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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 11:48
Savoir garder son calme quoi qu’il arrive…

La "zénitude" à toute épreuve, utopie ou réalité?

Je sais c’est plus facile à dire qu’à faire, mais avez-vous remarqué chez certaines personnes, cette disposition à faire preuve d’un calme « olympien » en toutes circonstances ?

Quelles que soient les situations rencontrées, ces personnes « émanent » une sérénité à toute épreuve. Elles ne manifestent jamais de colère apparente et le ton de leur voix reste calme. Cela ne les empêche pas pour autant d’exprimer ce qu’elles pensent et de s’affirmer.

Faire preuve de sérénité et être imperturbable quoi qu’il arrive c’est possible, en s’appuyant sur un charisme qui permet d’agir avec discernement en toute rationalité, et sur une maîtrise de soi renforcée par une confiance en soi à toute épreuve.

La maîtrise de soi favorise le lâcher-prise. Cela implique d’avoir fait un travail sur soi, de manière à gérer des éventuelles émotions « perturbatrices » afin de ne pas se laisser dominer par elles.

Réagir par l’agressivité est un signe de faiblesse !

Cette attitude répond bien souvent à une impulsivité, une susceptibilité, ou encore à une vulnérabilité et/ou, à un ressenti d’agression. Il y a des personnes qui, dès la moindre remarque qui leur est désobligeante, répondent spontanément par l’agressivité. D’autres vont prendre sur elles et « contenir » leur ressenti de rancœur jusqu’au jour où, « ça » explose et part en « sucette », selon l’expression. Pour d’autres, l’agressivité est un mode d’expression, une manière d’impressionner et de s’imposer. C’est une sorte de protection qui cache une vulnérabilité.

« Qui triomphe de lui-même possède la force... » Lao-Tseu

C‘est en « luttant » contre nos « travers », en amenuisant l’emprise que l’ego a sur nous, que nous gagnons en liberté d’être.

Certains sports de combat tels que le judo ou le karaté aident à canaliser l’énergie. Leur philosophie est de tendre vers une maîtrise de soi, non pas en étant violent bien au contraire, mais en acquérant la sagesse qui mène à la maîtrise de soi et elle est vérifiable dans la vie de tous les jours. Pour aller vers cet objectif, s’y « travaille » entre autres : le recentrage, la respiration accompagnée du mouvement, l’ancrage, la stabilité, l’équilibre, la concentration, les réflexes, la confiance en soi et en l’autre, le dépassement des peurs…

Une maîtrise de soi permet de ne pas se laisser impressionner, ni dominer par des émotions perturbatrices. Elle favorise la pleine conscience, une présence à ce qui se passe en soi et autour de soi et avec une pleine possession de nos moyens physiques et intellectuels.

Par exemple, elle est présente face à un danger réel où là, nos actions répondent instinctivement à ce qui est juste de faire pour « Se » sauver . La présence est telle, qu’elle ne laisse aucune place à l’émotionnel, étant bien centré sur ce qui se passe.

Pour atteindre la maîtrise de soi, il est important de savoir gérer ses émotions.

Lorsque nous nous laissons dominer par des émotions, nous ne sommes pas à l’abri de «tempêtes psychiques » qui soufflent vers notre direction. La façon dont nous vivons les évènements de la vie, dépend de notre aptitude à les accueillir et nos émotions sont comme une boussole, elles sont une aide précieuse pour mieux nous percevoir. Notre attitude découle de ce que la « scène » nous renvoie, nous pouvons la vivre avec sérénité ou nous laisser affecter.

Lorsque nous nous laissons envahir par des émotions, peut-être avons-nous à nous interroger sur l’importance que nous leurs donnons. Pourquoi nous mettent-elles en souffrance? Pourquoi est-ce difficile de lâcher-prise, de relativiser…? Qu’est-ce qu’elles nous enseignent?

Si entrer dans la réalité de l’autre permet de le comprendre, il est cependant important de s’en dissocier, afin de ne pas « rentrer » dans son « jeu ». C’est pourquoi la manière de prendre les « choses » a son importance.

Quelles que soient les circonstances, nous avons le pouvoir de reconnaître notre subjectivité; les émotions qui nous emportent et à travers lesquelles nous nous identifions qu’elles soient joyeuses, tristes…. Tout dépend si elles conduisent au bien-être ou à la souffrance, l‘essentiel étant de les identifier pour éviter de leur donner libre cours.

Ainsi, lorsque nous sommes en présence d’une personne qui fait preuve d’agressivité envers soi, nous pouvons nous dire que ses propos ou attitudes dirigés à notre encontre, proviennent d’un individu profondément affecté. C’est à travers ce que nous-mêmes lui renvoyons qu’il exprime sa souffrance, car nous sommes tout comme lui, un « miroir » qui renvoie du « positif » et du « négatif ».

