C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre » répondit le sage.

Auteur inconnu

…………………………………………………………………………………………………..

Comme dans cette histoire, l’agressivité verbale dont nous sommes éventuellement la cible, ne peut nous atteindre et nous affecter si nous ne lui laissons aucune prise sur nous. Pour cela, il est souhaitable de ne rien prendre personnellement. Nous pouvons accueillir cette agressivité de manière détachée, en considérant que ces paroles appartiennent à la personne qui les a proférés ».

Ainsi, quels que soient les mots « déversés » à notre encontre, il ne peut y avoir de «prise» sur nous et donc, aucune emprise.

N’ayant atteints « l’objectif visé », ils reviennent à celui ou celle qui les a « lancé », et ce avec autant de force.

Comme lorsqu’une personne projette sa colère sur autrui, elle lui appartient ! En y réfléchissant, elle peut s’apercevoir qu’en réalité cette colère vient lui parler de ses propres faiblesses (impuissance, manque d’affirmation, laxisme…), c’est donc contre elle, qu’elle est en colère.

Geneviève

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 14:02
Les blessures archaïques

Appelées aussi blessures de l'âme!

Nous portons tous en nous des blessures archaïques qui parfois « handicapent » notre vie et nous mettent en souffrance. Certaines personnes peuvent en être affectées plus que d’autres, ou pas du tout, restant néanmoins sous-jacentes, bien tapies.

Pour chacun, certaines prédominent, c’est ce qui explique que tout le monde ne « souffre» pas des mêmes blessures.

Ces blessures sont véhiculées de génération en génération, « portées » par la famille et sont donc inconsciemment transmise au fœtus au moment de la fécondation, puis se « biologisent ».

Elles sont ensuite renforcées par des situations que l’on attire sans en avoir conscience, c’est ce que l’on appelle la loi d’attraction, ce qui fait que bien malgré nous, nous pouvons passer de bourreaux à victimes et inversement.

Voici les principales blessures:

l’abandon, le rejet, l’injustice, l’humiliation et la trahison, mais elles en « abritent » bien d’autres comme, se sentir dévalorisé, mésestimé, incompris, nié, etc.

Il y a une différence à faire entre avoir été réellement abandonné, rejeté, humilié…, ou s’être senti abandonné, rejeté, humilié… Avoir le ressenti, ne signifie pas qu’en réalité on l’a été. Lors d’une situation, le mental saisit un fait et se l’approprie et fait abstraction de tout le reste. Ce fait est monté en épingle dans notre esprit et les émotions qui en découlent répondent à des blessures enfouies. Nous ne voyons plus la réalité dans son ensemble, nous réagissons en fonction de notre monde émotionnel.

Toutes les « blessures » sont des manifestés, l’expression de conflits archaïques non-résolus par la généalogie qui, à travers la souffrance cherchent à être « guéris ». Elles sont ressenties avec plus ou moins d’intensité selon ce qui est « donné » à chacun de vivre pour les résoudre. Il arrive même, que le conflit s’arrête lorsqu’il n’y a pas d’enfant, comme pour dire « plus jamais ça » !

Elles sont donc vécues très tôt dans l’enfance, parfois même en-utérin. Ensuite, si elles ne sont pas cicatrisées, elles restent actives, et seront re-vécues plusieurs fois dans la vie d’adulte en écho. C’est la raison pour laquelle, on reconnecte nos blessures, au travers de situations qui les re-stimulent et les réactivent. C’est là, une occasion pour l’adulte que nous sommes devenus de les guérir, c’est comme un appel de l’enfant intérieur, à la guérison (guéris-sont) de ses souffrances. Si l’on reste sourd à cet appel, ces blessures se renforceront.

Toutes ces blessures mettent en exergue le pouvoir que l’autre a sur soi, qu’il lui soit donné ou pas.

L'humiliation

Pour l’humiliation, le jeune enfant peut à son tour être objet de « défouloir » ou recevoir une éducation trop « cassante » faite dans la dévalorisation ou la soumission. Il peut aussi voir cette attitude reproduite sur un ou plusieurs membres de la famille ou bien encore, reproduire lui-même, les mêmes attitudes et réactions que ces parents.

