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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 11:25

Ressentiment  et colère

« La colère et le chagrin nous font beaucoup plus de mal que les choses mêmes dont nous nous plaignons, et qui les font naître ». Marc AURELE

Dans une vie partagée qu’elle soit amicale, familiale ou de couple, il n’est pas rare d’éprouver du ressentiment à un moment donné ou à un autre, car  l’autre est notre « perpétuel » miroir. En principe, le dialogue permet d’éviter que cela s’envenime.

Cette vie partagée génère des frustrations, des non-dits et peut vite se transformer en conflits. La raison en est que lorsque nous nous sentons « affectés », l’ego prend cela comme étant une   agression et nous ne voyons plus que par notre monde  émotionnel. Cela devient un dialogue de « sourd ».
Au lieu d’en sortir « grandis », on laisse le ressentiment prendre le dessus et envahir notre Etre tout entier, ce qui n’est pas sans conséquence sur notre communication, verbale et non-verbale.
Tout est prétexte à « nourrir » le conflit, la communication ne fonctionne plus que par tort ou raison, les moindres faits et gestes font l’objet de critiques, car tout est déformé et monté « en épingle ».

La colère est parfois projetée sur l’autre avec un fort désir de le rendre responsable de l’objet du litige.
Dans cet état, il y a un désir de faire souffrir et de punir, ou de briser le lien et d’exclure la personne par qui cette colère a été déclenchée. Cela peut se traduire par une attitude de fermeture  en ne lui adressant plus la parole. La confiance en l’autre est ébranlée, retirée.
Dans un état de colère, il n’y a pas d’écoute possible et ni dialogue possible. Seul est retenu tout ce qui peut servir à agresser l’autre, dans la seule intention de lui « faire du mal »  .
A ces fins, l’ironie est utilisée et sert le mépris que cette colère a engendré.  


Le ressentiment ne rend pas heureux, car il nous fait ressasser nos colères  rentrées, rendant les autres responsables de celles-ci. Il est insidieux et pire que la colère elle-même, car il dure dans le temps et ne permet pas de l’évacuer, ni d’agir de façon consciente.
Il est issu de frustrations liées au non-respect de ses propres codes ou règles enfreintes « par autrui ». C’est un état de non-acceptation de ces « violations ».
Il est souvent vécu en terme d’échec et d’impuissance à agir et parfois même, il peut être dirigé contre nous-mêmes.

Le ressentiment est une mauvaise humeur qui est réanimée sans cesse, plus on rumine et on ressasse, et plus on se connecte à ce  mal-être qu’il a engendré et qui, par conséquent s’ancre davantage en nous, ayant pour effet de nous étriquer dans une perception de la réalité erronée.

Il nourrit des « senti-ments » de haine, ne dit-on pas que la vengeance est un plat qui se mange froid ? Son but n’est pas de chercher des solutions, mais des punitions pour pouvoir se donner raison de détester, de se « victimiser » ou d’être dans le vrai ou la raison.

Si notre ressentiment nous amène à ressasser, on donne plus d’emprise à l’ego. Ne percevant plus que les défauts, nous occultons la douleur que ce conflit a pu engendrer aussi chez l’autre.

Le ressentiment  n’est qu’un leurre et ne permet pas l’objectivité !
Car, lorsque le ressentiment nous habite, nous obéissons à la pulsion qu’exige l’ego, d’écarter quiconque lui fait obstacle lorsqu’il se sent menacé, sans considération aucune pour le bien-être d’autrui.
Sous son emprise, la perception est déformée et à coup sur nous nous nuisons à nous mêmes. Le ressentiment détruit alors, tout sentiment d’intimité et il établit dans la relation à l’autre, un schéma destructeur qui ne peut que s’intensifier s’il n’est pas immédiatement brisé.

En effet lorsque le ressentiment est trop douloureux, vient le rejet qui a pour effet de nous faire rechercher toutes sortes de moyens pour rendre l’autre responsable. Arrivés à ce point, il y a séparation émotionnelle, car tout ce que fait l’autre nous irrite ou nous ennuie.


La colère peut contenir plusieurs émotions.

Dans la colère, il peut y avoir un mélange d’émotions telles que le sentiment de rejet, d’abandon, d’humiliation, d’injustice etc., qui peuvent engendrer des ressentiments de déception, désillusion, rancœur, haine …, la liste est non-exhaustive.

Le mental va en quelque sorte filtrer les informations qui nous parviennent, pour ne retenir que ce qui peut servir à nous donner raison, qui ne sert, je le rappelle, qu’à  nourrir l’ego.
Donc tout ce que nous percevons va être déformé et s’inscrire dans notre monde émotionnel, qui sera réactivé à la moindre occasion.

Comment pouvons-nous alors être objectif ?


 

Le ressentiment semble bien inévitable, à moins de vivre reclus et encore. Il est donc nécessaire d’apprendre à l’accueillir et à comprendre ce qui se cache derrière, puis à exprimer ce que l’on a sur le « cœur ».

Pour cela, nous devons parfois nous remettre en question  en nous « délestant » de certaines croyances et certitudes, mais aussi d’attentes, qui au final engendre très souvent de la déception.


N’oublions pas que nous sommes interdépendants les uns des autres et que ce qui nous est renvoyé, vient faire « écho » en nous, pour mieux nous percevoir.

           

Geneviève

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  • : Ce blog est axé sur le thème du développement-personnel, son contenu (articles et poèmes) est en rapport avec ce thème.
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  • Geneviève MARTIN BOISSY
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. 
Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu

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