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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 14:08

Une plaidoirie pour la vieillesse

 http://www.youtube.com/watch?v=7idruFIXtis&feature=player_embedded

 

La vieillesse est un sujet préoccupant pour la société dans laquelle nous vivons. Les personnes âgées sont face au rejet dont elles sont l’objet.

« Ne pas honorer la vieillesse, c'est démolir la maison où l'on doit coucher le soir ». Alphonse Karr

Dans une société vieillissante de par la longévité de la vie, n’avons-nous pas à nous interroger  sur ces processus d’exclusion ?

 

Les maisons de retraite ne devraient-elles pas être un havre de paix pour une fin de vie, un lieu où il fait bon terminer ses « vieux jours » dans la dignité ? Comment ne pas être respectueux pour ces mères et ces pères, ces grands-mères et ces grands-pères ? N’ont-ils pas donné leur jeunesse et contribué toute leur vie à la société ?

 

Une société qui ne respecte pas ses « vieux » peut-elle être encore digne de respect ?

 

Lorsque j’ai eu à faire une vacation dans une maison de retraite, j’ai été choquée de m’apercevoir dans quelles conditions les résidants étaient globalement « traités ». Rien ne peut excuser selon moi, le manque d’humanité et de respect dont le personnel fait parfois preuve à l’encontre des personnes âgées. Les conditions de travail, le manque de moyens et d’effectifs, ne doivent pas tout excuser.

Pour anecdote, je me suis entendue dire un jour par une de mes collègues, « tiens prend ça » ! « Ca, c’est Madame BENQUET », lui ai-je répondu d’un ton sec !!! J’étais stupéfaite de m’apercevoir que cette personne venait d’être traitée comme un objet. Des exemples je pourrai en citer  bien d’autres.

Ce qui m’a surtout étonnée, c’était  le calme qui régnait dans la salle de repas, on aurait pu entendre une mouche voler malgré la quarantaine de résidants qui y prenaient les repas, très peu communiquaient entre-eux.

 

Quelle fin de vie pour nos « vieux », surtout pour les personnes en perte d’autonomie, leur fragilité physique en font d’elles les premières victimes. Impuissantes, elles subissent les toilettes souvent effectuées à la va vite, les couches de la nuit retirées tardivement, souvent laissées seules toute la journée dans leur chambre … que d’humiliation doivent-elles endurer sans « broncher ». Elles n’ont ni l’énergie et ni la force pour pouvoir se rebeller.

 

La mise en maison de retraite est parfois mal vécue lorsqu’elle n’est pas choisie, mais imposée par les enfants ou petits enfants. Cela peut être ressenti comme une intrusion dans l’intimité, une trahison, ou un abandon, mais surtout  comme une privation de ses droits les plus élémentaires.

Contrainte à s’y conformer, la personne âgée n’a pas d’autres choix que de se résigner à laisser son « nid » où se trouve toute  la nostalgie de son passé, pour un lieu qui lui semble hostile et dont elle est étrangère et ce, souvent pour le confort de ses proches pour quelques raisons que ce soit.

Il y en a qui meurent peu de temps après avoir été placées. Je me souviens d’une mamie qui depuis sont arrivée à la maison de retraite réclamait tous les jours son fils, alors que ce dernier ne souhaitait ni la voir, ni même lui parler. Elle mourut une quinzaine de jours après son placement sans jamais avoir revu les siens.

 

Durant la période de cette vacation, j’ai constaté que peu de personnes avaient des visites régulières, les autres n’en avaient même pas durant les périodes de fêtes importantes comme celle de Noël.

 

Dans la plupart des pays européens dont la France, « fleurissent » des programmes sociaux favorables aux personnes âgées. Ces programmes ont pour vocation la prolongation de leur insertion dans leur cadre habituel en prenant en compte leur  perte d’autonomie par des actions en direction de leur mode de vie.

Même si ces politiques ont permis aux bénéficiaires d’accéder à des services, comme l’aide ménagère, soins à domicile évitant ainsi certaines hospitalisations, elles ont paradoxalement engendré plus de dépendance, n’ayant pas su préserver ou développer l’autonomie des personnes âgées concernées.


Cette société ferait-elle preuve "d'âgisme" à l'égard des vieillards, stigmatisant la perte de ce qu'ils ont été?


Privilégiant le culte de la beauté et ayant le phantasme de la « jeunesse éternelle »,  il n’y a rien d’étonnant que les personnes âgées soient en en proie au rejet. Par peur sans doute de regarder la réalité de ce que nous deviendrons à notre tour, une personne ridée et ratatinée, ayant perdu dents et cheveux et devenant faible et fragile, vulnérable et incapable d’éviter la mort, cela rassure sans doute de les catégoriser en leurs trouvant bien des défauts (chiants, radoteurs, séniles, capricieux…).

 

Pourtant certaines civilisations qui reposent sur les coutumes, s’occupent de leurs « vieux » avec qui se partage le quotidien dans la maison familiale. Il y a un très grand respect pour les « vieillards », considérés comme des sages étant le lien et la mémoire collective pour les jeunes générations, sans compter qu’ils  transmettent aussi leurs savoirs.

 

N’avons-nous pas plutôt intérêt à accepter  la différence des âges pour permettre l’échange entre les générations?

 

Geneviève

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Published by Geneviève - dans Refexion et articles
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  • : Ce blog est axé sur le thème du développement-personnel, son contenu (articles et poèmes) est en rapport avec ce thème.
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  • Geneviève MARTIN BOISSY
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. 
Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu

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