Les réprimandes, gifles, punitions… faites devant des tiers peuvent l’humilier et il peut en ressentir de la honte. Les réflexions qui lui sont faites en le dévalorisant peuvent l’amener à se sentir nul et souffrir d’un complexe d’infériorité, ou de supériorité pour masquer cette image qu’il se fait de lui-même. Il peut même être enclin à humilier lui-même de manière souvent inconsciente. Cette forme de maltraitance n’est pas seulement physique elle est aussi psychique. L’enfant est soumis aux humeurs, de ce ou ses parents, comme s’il était un objet sur lequel on peut librement se défouler.

Mais il peut tout aussi bien éprouver de l’humiliation, s’il se sent montré du doigt avec un air moqueur devant ses petits camarades, les exemples ne manquent pas.

La trahison

Elle peut être ressentie lors du complexe d’œdipe où l’enfant est « amoureux » de son père ou de sa mère, et que dans son imaginaire il veut l’épouser. Il ressent cette blessure surtout lorsque ce parent garde une certaine fusion et entretient inconsciemment ce phantasme. Lorsque l’enfant se rend compte qu’il lui échappe ne pouvant rivaliser avec l’autre parent, il se sent trahi.

Il intègre le fait qu’il ne peut avoir confiance en l’être aimé, au risque d’être trahi par lui. Par conséquent, il peut avoir des difficultés à donner sa confiance et à se laisser aller à aimer. Il sera enclin à diriger et contrôler.

L'abandon.

La peur d’être abandonné est telle, qu’il est difficile d’être soi-même et de s’affirmer. A travers les relations, il y a une recherche consciente ou inconsciente de se sentir aimé, reconnu, protégé, regardé et donc, pour « plaire », il est possible que cela soit « calculé » adapté aux désirs de l’autre, sans que cela soit conscient.

Pour celui ou celle qui souffre de cette blessure, rien n’est plus pire que d’être ou de se sentir abandonné. Ces personnes se sentent perdues, profondément seules, délaissées, vides.

Un petit enfant couvé, choyé et fusionnel à sa mère, peut ressentir l’abandon dès qu’elle se sépare de lui pour une durée plus ou moins longue. Cette séparation n’est pas un abandon, mais c’est ressenti comme tel par l’enfant. La cause en est dans la manière dont il a perçu la scène. En imaginant que la mère soit partie avec un grand sourire en sachant qu’elle récupère son enfant, alors que l’enfant est en pleur, l’enfant comprend qu’elle est heureuse de l’abandonner.

Par la suite, sa vie va être fortement influencée par cet incident vécu comme dramatique. Il développera un système de défense et d’évitement de toutes situations jugées à risques, en faisant en sorte par exemple, de s’entourer pour ne pas être seul. Il peut aussi avoir besoin de combler « ce manque » de l’enfance, en étant « boulimique » que ce soit de nourriture ou autre, ou "addicte". Il peut aussi se fortifier de l’extérieur en étant enveloppé, pour protéger sa fragilité intérieure ou pour être vu, etc. Mais quelles que soient les stratégies mises en œuvre par son inconscient, il y a de fortes chances qu’il se heurte à de nouvelles situations d’abandon en effet miroir à cette blessure.

L'injustice

Un autre enfant peut ressentir de l’injustice dans ce même type de situation et le prendre comme une punition injuste. En imaginant qu’auparavant, il ait ressenti à plusieurs reprises qu’une différence était faite entre lui et son frère par la mère et que celle-ci, emmène avec elle ce frère en le laissant lui, cette blessure s’enkyste.

Il trouve injuste de voir son frère partir avec sa mère et pas lui. Cela peut faire de lui quelqu’un qui se bat contre l’injustice, un protecteur des institutions, à la recherche de la « vérité ». Il peut se heurter à des situations d’injustice et sera peut-être lui-même injuste dans son intolérance. Il n’est pas rare que cette blessure se retrouve dans les familles éclatées, éparpillées, séparés, reconstruites…

Le rejet

Dans une même situation, un autre enfant aurait tout aussi bien pu vivre le rejet. En imaginant que dans l’esprit de la mère au moment de sa grossesse, elle trouve qu’il n’est pas le bienvenu, ne sachant pas comment l’élever ayant que peu de moyens pour vivre. Cette blessure sera vécue intra-utérin.

Il suffit ensuite lors de sa venue au monde, d’une attitude répétée, un regard insistant désapprobateur, pour qu’il le saisisse comme un rejet de sa personne. Plus tard, il rencontrera des situations de rejet en écho à cette blessure.

A l’inverse de celui qui ressent l’abandon, son physique sera sans doute plus mince, peut être une tendance à l’anorexie et développera une timidité qui l’isolera des autres. Ne se sentant pas le bienvenu, il pense n’avoir pas droit à l’existence, il peut être même habité d’un sentiment d’autodestruction.