En ayant ce mode de penser, cela nous évite de lui en tenir rigueur.
Apprenons plutôt à comprendre pourquoi cette personne agit comme cela avec nous et pourquoi cela nous affecte. Nous pourrons peut-être nous rendre compte qu’il n’est qu’une cause apparente à notre souffrance, tout comme nous à la sienne.

« Considérez les occasions où votre chagrin et votre colère vous ont causé plus de souffrances que les faits eux-mêmes ». Marc-Aurèle

Cette citation nous invite à réfléchir sur l’interprétation que nous donnons au faits et sur l’importance que nous leurs accordons. L’autre n’a t-il pas sur nous que le pouvoir que nous lui donnons ?

Cet extrait de texte de Matthieu Ricard est éloquent: « Ne plus être esclave de ses émotions ».

« Ce qui marque votre progrès sur le chemin, c’est votre capacité à ne plus être l’esclave de vos pensées et émotions comme avant.

Vous êtes de plus en plus libre. Mais encore faut-il s’entendre sur cette notion de liberté. Le marin expérimenté, par exemple, est libre d’aller où il souhaite sans dériver sur les récifs, car il maîtrise son bateau. En revanche, celui qui lâche la barre, au nom de ce qu’il croit être la liberté, affirmant : “Moi, je laisse faire !”, celui-là finira sur les rochers. Cela n’est pas la liberté, c’est la dérive ! Et le lâcher-prise ne doit pas être confondu avec la dérive. Il s’agit de lâcher prise sur ses attachements, sur ses émotions nuisibles, mais pas sur sa vigilance et sa force d’esprit.

Une fois que l’émotion surgit, inutile de souhaiter qu’elle ne soit pas là : elle y est ! Vous n’avez d’autre choix que de reconnaître sa présence. Simplement, il s’agit de savoir ce que vous faites d’elle : est-ce que vous la laissez passer dans le ciel comme un oiseau qui passe sans laisser de trace ? Auquel cas, elle ne fera de mal à personne, et dix, cent ou mille autres peuvent bien venir, le ciel restera toujours le même. Ou est-ce que vous vous y agrippez et la laissez envahir votre esprit ? Alors vous en devenez l’esclave.

Toutes les études en neurosciences confirment que si vous laissez exploser une émotion à chaque fois qu’elle vient, vous renforcez votre tendance à cette émotion, c’est-à-dire que vous la ressentirez plus facilement et plus souvent. Et cela vaut tout autant pour la colère que pour la compassion. »

Pour aller vers une « maîtrise de soi », l’affirmation de soi est indispensable car elle ouvre la voie à la confiance en soi.

"C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devrait faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un." Marcel Jouhandeau

Pour que des changements soient durables en nous, nous avons à être vigilants pour pouvoir accueillir ce qui vient à nous, avec « détachement » et objectivité. En ayant pour habitude de ne rien prendre personnellement, nous pouvons appréhender chaque situation qui se présente à nous, avec toute l’observation et la compréhension nécessaires nous permettant d’agir avec respect et bienveillance, et non en réaction.

Par exemple si auparavant il arrivait qu’une personne nous insulte, cela pouvait nous agacer ou nous mettre en colère, car nous nous « débattions » dans des blessures d’ego. Avec notre transformation intérieure, cela n’a plus aucune prise, car nous avons plutôt un sentiment de compassion pour l’autre que nous voyons en souffrance à travers ses attitudes. Nous sommes plus enclins à relativiser ce qui nous arrive et nos actions reflètent ce changement, car elles répondent à ce que nous pensons « juste » (dans le sens écologique) . Cela ne suscite aucun regret, car nous assumons la pleine responsabilité de nos actes ou paroles, ceux-ci étant mûrement réfléchis et non en réaction qui fait de l’autre, le responsable. Notre manière de voir « les choses » et de fonctionner, change. Une transformation intérieure s’opère dans notre manière d’accueillir ce qui vient à nous.

La maîtrise de soi passe nécessairement par l’affranchissement du regard de l’autre.

Cela demande de faire l’analyse de nos blocages; angoisses, peurs, sentiments, etc., mais aussi d’entraîner notre esprit à une nouvelle façon de percevoir « positivement » le monde qui nous entoure.
Nous devons apprendre à mieux nous connaître, à « entendre » ce qui résonne au plus profond de nous, à identifier nos forces et nos faiblesses et à « lâcher » les croyances qui nous limitent.
Cela suppose que nous ayons le courage de mettre un terme à tout ce qui peut nous causer du tourment et de nous affranchir de toute dépendance propice au mal-être. Nous avons à apprendre à nous écouter, nous respecter et à nous ouvrir aux autres, en assumant ce que nous sommes, quitte parfois à déplaire.

Ce qui compte surtout, c’est de gagner en estime de soi, car elle permet de re/trouver la confiance en soi. Poser un regard bienveillant sur soi, implique d’accepter toutes les parties de soi, tant nos parts d’ombre que de lumière, en s’acceptant inconditionnellement et tels que nous sommes. Il n’y a que du bien être à éprouver, puisque l’acceptation de soi nous unifie à nous-mêmes.