Pour se sentir bien accueilli au sein de sa famille, il faut se sentir accepté, reconnu et aimé.

Il y en a qui dès la naissance, n’ont pas reçu cette reconnaissance qu’ils vont ensuite rechercher à travers leurs relations quelles qu’elles soient. Je pense à des enfants non-reconnus par leur père qui peuvent souffrir de problèmes liés à l’identité et de nom ou de « non ». Cette non-reconnaissance, ils la retrouveront aussi dans les non-reconnaissances de leurs talents, œuvres, passions, etc. La non-reconnaissance s’apparente à l’abandon, mais c’est vécu comme étant quelque part nié .

Ainsi, ce qui a été vécu enfant de « douloureux » peut être destructeur, provoquant du mal-être et surtout cela empêche d’être soi-même. Il y a une répercussion sur le regard que l’on porte sur le monde qui nous entoure, sur l’image que l’on se fait de soi et des autres. Il y a une recherche inconsciente de s’attirer des personnes ayant les mêmes « souffrances ». C’est pourquoi, il arrive que certains ressentent souvent les mêmes blessures durant leur vie. Dès la moindre alerte, un système de défense se met en œuvre parce qu’elles ne sont pas cicatrisées, ni « gaie-rit ».

Pour aller vers la guérison, il faut prendre conscience que toutes situations nous mettent face à ce que l’on a à guérir.

Elles répondent à un appel inconscient qui fait partie de la loi d’attraction. Nous sommes responsables inconsciemment de ce que l’on attire, et donc de ce qui vient à nous. Il faut bien comprendre que nos « blessures » est un héritage légué par notre généalogie, qui cherchent à être guéries. Nous en sommes les victimes, tout autant que nos « bourreaux » et nous avons le pouvoir de mettre fin à cette transmission, en comprenant avant tout le processus.

Notre mental parfois nous leurre pour nourrir nos blessures en saisissant un fait d’une situation, et pour se faire, il fait abstraction du reste. Les émotions ressenties nous reconnectent à cette blessure et tant que nous sommes sous leurs emprises, nous ne sommes pas objectifs.

On ne peut pas refaire le passé, il est mort, mais il fait parti de notre mémoire. Pour ne plus lui donner « vie », un travail d’acceptation est nécessaire.

En acceptant le passé, on peut arriver à guérir de ses blessures, sinon, on risque fort d’avoir le regard accroché au passé qui empêche de regarder devant et de profiter pleinement du moment présent.

Il nous faut tout accepter de ce passé, tel qu’il s’est passé absolument tout. Ce que nous avons vécu enfant, l’enfant que nous étions, les attitudes de nos parents, les souffrances endurées… tout, absolument tout ! Il nous faut faire le deuil d’un passé mort en acceptant aussi que nous ne puissions jamais avoir le père ou la mère que nous aurions aimé avoir. S’il nous faut pardonner, pardonnons, mais pardonnons du fond du cœur.

L’acceptation ne sous-entend pas forcément de réconciliation, car la seule qui soit indispensable, c’est la réconciliation avec soi-même pour être unifié et non divisé entre le besoin qui nous pousse à paraître et être. Il n’implique pas non-plus d’oublier, car c’est impossible, ni même tout nier ou refouler. Il ne décharge pas de responsabilités, c’est un acte de délivrance !

En parallèle, il est bon de s’adresser à notre enfant intérieur en lui disant qu’il n’est en rien responsable, et que nous reconnaissons sa souffrance. On peut le symboliser par cette phrase que je propose souvent :

« Quelle que soit l’enfance que tu as vécu ou l’enfant que tu as été, tu es digne d’intérêt et d’amour et pour cela je te reconnais comme faisant partie de mon histoire et je t‘accepte. »

Geneviève

http://www.edilivre.com/au-fil-de-mes-vers-genevieve-martin-boissy.html

http://www.laparenthese.chezvotrehote.fr

SUPERVISION - http://viadeo.com/s/dgQ33

Repost 0
Published by Geneviève MARTIN BOISSY
commenter cet article

Présentation

  • : Se-ressourcer
  • Se-ressourcer
  • : Ce blog est axé sur le thème du développement-personnel, son contenu (articles et poèmes) est en rapport avec ce thème.
  • Contact

Profil

  • Geneviève MARTIN BOISSY
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. 
Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu

Rechercher

Pages

Liens