L’affirmation de soi ce n’est pas de s’imposer, c’est de ne plus se « nier » ou nier des désirs par peur de déplaire. C’est être en accord avec soi-même, en agissant selon ce que l’on ressent de faire. S'ouvrir à soi, favorise l’ouverture à autrui, générant des attitudes altruistes et cela n’implique en rien que l’autre l’accepte et/ou y réponde.

La prise de conscience à elle seule ne suffit parfois pas pour aller vers le changement.

Après une prise de conscience, la vision se « clarifie » et n’est donc plus la même. Il est des changements qui « s’imposent » de fait. La prise de conscience si elle n’est pas accompagnée d’une mise en mouvement, ne reste qu’au niveau intellectuel.

Il ne suffit pas de prendre conscience que la réalité est soumise à interprétations et que c’est à travers le prisme de notre monde émotionnel que nous donnons un sens à la réalité (que nous l'interprétons, lui donnons de l’importance ou pas, nous jugeons si c’est bien ou mal…), car même si cela nous ouvre à des re/mises en question, il est parfois difficile de se mettre en action lorsque certains blocages persistent, nécessitant d’autres prises de conscience.

« Remerciez vos ennemis, ils sont vos plus grands maîtres. Ils vous apprennent à faire face à la souffrance et à développer la patience, la tolérance, la compassion, sans rien attendre en retour ». Dalaï Lama

Relativiser, est un excellent moyen de garder son calme!

Relativiser est la capacité à prendre de la distance sur les évènements. C’est savoir rester «zen» même dans les situations les plus difficiles, comme par exemple face à l’agressivité. Relativiser, c’est ne pas donner d’importance à ce qui arrive. En prenant du recul sur les situations, nous accueillons ce qui vient à nous avec « détachement » et cela évite de se laisser « emporter » par des émotions auxquelles bien souvent beaucoup s’identifient, ce qui enlève toute objectivité.

“Le Zen peut faire puiser à la source de la force et de la tranquillité du corps et de l’esprit mieux qu’aucune des religions et aucun des Arts martiaux. Maître Masanori YUNO

En lien avec cette "zénitude", je vous invite à découvrir cette histoire écrite par Mishotsu disciple de Lao Tseu, au sujet des coqs de combat :

« Le combat de coq !

Un roi désirait avoir un coq de combat très fort et il avait demandé à l’un de ses sujets d’en éduquer un. Au début, celui-ci enseigna au coq la technique du combat. Au bout de dix jours, le roi demanda : « Peut-on organiser un combat avec ce coq » ?

Mais l’éducateur répondit : « Non, non ! Il est fort certes, mais cette force est « vide », il veut toujours combattre. Il est tellement excité que sa force est éphémère».

Dix jours plus tard, le roi demanda de nouveau à l’éducateur : « Alors, maintenant, peut-on organiser ce combat ?

« Non ! non, pas encore. Il est encore passionné, il veut toujours combattre. Quand il entend la voix d’un autre coq, même d’un village voisin, il se met en colère et veut se battre ».

Après dix nouvelles journées d’entraînement, le roi refait la même demande : « A présent, est-ce possible »?

L’éducateur répondit : « Maintenant, il ne se passionne plus, s’il entend ou voit un autre coq il reste calme. Sa posture est juste, mais sa tension est forte. Il ne se met plus en colère. L’énergie et la force ne se manifestent pas en « surface ».

Le roi demanda enfin : « Alors, c’est d’accord pour un combat » ?

L’éducateur répondit : « Peut-être » !

On amena de nombreux coqs de combat et on organisa un tournoi. Mais les coqs de combat ne pouvaient s’approcher de ce coq. Ils s’enfuyaient, effrayés ! Aussi n’eut-il pas besoin de combattre.
Ce coq initié au combat avait dépassé l’entraînement du « *wasa ». Il avait intérieurement une forte énergie qui se traduisait par une force tranquille qui impressionnait ses adversaires. »

« * le Wasa regroupe l’ensemble des connaissances sur les mouvements spécifiques au combat pratiqué, impliquant les geste d’attaque, de défense, de parade, de feinte, d’enchaînement et bien d’autres. »

Geneviève

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Published by Geneviève MARTIN BOISSY
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  • Geneviève MARTIN BOISSY
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. 
Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu
  • Je suis psychopraticienne de courant humaniste et auteure d'un recueil de poèmes: "Au fil de mes vers l'éveil sur soi". J'ai été référente et superviseur d'élèves en psychosomatothérapie et animatrice en relaxation. Cette citation me rejoint: «Quand changer et apprendre ne sont plus synonymes de recherche des défauts, des erreurs et des fautes, mais essentiellement quête des richesses, des potentialités et des qualités existantes, alors la démarche qui favorise cette évolution, peut devenir une fantastique opportunité de croissance offerte à l'intelligence humaine» Auteur inconnu

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